Obizco d'Esté, fils de Rainaldo. Voir page 115, note
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Les courriers chargés des missives de Cola di Rienzo parcouraient le pays sans armes, n'ayant pour toute sauvegarde qu'un petit bâton peint et argenté qui attestait leur mission ; personne n'aurait osé les attaquer ; partout on les accueillait avec joie, comme des libérateurs. « Ce bâton, disait l'un d'eux à Rienzo, non sans quelque emphase, cç bâton, symbole de votre autorité, je Fai porté sur les routes et a travers les forêts; des milliers de personnes se sont agenouillées devant lui et l'ont embrassé avec des larmes de joie, car grâce à tous les chemins sont sûrs et les brigands ont disparu. » Chacun voulait rendre hommage au tribun dans la personne de ses représentants ; Rienzo, craignant sans doute que cet empressement ne provoquât des abus, leur défendit sévèrement de recevoir, comme c'était pourtant l'usage, de l'argent ou des cadeaux des cités et des princes auprès desquels ils étaient accrédités : l'un deux, un certain Tortora, convaincu d'avoir enfreint cet ordre, fut marqué d'un fer rouge à la gorge.
Dès le commencement de juillet, la Toscane tout entière avait répondu à l'appel du tribun : les députalions affluaient à Rome, la ville avait un air de fête, les mots de paix et de concorde étaient dans toutes les bouches et peut-être aussi dans tous les cœurs. On vit arriver successivement les ambassadeurs de Florence, de Sienne, d'Arezzo, de Todi, de Terani, de Spolète, de Rieti, d'Amelia, de Tivoli, de Velletri, de Pistoia, de Foligni, d'Assise, etc. ; c'étaient tous des citoyens renommés dans leurs villes pour leur savoir, leur éloquence, leurs richesses; des marchands, des juges, voire même des chevaliers. Les Vénitiens envoyèrent une lettre, marquée du grand sceau de la républi-
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1. Obîzzo d'Esté, seûueur e> fam. <t- : xa n'.,;i: ri .» a *rc : * reconquit Modes* et Re*po. qû mnt acçurûesa î ses «oKr^ et 3* « redouter par ses voisins. Mort eu lôdi.
2. Fdippino, fils de Louis de Goonrue, iiLl JLl-.=a=I rxûîae : »**►' «e venger dune injure personnelle, il tua Fram-sc* Boaaowsi jus** H* 31 * son frère (1328), et s'empara de Mantoue. où il f.uia b nuî^n de W«* zzgue, qui devint si célèbre par b suite. Il s'allia à Lewis de lK>tuiK cl mourut en 1358.
3. Jacobo était alors seigneur de Carrare; il se rendit plus Ur\l uuître de Padoue en faisant assassiner Marsigtietto Pappafeva, qui gouvernait to ville; il fut pourtant adore de ses nouveaux sujets et Pétrarque en l» 1 * on pompeux éloge.
4. Prancesco, fils de Sinibaldo des Ordelaffi, passait pour cruel «4 «mil calif : il résisla longtemps au cardinal Albornos et mourut a Vcuisc-, d«n» b misère (1374).
5. Malatesta, seigneur de Rimini et de presque toute 1a Roiumims * *w para d'Ancone en 1348. Vaincu et fait prisonnier par Alboruo», il dut n» coonaitre b suzeraineté du pape. Mort en 1364.
chevalier de haute noblesse, à éperons d'or 1 , et un juge réputé pour sa science ; ils étaient suivis d'une brillante escorte. Lorsqu'ils se trouvèrent en présence de Rienzo, l'archevêque prit la parole et dans son exorde il rappela ces paroles de la Bible ce Jonathas 1 envoya des messagers à Rome pour renouveler amitié » ; il parla de la satisfaction qu'éprouvait son maître à voir le peuple romain heureux et libre et termina sa harangue en suppliant le tribun de secourir le royaume deNaplcs, que le roi de Hongrie voulait mettre à feu et à sang. Rienzo lui répondit aussitôt en citant un autre passage de la Bible, très voisin de celui que l'archevêque avait pris pour texte : « Que les armes soient loin de nous et que la paix règne sur la terre comme sur la mer ! » 11 ajouta : « Nous avons auprès de nous quelques conseillers ; nous leur communiquerons vos demandes et vous ferons connaître ensuite notre décision. »
Cette réplique, faite avec tant d'à-propos, laissa le prélat tout interdit, car il était loin de penser qu'un laïque pût avoir une connaissance aussi approfondie des Écritures saintes.
