lia s'appelaient antérieurement : motiacei morronitli
ordres; quelques spirituels furent condamnés à Naples par le tribunal de l'inquisition à être battus de verges dans les rues de la ville; quatre périrent sur le bâcher à Marseille, tandis que d'autres expiaient dans une prison perpétuelle leur opposition au Saint-Siège.
Ces persécutions eurent l'effet accoutumé; les spirituels, devenus des martyrs, virent le nombre de leurs disciples et de leurs admirateurs croître rapidement; réfugiés dans leurs retraites inaccessibles des Àbruzzes, ils continuèrent à protester avec véhémence contre le luxe et les vices du clergé, à attaquer les papes, qu'ils accusaient de perdre l'Église, et à attendre avec confiance le règne du Saint-Esprit, en observant dans toute sa rigueur la règle de leur fondateur et en vivant au jour le jour, dans la pauvreté la plus complète et dans l'extase. On prétendait qu'ils ne recherchaient la solitude que pour s'y livrer à leurs mauvaises passions, mais le fait n'est nullement prouvé; eux-mêmes en disaient autant de leurs adversaires et ces accusations réciproques prouvent seulement la violence de la haine qui divisait les disciples de saint François.
Un moment, les fraticelli espérèrent triompher de la papauté avec Louis de Bavière; mais, après la prompte retraite de ce dernier, ils durent regagner leurs montagnes et furent de nouveau en butte aux rigueurs du Saint-Siège. Néanmoins le nombre de ceux qui venaient écouter leurs exhortations et partager leurs privations continuait de s'accroître; il se formait sans cesse de nouvelles sectes : les clarenins minorités, qui eurent pour fondateurs Pietro di Macerata et Pietro di Fossombrone; les césarins; les disciples de Jean des Vallées, de Gcnlile de Spolète; les frères
«f I COU H R1FSZO.
de l*é!roite observance ; ponr les femmes, l'ordre des clarisses; et bien d'autres encore 1 . De plus, les spirituels avaient créé, à l'imitation des franciscains, un tiers ordre : ttrtim orio de pxnitentia, dans lequel étaient admis même les gens mariés. lies tertiaires étaient affranchis de la plupart des obligations imposas aux frères mineurs; ils devaient simplement s'engagera ne porter que des vêlements de drap commun, sans ornements, ni tout blanc ni tout noir, à faire abstinence deux ou trois fois par semaine, à communier au moins trois fois par an et à se prêter assistance en Unité occasion \
Cest à ce tiers ordre que Rienzo étant marié dut s'aftilier. Il choisit, pour y habiter, le mont Majella, où \i\ait l'un des chefs des fraticelli, Micaele di Monte Àiyvlo*; là, s % associant à toutes leurs pratiques reli-
I, Les fsrtxùftt «a patarêens, également fort nombreux en Italie à cette ecwç-je. ir<ra»»&*. k-ar dooi mi diacre Ariaide de Mibn, surnommé Palan n, jiitvy ^s M LiSuit le quartier des chiffonniers « pataria ». Ce diacre, %$*~ mu;: m oennoe siècle, avait énergiquement protesté contre la de- •Yss* ti:w as\ r r*îrvs de se marier ; ses disciples embrassèrent des doctr-aes ^ :wrecl rvpitêes berniques, et le nom de pa tarin, devenu méytvsiït, s'*:;i.*ua à tous ks schismatiques et, par conséquent, aux <r» :«.r-v^ Le* ci'Jures, eia^érant le dogme chrétien, croyaient, comme ** swutnm de Ivrttetre, à deux principes opposés : le bien et le mal, r«<rc «s $*taau èfiWtnent puissants, et se disputant sans trêve la domina-
£> la crwsk* de ces membres biques, due à saint François lui-même l±?i . fat une des priociples causes du développement extraordinaire ^ue r*ra IVwlre dès son début : quarante ans après la mort de leur fon- 4*v%a\ <w e>imuit a deux cent mille le nombre des franciscains et a feuiî eretf* o lui de leurs couvents. Le tiers ordre avait des ramificaïkw d>n> Kmte l'Europe et soutenait partout les intérêts de Tordre ; c'est à hà q:;*n «l^t b création du crédit mutuel. L'empereur Charles IV, saint lv«c$H Rbuche de Castille, Marguerite de Provence, en firent partie. Plus tard, un certain nombre de tertiaires voulurent vivre en communauté et pnrwit l'habit monastique.
