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princes et les rois, de le rendre le frère d'armes des nobles, et d'effacer, dans une certaine mesure, le souvenir de son origine plébéienne, qui commençait à lui jvser. Ce litre, accessible a tous et auquel l'Église s'était efforcée de donner un cachet religieux, n'avait rien» an reste, qui fût en désaccord avec la conduite passée du tribun.
Bien des cités italiennes s'étaient arrogé les prérogatives qu'exerçaient ailleurs les seigneurs et les monarques, entre autres celle d'ordonner des chevaliers. Elles pouvaient ainsi récompenser dignement, à l'égal des princes les plus puissants, ceux qui les avaient bien servies, Flonence, Sienne, usèrent assez fréquemment de ce droit. A Rome, en Tannée 1527, les vingt-huit buonuomini, alors chargés du gouvernement de la ville, nommèrent, suivant l'usage, un syndic qui conféra l'ordre de la chevalerie à deux nobles romains, Stefano Colonna et Napoléon e Orsino, et présida à la cérémonie du bain dans Peau de rose. Cependant les deux chevaliers durent se rendre à Naples afin que le roi Robert leur ceignît l'épée, personne n'ayant ce droit à Rome,
Non content du titre de chevalier, Rienzo voulait, comme les anciens tribuns, disait-il, se faire couronner du laurier tribunilien. Mais nous verrons par la suite que la cérémonie qu'il méditait et dans laquelle il ne devait pas recevoir moins de six couronnes, se rapprochait beaucoup plus du sacre d'un empereur.
Dès le 15 juillet, il adressa aux Florentins la lettre suivante :
« Rêvant, au nom du Saint-Esprit auquel nous sommes redevable de toute notre gloire, recevoir du syndic du peuple romain et des représentants de toutes
les cités d'Italie, Tordre de la chevalerie le 1 er août, et être couronné de la couronne tribunitienne le jour de l'Assomption, sachant de plus quel intérêt vous nous portez, nous vous prions de nous envoyer des ambassadeurs et des délégués munis de pouvoirs suffisants, afin qu'ils assistent aux réjouissances que nous nous proposons de donner en cette occasion et renouvellent amitié avec le peuple romain. »
La date que le tribun avait primitivement fixée était le 29 juin 1 , mais le délai étant trop court pour permettre aux envoyés des différentes villes amies de se trouver à Rome en temps utile, il décida que la cérémonie aurait lieu le mercredi 1 er août, jour où se célébrait la fête de saint Pierre es liens.
Depuis bien des siècles, en effet, le 1 er août était à Rome un jour de fête populaire. Lorsque Octave s'empara d'Alexandrie, Tan 30 avant notre ère, le Sénat déclara férié le 1 er août, jour où fut remportée cette victoire qui mettait fin à la guerre civile. Comme il arrive fréquemment, on continua à fêter cet anniversaire, bien longtemps après que le souvenir du triomphe d'Octave se fut effacé de la mémoire du peuple. Plus tard, à la demande, dit-on, de l'impératrice Eudoxie, on fixa à ce jour la fêle de saint Pierrcès-liens. Maintenant encore il subsiste à Rome quelques traces de cette antique coutume.
La fortune souriait à Rienzo : Rome et ses environs jouissaient d'une paix profonde, inconnue depuis bien des siècles; les paysans voyaient avec joie grandir leurs récoltes; les marchands circulaient en toute sécu-