‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 68 sur 126 · LA CHITE DE RIENZO · texte numérisé non relu

LA CHITE DE RIENZO

parcourir le pays pour recruter des soldats. Giordano Pipino fut un de ceux qui cherchèrent à réunir des mercenaires. 11 se rendit dansée but a Terracine ; là, cédant à son penchant, il se livra à quelques actes de brigandage, pour lesquels Cola di Rienzo le cita à son tri* bunal ; mais Giovanni se garda bien d'obéir à cette sommation.

L'affaire en était restée là, lorsqu'un certain Giordano, auquel le comte de Minorbino avait promis une somme de cent florins s v il lui amenait des soldats, voyant que le comte s'occupait, de son côté, de lever des mercenaires, conçut des doutes sur sa loyauté et intrigua auprès du tribun pour faire mettre à exécution la condamnation portée contre lui. Informé des menées de Giordano, Pipino revint brusquement à Rome, escorté de cent cinquante cavaliers prêts à tout et que lui aurait fournis, dit-on, le capitaine du Patrimoine. On a même affirmé que son retour était dû uniquement aux intrigues du légat avec lequel il se serait concerté pour renverser le tribun. Quoi qu'il en soit, il se cantonna dans cette partie de la ville qui appartenait aux Colonna et s'y fortifia. Rienzo, ne se sentant pas en force pour l'en chasser, ferma les yeux.

A peu de jours de là, le vendredi 14 décembre, on trouva, sur la porte de l'église Sant Àngelo, une pancarte qu'une main inconnue y avait apposée durant la nuit, et qui invitait les amis de Luca Savello à venir se joindre à lui dans le délai de quatre jours. Le tribun, dès qu'il connut cet acte audacieux, chargea un de ses officiers de retirer l'écriteau et de le remplacer par un autre ainsi conçu : « Nous, Nicolas, chevalier et gouverneur au nom du pape, ordonnons à Luca Savello de

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se présenter devant nous dans les trois jours ; faute de quoi, il sera châtié sans miséricorde. »

Ce changement ne se fit pas sans opposition de la pari des assistants; Giovanni Pipino et son frère Pietro, comte de Yico, se firent remarquer par leur conduite insolente. Le tribun leur intima Tordre de comparaître devant lui; pour toute réponse, Giovanni se barricada dans le quartier qu'il occupait avec ses soldais et établit une palissade en travers de Tare Salvalore, qui y donnait accès. Il fit sonner l'alarme à l'église S. Paolo cl aux autres églises du quartier, et, entouré des quelques membres de la famille Colonna restés à Rome, se tint prêt à repousser les soldats du tribun. Celui-ci, informé de l'attitude du comte de Minorbino, se rendit en haie au Capitole et donna Tordre de sonner à toute volée les cloches de Téglise Sant Angelo. Tel était le trouble de lous les serviteurs de Rienzo, que ce fut un juif qu'on chargea de ce soin, ce qui ne s'était jamais vu auparavant. Toute la nuit et toute la journée du lendemain, les cloches répandirent la conslernation et Teffroi dans lu ville; les habitants, pris de panique, se renfermaient chez eux, les rues étaient désertes, personne n'osait se montrer.

Le tribun, sentant qu'il y allait de son pouvoir s'il n'écrasait aussilôl cette rébellion, envoya contre Giovanni Pipino un corps de cavaliers mercenaires, commandé par un aventurier allemand, auquel les Italiens avaient donné le nom de Scarpetta. Après un court engagement, les mercenaires, voyant leur chef blessé à mort d'un coup de lance, se débandèrent, poursuivis par les partisans du comte, qui se répandirent dans la ville aux cris de : «Vivent les Colonna! mort au

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