3 Ibas un procès de l'inquisition, à Bologne (436i), il est fait mention
gieuses, partageant leur dure existence, cachant surtout avec soin son nom et son passé, il menait la vie d'un anachorète; voici, au reste, comment il décrit luimême ses compagnons ' : « Ces ermites sont des pauvres d'esprit, qui, morts au monde et ne vivant plus qu'en Jésus-Christ, observent non seulement la loi, mais aussi les conseils de Dieu ; ils ont vendu et distribué aux pauvres tous leurs biens, ils se contentent de deux vêtements d'étoffe grossière, qui ne les couvrent que jusqu'aux genoux; ils dorment sur la paille, souvent même sur la terre nue, ils ne veulent jamais toucher une pièce d'argent, ne sachant pas, disent-ils, si le Christ confia sa bourse à Pierre ou à Judas; car s'il l'avait donnée à ce dernier, ce serait une preuve de son mépris pour les richesses et ses disciples devraient suivre son exemple. Pour se séparer du reste du monde, ils ont choisi des lieux retirés et de sombres forêts ; ni la cupidité, ni l'ambition, ni l'envie, ne hantent jamais leur cœur; ils ne font point montre d'une fausse piété, mais professent une réelle humilité; la patience, la gaieté, l'innocence, sont unies chez eux à une profonde dévotion. Leur nombre est grand, il le serait plus encore, si le pape ne leur faisait une guerre impitoyable. Qu'ils soient fils de barons ou de roturiers, qu'ils sortent des universités ou de l'Église, ils savent se contenter de peu et reviennent pleins d'allégresse, à travers la neige, les torrents et les précipices, lorsqu'ils ont pu obtenir un morceau de pain ou de fromage, trouver un peu de bois, ou bien quelques maigres légumes. Si l'un d'entre eux
de trois sectes différentes de spirituels : les frères délia Povera Vita ; les frères del Ministro ; les frères di fraie Angclo. 1 . Discours : Super eloquio caritatis.
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est insulté ou frappé, il ne doit rien manger avant d'avoir adressé à Dieu une prière spéciale en faveur de celui qui Ta maltraité. Une fois par semaine au moins, le jeudi d'ordinaire, ils se retirent en un lieu écarté, et là, de complies jusqu'à vêpres le lendemain, ils méditent sur la Passion de Notre- Seigneur, en se frappant la poitrine avec des cordes et des chaînes et en versant des torrents de larmes. La philosophie, la médecine, leur sont inconnues; jamais ils ne chantent, car mieux vaut, suivant eux, chanter ïivec le cœur qu'avec les lèvres. Ils jeûnent souvent, ils prient presque toujours pour écarter d'eux le démon. Sans que jamais un sourire no paraisse sur leur visage, ils sont pleins de joie. Quelques-uns ont accompli des miracles. Parmi eux, j'ai vu des nobles, des barons, et môme des membres de la famille Colonna, qui, renonçant à tous les biens et à toutes les jouissances de ce monde, ne vivent que d'aumônes et prodiguent les bonnes œuvres. Et pourtant ces pauvres, qui se conforment si exactement à l'esprit de l'Évangile, sont poursuivis par le pape et par l'inquisition! vie de privations et de recueillement, qui procure l'immortalité 1 vie angélique, que seuls les amis de Satan peuvent blâmer! »
Le nouveau zèle de Cola di Rienzo fut si vif qu'il songea un instant à se rendre en terre sainte avec un de ses compagnons, fra Andréa, et quelques autres fraticclli; mais il ne donna pas suite à ce projet. D'ailleurs le tribun n'avait pas aussi complètement renoncé qu'il voulait le faire croire, qu'il le croyait peut-être lui-même, à l'espérance de ressaisir le pouvoir : un de ses ennemis, ayant découvert sa retraite, la révéla à l'archevêque de Naples, Giovanni Orsino, celui-là même
qui l'avait couronné le i 5 août ; l'archevêque, jaloux sans doute de faire oublier sa complaisance passée envers Rienzo, résolut de le livrer à Clément VI, qui venait précisément de renouveler à Ceccano Tordre de poursuivre activement le tribun (12 juin 1349). Dans ce dessein, Giovanni fît savoir h Rienzo que le pape, éclairé sur ses véritables intentions, désirait l'absoudre et lui rendre le gouvernement de Rome; il l'invitait, en conséquence, à se présenter devant lui. Rienzo accueillit avec joie cette offre et se dirigeait sans méfiance vers Naplcs, lorsqu'il apprit que l'archevêque, soupçonné d'être de connivence avec le roi de Hongrie, venait d'être jeté en prison et dépouillé de tous ses biens par Louis de Tarante. Il rebroussa donc chemin et retourna dans sa solitude, où l'un de ses amis lui apprit peu après le complot dont il avait failli être victime 1 .
i. Les fratteelli, qu'on appela aussi un peu plus tard bisocchi, continuèrent d'exister jusqu'au concile de Constance ; quelques sectes même ne s'éteignirent que longtemps après ; en 1421, il se forma une nouvelle confrérie appelée « de l'opinion », parce qu'elle soutenait l'étrange opinion que le pape Jean XXII avait été frappé de mort en 1324, a la suite de sa décrélale relative à la pauvreté du Christ et des apôtres, et que, par conséquent, toutes les condamnations prononcées postérieurement par lui contro les spirituels et leurs doctrines étaient nulles. En 1466, Paul II dut sévir contre celte secte qui prenait une importance inquiétante.