‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 66 sur 126 · LA CHUTE DE MEMO · texte numérisé non relu

LA CHUTE DE MEMO

rcnt toute leur audace. Bientôt Rome se trouva comme assiégée : le pain, la viande, augmentèrent rapidement de prix. Ceux qui avaient encore quelque argent durent le dépenser pour se nourrir et la misère devint générale; de toutes parts s'élevaient des plaintes et des murmures, aussi bien contre les nobles, auteurs de tous ces maux, que contre le tribun, qui ne savait pas y porter remède. D'aucuns môme accusaient de leurs

malheurs le pape, qui poussait les nobles à la résistance et leur prétait son tout-puissant appui. Des luttes à main armée ensanglantèrent de nouveau les rues de la ville et chaque jour naissaient de nouveaux troubles.

Le tribun n'osait plus convoquer que rarement ta peuple, tandis qu'au début il le consultait sur toutes les questions de quelque importance, car il redoutait une opposition trop violente de la part de la gentilezza et de la bourgeoisie. L'événement lui donna raison : dans les premiers jours de décembre, les citoyens, réunis en parlement, repoussèrent deux propositions qu'il leur avait soumises, la première relative à une augmentation de la gabelle, la seconde ayant trait à la nomination par le peuple d'un gouverneur pour la cité de Pérouse, à la requête de ses habitants, qui ne parvenaient pas à s'accorder entre eux.

Il n'en faut pas conclure toutefois que le peuple eût abandonné la cause de Rienzo; les citoyens éclairés et riches, le voyant s'écarter de la voie qu'il avait d'abord suivie, avaient, il est vrai, renoncé depuis quelque temps déjà à lui prêter leur appui et restèrent les spectateurs indifférents, mais non pas hostiles, des événements qui précédèrent et amenèrent la chute du tribun ; mais le petit peuple (popolo minuto), s'il n'obéissait plus à son

càrf j*ee li î^nie facilité, la même ardeur que jadis, a'«t rtnfcut pas nains une grande reconnaissance et a& gnni attachement pour lui. Il le montra bien dans h il nui f— i SAnunte.

fefeuuo a*at>t Eût procéder à l'élection de trente-neuf <UKe?lîer^ ^>i> par quartier» . il se trouva que quelques* us* *bts «tas euient ses ennemis; dans la première i-" rmiHif* «4 i!s siégèrent, il en accusa deux de trahi- <uiu FÀcheto. parent de ] un d'eux, prit hardiment !eur ieieose et les anciens membres du conseil, exas- ?tfn*> pur se* paroles, m» précipitèrent sur leurs nouîeutix cjut-înies* qu'ils expulsèrent par la force de la^ si e les séances Lt plèbe, apprenant ce qui venait de se ?ii><er» on: qu*oa en voulait à son tribun et accourut mmeu uieaeat en anses pour le défendre; on eut bien fV Ja peiase i Tipaiser .7 décembre).

L'ji^iaciMa des trente-neuf nouveaux conseillers 4 vai* 1 eu î em. à ce qu'il semble, sur la demande de r^^rn* i\*voO; Rieoro venait. en effet, de le rappeit i R-'iac. en le priant de reprendre sa place auprès ie . u. e«. /anit reçu en grande pompe au Capîtole ; jhHir biett ouvrier son désir de se soumettre désormais *ua infects d\i pape, il rappela, en l'accueillant, ces pa -ri» Je L~(Nacàle : Ltyem pont mihi, Domine. On vwù que le tribun ait voulu détruire sur-le-champ *e «savais e&4 qu'avait ilù produire la violence du Ktçte : il couvoqoa donc tous les citoyens le 10 dé- ^vuôre et tîs dos excuses publiques au représentant du pape; L jjouta qu'il avait l'intention de gouverner la V f e Jfe fj\x»n à satisfaire Clément VI et à se conformer ijv enirvs que son léirat venait de lui transmettre. Le Lvu^iV révtama la lecture de ces ordres ; mais Rienzo.

qui redoutait la colère que provoquerait leur divulgation immédiate, argua de l'heure avancée et de l'obscurité pour se dispenser d'en donner connaissance. « Au reste, dit-il, vous savez que votre tribun ne consentirait à rien qui fût contraire aux intérêts du peuple romain. » Cependant les citoyens, qui n'ignoraient pas la haine du pape pour Rienzo , exprimèrent leur mécontentement d'une façon si peu équivoque que Raimond jugea prudent de se réfugier dans l'église Saint-Pierre, qui lui offrait un asile inviolable. Le lendemain, à l'aube, il fuyait en toute hâte vers Monteflascone. Là, il trouva le légat, et après avoir solennellement excommunié Rienzo, ils s'occupèrent tous deux avec activité de réunir des troupes et de l'argent, d'exciter les nobles à la résistance et de fomenter des troubles dans la ville.

(le fut en vain que Rienzo redoubla d'efforts pour apaiser la colère du pape. Le 2 décembre-, il avait écrit aux communes de la Sabine pour leur annoncer qu'à cause des réclamations du Saint-Siège il renonçait à exercer les droits dont elles l'avaient investi te 1 er septembre, et qu'en conséquence il rappelait son représentant, Janotto di Enrico. « Dans le pieux désir, leur écrivait-il, de faire régner parmi vous 1^ liberté, que nous voulons établir dans toute la chrétienté, nous avons cru devoir accepter le pouvoir que vous nous avez offert. Maintenant, pour obtenir une bonne et véritable harmonie, nous négocions avec le légat, qui demande que les droits respectifs de l'Église et du peuple romain soient définis suivant les principes de la plus stricte équité. Le cardinal légat a l'intention de venir à Rome dans ce but, et nous ne douions pas que sa présence

COLA M RIEfZO.

on résultat également satisfaisant pour vous et pwr Boa>. En attendant , il désire que nous nous dénFttMMft< de nos fonctions de podestat de la Sabine, porve que* en les exerçant , nous commettons , selon l«î„ on empiétement. En conséquence , comme nous ton Ions témoigner notre déférence pour l'envoyé du Saint-Père toutes les fois que nous le pouvons, sans porter préjudice aux intérêts du peuple romain et aux vôtres, nous avons résolu de rappeler auprès de nous nrttrc représentant jusqu'à ce que l'en lente soit faite entre le lésât et nous a ce sujet. Pour les mêmes raisons, nous ne jugeons pas opportun de vous envoyer actuellement d'autres troupes. Nous vous aimons d'une affection <iocère et nou* ne vous abandonnerons ni dans le calme ni dans la teuipète, mais vous ne devez pas désirer qu'à cause de vous, et particulièrement lorsque cela ne vous est pas utile, nous vivions en mésintelligence avec rtrlise. tandis qu'une réconciliation avec le légal tournera assurément à votre profit et à notre honneur. » Tarrano. Aspra. Torri ' et la plupart des villes et des villages de la Sabine reçurent communication de cette lettre.

Le tribun renonça également aux citations qu'il avait faites et déclara même publiquement qu'il ne prétendait plus restituer au peuple romain le droit de nommer lenipereur; il fil aussi le sacrifice de tous ses titres et s'intitula : vt Cola, chevalier et gouverneur de Rome au nom du pape ».

11 relâcha le préfet di Yico* le 42 décembre, ainsi

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