‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 70 sur 126 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

COLA Dl RIENZO FUGITIF

Les Romains furent frappés d'étonncment et de terreur lorsqu'ils apprirent que leur tribun, malgré toutes ses déclarations, avait abandonné le pouvoir sans même chercher à combattre, et qu'il s'était réfugié au château Saint-Ange. Ils se demandaient avec angoisse à quelles extrémités allaient se porter les nobles, et s'attendaient aux plus affreux malheurs. Ceux-ci, de leur coté, ne pouvaient croire à un aussi facile triomphe; ils craignaient quelque embûche et hésitèrent trois jours avant de se risquer dans l'intérieur de la ville. Enfin le vieux Slcfano Colonna, plus audacieux que les autres malgré son grand âge, entra dans Rome à la tète de ses partisans; l'anarchie la plus complète y régnait; il prit en main le gouvernement et, montrant autant de prudence et de modération dans la victoire, que d'intrépidité dans la lutte, il maintint, eu les déclarant bonnes et utiles, toutes les mesures prises par le tribun en vue d'assurer l'ordre, ainsi que la plupart des lois portées par lui et annonça même qu'il châtierait sévèrement quiconque oserait les enfreindre. 11 promit le pardon et i'oubli à tous les Romains indistinctement et alla, diton, jusqu'à embrasser publiquement le beau-père de

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Ricnzo et à couvrir de sa protection toute sa famille. Néanmoins il déclara le tribun déchu de tous ses lilrcs et de tous ses droits.

Le Capilole fut mis à sac après la fuite de Cola <Ii Rienzo, et la populace déroba presque tout ce qui lui appartenait; on trouva, outre une quantité vraiment extraordinaire d'ornements de toute sorte, une foule de lettres prêtes à être expédiées, car l'activité du tri- ' Iran avait été plus grande que jamais dans les derniers jours qui précédèrent sa chute. Sa femme s'était enfuie, déguisée en habits de moine, du palais Lalli, où elle se trouvait au moment de la catastrophe, et l'avait rejoint au château Saint-Ange. Il resta quelque temps dans cet asile, espérant que les Romains reprendraient courage et le ramèneraient au Capilole ; mais la crainte les retenait, car les nobles, qui rentraient peu à peu, étaient loin de manifester les mêmes dispositions conciliantes que Slefano envers les rebelles, et la moindre tentative de révolte eut élé, ils le sentaient bien, suivie d'une répression sanglante. En outre, le pape venait de leur ordonner de nouveau* sous menace des peines les plus sévères, d'abandonner leur tribun : « Nous vous mandons, disait-il, de refuser dorénavant tout conseil, tout secours, foule laveur à cet homme, dont la perversité rampe comme un serpent, mord comme un scorpion, s'infiltre comme un venin; éloignez-vous de lui comme un troupeau s'écarte d'une brebis atteinte d'un mal cjnlagieux; n'écoutez, ainsi que vous l'avez toujours fait, que les avis et les ordres de voire mère l'Église, alin de mérilcr notre affection. »

Rienzo, comprenant qu'il n'avait rien à espérer et qu'il avait tout à craindre en restant à Rome; alla chercher un

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