‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 60 sur 126 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Pendant que Rienzo était occupé devant Ma ri no, les Colonna armaient activement à Palestrine; ce furent eux cette fois qui préparèrent et dirigèrent les opérations. Le moment d'agir leur paraissant venu, ils firent appel à tous les mécontents; un grand nombre de barons accoururent, heureux de pouvoir enfin se mesurer avec leur adversaire, non plus dans une guerre d'escarmouches, mais dans un vrai combat, car les Colonna ne dissimulaient pas leur intention de marcher droit sur Rome pour y étouffer dans le sang la révolution. Au tribun, qui leur ordonnait de rentrer dans la ville, ils répondaient encore par de feintes promesses et l'assuraient de leur respect pour le bon état, mais le moment était proche où ils comptaient jeter enfin le masque. Le préfet di Vico, sommé comme les autres de venir à Rome, obéit et amena avec lui son fils, qui faisait en celte occasion ses premières armes; quinze seigneurs l'accompagnaient, parmi lesquels le comte Guido et les deux fils du baron Currado; cent cavaliers environ lui servaient d'escorte. Pour gagner les bonnes grâces du peuple, il s'était fait précéder d'un convoi de cinq cents bètes de somme chargées de froment ; c'était du reste

un des devoirs de sa charge. Le préfet avait eu soin de répandre ie bruit qu'il allait tenter une réconciliation entre les Orsini et Cola di Rienzo. Mais, au lieu de se rendre au Capitole dès son arrivée, pour y saluer le tribun, il descendit dans une auberge, y installa ses soldats et attendit.

Rienzo, qui n'était pas sans soupçonner Giovanni d'être de connivence avec les barons, trouva dans cette conduite une confirmation de ses craintes, et résolut de s'assurer de la personne du préfet. Dans ce dessein, il l'invita, lui et ses compagnons, à prendre part à un banquet au Capitole, et les fit tous arrêter dans la salle même du festin. Leurs armes, leurs chevaux furent distribués au peuple. « Giovanni, disait le lendemain Rienzo aux Romains assemblés en parlement, Giovanni était venu à Rome dons l'intention de vous attaquer traîtreusement et de vous faire retomber sous le joug des tyrans. » Ceci se passait le 13 novembre.

Les habitants de Viterbe n'eurent pas plutôt appris 1 emprisonnement de leur seigneur, qu'ils se, ruèrent sur les partisans de l'alliance romaine, coupèrent la tète à vingt-deux d'entre eux, et se mirent à parcourir en armes le territoire de Rome, saccageant tout sur leur passage.

Cependant l'armée ennemie avait quitté Paleslrine vers le 15 novembre et s'était dirigée sur Rome, en obliquant un peu adroite; elle se composait de six a sept cents cavaliers et d'un assez grand nombre de fantassins, quatre mille, assure-t-on; toute la noblesse romaine y était représentée. Informé de ce mouvement par ses espions, Rienzo assembla le peuple le 17, parla longtemps pour l'encourager à la résistance, raconta

me» ; i .k an:; eu Ii-> U naît précédente aoe vision : . Si:-: M-iria. .-il écû: W lls don tribun, dit-il, m'est >:oari et » a 12ï>w qj* je ferai mordre la pousse* m ecieï^Ls .••■ Heu.

Lis Romans j-xtkîL: rent cette prophétie avec des > iir.res *i izzvïVi.r.é- car ils commençaient à n'avoir r.;»^=< ^cJi-<«i:.:aiitrtiliiisleareliêf.3his v lorsque :\-^mokc: l :i **: r.aaê raison, tout le monde le crut rrlVi^c:: i>c : -ê: ses admirateurs soutinrent que Inia!*u-m.ècK ie conseillait, tandis que ses détracteurs j ~ : .-n-rcc: : ; il a» *ît commerce avec l'Esprit du mal, c ; ... ^ £i^ ï a cr .{ x q U j surmontait 500 sceptre 1 .

le U J il so.r. [.;> ennemis vinrent camper à cinq r: . •.* s*-;: ^ci-nt lie* p>rte* de la ville. près des ruines JlVi :;™:eau ar::-;ue* situe sur le chemin qui mène i L* 1 /: -** ;- % on aiptbit le Monument*. Rienzo fit renfrwf k* rjnle? qui veillaient aux portes, et, sur <v^ orirv» tt c" <he »:u dpi tôle commença à sonner iVartu-*. Kea atùat qu'il fit jour. Les citoyens romains jKXVururvrî en artres: le tribun les réunit autour de lui* nuis* ëfjisê par la fatigue, il dut leur parler assis : .v J\*i vu durant mon sommeil, dit-il. le pape saint KotiïfjKv: il ma annoncé qu'en ce jour nous le vengerions de ses ennemis, les Colonna, qui ont si cruelle ment outragé l'Eglise de Dieu. Il leur avait accordé quarante ans pour faire pénitence tle leurs crimes; maintenant ce délai est expiré, l'heure du châtiment est venue. » Puis le tribun ajouta : « J'ai un fils, Laurenzo , il combattra si mes côtés ces tyrans et ces parjures, qui veulent opprimer le peuple.

I » (Vite croît fut conservée asseï longtemps à Rome . ï, IVnMtra était-ce le tombeau d'Hélène.

« J'ai appris que les barons sont arrivés dans le voisinage de la ville, et qu'ils se sont arrêtés près du Monument; c'est là un présage certain que non seulement ils seront vaincus, mais qu'ils périront jusqu'au dernier, et auront pour sépulture ce même Monument. » Le peuple, enflammé par ces paroles, voulut marcher aussitôt contre l'ennemi; Rienzo fit sonner les trompes, les trompettes, les cymbales, fixa Tordre du combat, répartit le commandement des troupes entre ses principaux officiers, et donna le cri de guerre qui était , comme d'habitude : Spirito Santo Cavalière !

Les milices romaines furent divisées en trois corps : Rienzo garda sous ses ordres le premier et confia les deux autres à Cola Orsino du château Saint-Ange, et à Giordano Orsino del Monte, animés tous les deux d'une égale haine contre les Colonna. Tout le peuple était en armes, mais, en fait de soldats aguerris, les Romains ne pouvaient guère opposer aux assaillants que mille hommes de pied et un petit nombre de cavaliers, parmi lesquels figuraient les trois cents auxiliaires envoyés tout récemment par le roi de Hongrie; de plus, quelques nobles, tels que Malabranca, le fidèle ami du tribun, Matteo, fils du comte Bcrtoldo, combattaient pour eux. Les ennemis étaient signalés du côté de la porte Saint-Laurent 1 ; les défenseurs du bon état se portèrent a leur rencontre silencieusement et en bon ordre.

L'armée des barons, en effet, avait quitté le Monument au milieu de la nuit et s'était dirigée vers le monastère de Saint-Laurent hors des murs. Le froid était vif; la pluie, qui tombait sans interruption depuis

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