Villes situées dans le voisinage de Ricli
2. i*n se souvient qu'il l'avait fait arrêter lors de son arrivée ù Rome
LA CHUTE Dfe RIENZO. 235
que son fils, les admit tous deux à sa table et les traita fort cordialement ; mais, la nuit suivante, il les fit de nouveau jeter en prison, sans aucune raison. Le lendemain matin, ils étaient remis en liberté sur Tordre du tribun, qui passa toute la journée avec eux; il s'entremit même pour ménager une réconciliation entre le préfet et Giordano Orsino del Monte et, comme gage de leur bonne foi réciproque, exigea que la fille de Giordano épousât le fils de Giovanni di Vico. Ce même jour, une bande de mercenaires, à la solde de Rienzo, ayant fait une incursion sur les terres du préfet et capturé du bétail, il ordonna que tout le butin lui fût restitué, montrant par là qu'il ne considérait plus Giovanni comme l'ennemi du peuple romain. Néanmoins, son fils et seize de ses compagnons furent gardés en otage.
Ces brusques alternatives étaient bien faites pour irriter ceux qui les subissaient, et pour ébranler la confiance des derniers amis de Cola di Rienzo. L'excommunication, que venait de lancer contre lui le légat, le priva de l'appui qu'il aurait encore pu trouver dans le peuple. Quelque attachés qu'ils fussent à leur protecteur, les Romains n'osèrent pas affronter, pour le défendre, les terribles rigueurs de l'interdit dont ils étaient menacés ; dès ce moment, ils s'abstinrent de soutenir leur chef, et son gouvernement ne subsista plus que par l'ancien branle, comme dit Fénelon. Au premier choc, il devait succomber; c'est ce qui advint.
Un aventurier, que ses crimes avaient contraint à fuir sa patrie, Giovanni Pipino, comte de Mïnorbino, palatin d'Àltamura, se trouvait alors à Rome. Sa noblesse ne remontait pas loin ; son grand-père, qui était notaire
dans la petite ville de Barlelta 1 , avait été chargé par le roi de Naplcs, Charles 1 er , de la gestion des finances du royaume, et dut à ses fonctions d'immenses richesses. Son fils unique épousa l'héritière du comte d'Emoli et en eut trois fils : Giovanni, comte de Minorbino, Lodovico, comte de Potenza, et Pietro, comte de Nocera et de Yico. Giovanni, d'un caractère turbulent et despotique, pressura d'une façon si odieuse, avec l'appui de ses deux frères, les cités qui lui étaient soumises, que le roi Robert résolut de le châtier. Il fut fait prisonnier dans son château fort par les troupes royales et enfermé à Capoue. Le cardinal Colonna s'intéressa à son sort pour des raisons que l'on ignore et chargea Pétrarque, lors de son ambassade à Naples, d'obtenir son élargissement. A peine sorti de prison, Giovanni se montra plus tyrannique que jamais, et lorsque Bertrand prit en main le pouvoir après l'assassinat d'André, il fut obligé de s'enfuir pour éviter le châtiment de ses crimes. Réfugié en Hongrie, il poussa le roi Louis à envahir le royaume de Naples, puis revint s'établir à Rome avec sa famille, en attendant les événements.
Il trouva bientôt l'occasion de vendre ses services. Le roi de Hongrie avait quitté Bude, sa capitale, le 5 novembre et, le 4 décembre, il était à Vicence, le lendemain à Vérone, et le 11 à Bologne, où il entra, suivi de cinq cents cavaliers seulement. Les Romains attendaient son arrivée comme celle d'un Messie, car ils se flattaient que, grâce à la présence d'un aussi puissant allié, les barons n'oseraient plus les inquiéter; ils laissèrent donc, malgré les édils de Rienzo, ses émissaires