Poème sur l' Afrique, et patsim
l'univers, et ils croyaient ingénument que les nations du monde entier lui devaient respect et obéissance.
D'ailleurs, depuis le commencement du siècle, un grand mouvement, un réveil des esprits s'opérait ; l'Italie secouait enfin sa longue torpeur ; partout surgissaient des peintres, des historiens, des poètes, des jurisconsultes de talent, souvent même de génie. Les Orcagna. les Gmabue, les Giotlo, les Dino Compagni, les trois Villa ni, les Boccace, et enfin, les précédant et les dominant tous, le Dante, ouvraient cette ère de grandeur, de triomphes inouïs dans les lettres et dans les arts, que ne peuvent ternir ni la prompte décadence, ni l'avilissement politique qui suivirent cet essor. C'était l'aurore de la Renaissance. Malgré la rareté des livres, malgré l'inexpérience des copistes, la littérature latine, tirée du long oubli où elle était restée jusqu'alors, était cultivée par beaucoup avec passion, par quelques-uns avec fruit. Les manuscrits étaient partout recherchés avidement 1 . On avait admiré auparavant les Romains sans les connaître, on voulut les connaître; on se mit à étudier, avec l'ardeur que les hommes apportent à toute chose nouvelle, l'histoire de Rome; et, se reportant avec enthousiasme et non sans regret vers cette époque glorieuse où Rome commandait à l'univers pacifié,
1 . C'est vers cette époque que l'usage du papier commença à se répandre en Italie.