De. son côté, le duc de Durazzo faisait sa cour au tribun et l'appelait même « mon très cher ami ». Les régents du royaume de Naples le comblaient de présents et s'efforçaient de gagner ses faveurs, car il avait été convenu, d'un commun accord, que la querelle de la reine Jeanne et de Louis de Hongrie lui serait soumise. Louis n'était pas non plus resté inactif; il envoya au
4 . Les éperons d'or étaient un des signes distinctifs de la chevalerie ; les valets d'armes les portaient en argent.
2. Jonathas, roi des Juifs, mort en 145 av. J.-C., liv. I des Macchabées, chapitre xn.
tribun une nombreuse ambassade, chargée de lui demander son amitié et de lui offrir en retour l'appui d'une troupe de cinq cents cavaliers, tirés de l'armée qu'il réunissait en ce moment à Aquila. Les envoyés du roi lui portaient une grande quantité de présents ; selon l'usage, ils se firent précéder par des messagers qui étaient eux-mêmes des personnages d'importance; ils avaient des vêtements de velours vert tout garnis de fourrures et de belles capes allemandes, dit le biographe.
Rienzo, afin de leur inspirer une plus haute idée de sa puissance, leur donna audience un jour qu'il rendait la justice au milieu d'un grand concours de peuple. Quand on le prévint que les envoyés du roi de Hongrie allaient paraître devant lui, il se fit apporter une pomme en argent surmontée d'une croix et plaça sur sa tête la couronne tribunitienne, puis il donna ordre qu'on amenât les ambassadeurs et s'écria, quand il les vit s'avancer : « Je jugerai tout le globe selon la justice, et les peuples selon l'équité. » Désignant ensuite aux Romains les ambassadeurs : « Voici, dit-il, les envoyés du roi de Hongrie, qui viennent demander justice pour le meurtre du malheureux et innocent roi de Naples, André. »
L'empereur d'Allemagne lui-même, Louis de Bavière, cet irréconciliable ennemi du Saint-Siège, fit supplier en secret Cola di Rienzo d'intercéder en sa faveur auprès de Clément VI, car il craignait fort de mourir sans avoir fait sa paix avec l'Église.
Jean V Paléologue, empereur de Constantinople, lui envoya des ambassadeurs, et il n'y eut pas jusqu'au roi d'Angleterre qui n'entrât en relations avec le chef du peuple romain.
118 COLA DI R1ENZO.
Rienzo avait adressé une lettre à Philippe VI, alors occupé à secourir Calais ; mais elle fut mal accueillie par le roi de France, qui ne se souciait guère que le pape quittât Avignon; un simple archer fut chargé de porter sa réponse à Rome; elle était, de plus, écrite en langue vulgaire et sur un ton trivial. Le tribun ne subit pas l'affront de la recevoir : quand elle arriva, il était déjà tombé du pouvoir, et elle fut remise aux seigneurs du château Saint-Ange qui la confièrent au chancelier de la ville, Malabranca.
Ainsi Rienzo avait su intéresser à la révolution qu'il venait d'accomplir tous les peuples de l'Italie et tous les souverains de l'Europe, et gagner, en apparence au moins, leur sympathie. Tandis que Crescentius, Arnaud de Rrescia et plus tard Stefano Porcaro, bien qu'ils fussent animés des mêmes sentiments que lui, du même amour pour la liberté, virent leur renommée et leurs efforts circonscrits par l'enceinte même de la ville, le nouveau chef du peuple romain, à peine arrivé au pouvoir, était traité d'égal par de puissants monarques et se voyait désigné comme arbitre dans une querelle qui tenait l'Europe en suspens.