Couvent qu'il avait fondé
san t d'une trop grande tolérance envers les vices du siècle, et ils allaient même parfois jusqu'à affirmer qu'une modification profonde de l'Église était inévitable et prochaine. En même lemps, ils se prirent à exaller saint François, à le considérer comme un nouveau Christ venu pour sauver l'Église et les hommes, à l'adorer enfin à l'égal d'un Dieu.
C'csf vers cetle époque que des franciscains divulguèrent certains écrits de Joachim de Flora 1 , qu'un vieil abbé joachimile leur avait confiés dans un moment de danger. Or Joachim, surnommé le prophète (1130? 1202), qui passait pour avoir accompli de son vivant et après sa mort plus d'un miracle surprenant et qui, après une vie pleine de péripéties, s'était éteint, en odeur de sainteté, dans un recueillement profond et presque dans l'extase, avait précisément répandu dans ses ouvrages un certain nombre de prophéties dont s'emparèrent avidement tous ceux que mécontentait l'état actuel de l'Église et du monde, car elles semblaient promettre une réforme prochaine du clergé et un renouvellement de l'univers entier*.
La Trinité, disait-il, n'est pas composée de trois personnes coexistant dans une même substance, mais de