Voir chapitre xv
o. Plusieurs membres de celte famille habitaient Florence, où ils occupaient une situation élevée; voir aussi chapitre xxv.
4. Les trois discours qui suivent se trouvent dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale (fonds italien 557) cité par Baluze; il porte le titre de : Canzone morali. Papencordt y fait allusion dans l'appendice de son ouvrage, en exprimant le regret de n'avoir pu, faute de temps, le consulter. Ce manuscrit contient en outre la lettre de Rienzo à Viterbe.
« d'allégresse». Cette parenté a été la source d'une longue amitié entre nos deux patries ; vous serez donc heureux d'apprendre la bonne nouvelle que nous vous apportons : Rome est enfin délivrée de la dure servitude qu'elle endurait depuis tant de siècles. Si jamais peuple fut plongé dans la douleur et les ténèbres, ce fut assurément le peuple romain ! Enfin, le Tout-Puissant a pris nos souffrances en pitié et, grâce à l'intervention du Saint-Esprit, il a envoyé parmi nous, afin de nous sauver, un homme vertueux et juste, un libérateur, Nicolas, fils de Laurent, dont le nom prédestiné signiiîe : gloire éclatante.
« Nicolas, fils de Laurent, votre maître, ainsi que le peuple romain, vous saluent et s'offrent à vous prêter en toute occasion leur concours, pour défendre la liberté et la justice. Dans ce but, notre maître aura sur pied, au mois d'août, huit cents soldats dont cinq cents sont prêts à marcher dès à présent; tous, sans exception, sont tirés de l'élite de la noblesse romaine. Adressez-vous à lui avec confiance, comme à un père. »
Après lui, messire Malteo parla dans le même sens; ensuite ce fut le tour de Francesco. Il s'excusa d'abord de ce que, malgré sa jeunesse, il prenait la parole devant une si vénérable assemblée, puis il renouvela les témoignages d'amitié et d'admiration du tribun et des Romains pour Florence, sœur et alliée de Rome, et poursuivit : « Nous vous notifions la délivrance de notre patrie, tirée de l'opprobre et de la servitude par notre haut et puissant seigneur, Nicolas. Notre misère était profonde, nos gouvernants donnaient l'exemple des vices et de la cruauté, ils ne justifiaient que trop
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le diclon : « Reclores, raplores 1 »; les femmes étaient en pleurs, le peuple avait renonce à tout espoir, les pèlerins, les prêtres, assaillis, égorgés aux portes mêmes de la ville, ne pouvaient plus sanctifier leurs âmes dans nos temples. Rome, où Ton ne voyait ni richesse, ni vertu, ni piété; Rome, mère de tous les vices et de toutes les hontes, était devenue une caverne de brigands, un repaire d'assassins, de parjures, de faussaires, et les plus noirs forfaits se tramaient à l'ombre des autels. Dieu semblait nous avoir abandonnés; mais souvent il est le plus près de nous, alors qu'il semble être le plus loin. Il nous envoya Nicolas de Rienzo et le peuple, à la vue de ses vertus, s'est écrié : « Tu seras « notre sauveur et notre maître, délivre-nous, ordonne « et tu seras obéi ; fais descendre la lumière sur ce « peuple qui t'implore du fond des ténèbres, car l'heure « de la délivrance est enfin venue! » Notre maître accepta le pouvoir; le Saint-Esprit l'inspira, comme il l'inspire encore. 11 a rétabli partout Tordre et la justice. Mais il lui faut lutter contre bien des obstacles pour affermir le bon étal, qui est comme le prélude et la préparation du jubilé, et afin de pouvoir extirper à tout jamais les germes de rébellion et de perversité qui subsistent encore, il vous prie de l'éclairer de vos sages conseils et de lui envoyer, quand vous le pourrez, un corps de cent cavaliers, dont il a le plus grand besoin; le peuple romain vous en gardera une reconnaissance éternelle. »
Le lendemain 5 juillet, Tommaso Corsini fut chargé par la commune de répondre favorablement à cette