CHAPITRE m
î*'. — Colbert, ministre dirigeant, intervient dans les affaires religieuses. — Par quelles considérations il y fut amené. — Des biens de l'Eglise. — Le droit de régale. — Une assemblée du clergé, réunie à Saint-Germain, est invitée à se prononcer sur la régale. — Déclaration du 19 mars 4682. = g IL — Comment il convient d'apprécier l'intervention de Colbert dans la lutte religieuse. — Situation légale des populations au point de vue religieux. —Les Catholiques. — Les Protestants. — Les Juifs. — Les Juifs à Marseille. — Les Juifs à Bordeaux. -« Colbert et Spinoza. — La formule : Schammatha, — Les Protestants et Colbert. — Les Protestants après Colbert. — Révocation de redit de Nantes.
Ministre dirigeant, Go}bert dut intervenir dqns Colbert, ministre la plupart des affaires générales du royaume ylenrt'ny'Y/s
affaires reli-
et nous le voyons, au moment mônoie où sa fa- «*«"»5. veur depuis longtemps chancelante allait §'affaiblissant de plus en plus, p^^eycer uu^ ip-
fluence prépondérante et décisive sur les grandes questions de son temps.
Son intervention dans les affaires religieuses, on ne saurait en douter aujourd'hui, fut incessante. Ces affaires, d'une importance capitale, doivent être rapportées à deux ordres d'idées absolument distincts :
Les une? eurent pour principal objet Taffirmation de l'autorité pleine et entière. du Roi au temporel, contrairement aux prétentions de la" Gour de Rome.
Les autres intéressent uniquement la grande cause de la liberté de conscience et se rattachent aux premières plus étroitement qu'on ne l'a cru.
Par quelles con- Au Commencement de son administration, ce
sidérations il y
furent des considérations purement sociales, commerciales et fiscales qui incitèrent Golbert à s'introduire dans les questions r'ehgieuses. Nous Tavons vu provoquer la réduction des fêtes, c'est-à-dire des jours de chômage. Dans son mémoire au Roi en date du ^2 octobre 1663, il proposait de a diminuer doucement et insensiblement les moines de l'un et de l'autre sexe, [qui ne produisent que des gens inutiles dans
fot amené.
ce monde, et bien souvent des diables, dans TaulFe] (1). » En 1665, dans son mémoire sur la réformation de la justice, il revenait sur cette idée ; il insistait sur « le trop grand nombre d'officiers de justice, le trop grand nombre de prestres, moines et religieuses. » a Et ces deux derniers, ajoutait-il, non-seulement se soulagent du travail qai iroit au bien commun, mais mesme privent le public de tous les enfans qu'ils pourroient produire pour servir aux fonctions nécessaires et utiles. »
Aussi proposait-il de a rendre les vœux de religion un peu plus difficiles et de reculer l'âge pour les rendre valables, mesme retrancher l'excès des dots et des pensions des religieuses. )) Il pensait que les vœux devaient être fixés à vingt-cinq ans et que, l'envie de mettre les filles en religion venant des pères, faute de pouvoir doter convenablement leurs filles, il y -avait peut-être lieu de régler les dots des filles de telle sorte que les pères y pussent faire face.
(1) On doute quo les mots que nous avons placés entre crochets soient de Colbert. Ils sortent en effet de ses habitudes de langage. Nous faisons observer toutefois que les désordres qui se produisirent à cette époque dans certains couvents suffiraient à les jus* tiûer.