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i/aHrwjntoiidn de « Ou trouvc, dit Abraham du Pradel, des auberges réglées, dans presque tous les quartiers de Paris , où l'on mange plus ou moins somptueusement selon la dépense que l'on y fait. Dans quelques-unes on ne paie que 10 sols par repas ; mais il y en a d'autres à 15, à 20, à 30
et même à 40 sols. »
Le r«pas des bom- Aiusi, pour cct hommc du temps, c'est pres-
mcs de condi- * ^ *
*'^°- que un étonnement qu'il y ait des auberges ré-
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glées, c'est-à-dire tenant tables d'hôtes à prix fixe, où Ton puisse, dépenser jusqu'à 40 sols. Ce repas admirable de 40 sols est donc celui des riches, des gourmets, des délicats ; ce serait un dîner d'environ 10 francs d'aujourd'hui.
Il y avait certainement des traiteurs chez les-. Les nuèrs qbs. quels la dépense allait au delà. C'étaient ceux qui étaient renommés pour les dîners fins, ceux que hantaient les marquis à perruque blonde, les seigneurs en bonne fortune. On connaît leur nom et leur adresse peu digne sans doute de passer à la postérité : Clossier, à la Gerbe-d'Or, rue Gervais-Laurent ; Blanne, à la Galère, rue de la Savaterie; Tessier, au Goîn-Saint-Paul ; Cheret, rue des Prouvaires ; Bédoré, au Petit- Panier, rue Tirechape. On ne peut s'empêcher de sourire à cette nomenclature et en songeant qu'il s'est donné de galants a cadeaux (1) » rue Tirechape.
Les fameux repas à 40 sols cités plus haut se prenaient surtout à r.hôtel de Màntoue, rue Montmartre, chez un sieur de la Motte , dont l'établissement était sans doute en grande réputation.
(1) Cadeau était alors synonytno de festin, de repas élégant et riche.
UB LA SOCIÉTÉ ET iA VIE AU XVIP ^ÈGUB'
Les repas des On d^iit pouF 80 sûls (pèus 4e 7 fraûcs
gens aises. ^ . ^'^^
d'auîourd'Jnui) à ràétel 4e dbâl,oauu:ieux , rœ Saint- Aiidiré et au pg^tit ihofasl 4e Jjuyaes^ rue
Ou dînait pour 20 sols an Petit-tSàiiil-Jeaiu dans cette même rue Gît-le-Gœur; chez Vilain, rue des Lavandières, à la Galère; rue S§tint-Denis, àla Croix-de-Fer ; rue Saint-Martin, au Pressoir-d'Or.
Il y avait quantité d'hôtels où le repas coûtait
15 sols : citons rHôtel-Gouronné , rue de Sa-
voyelle Petit-Trianon^ rue Tiquetonne; la Samaritaine, rue de la Rose.
Presque partout on trouvaii à dîner copieusèment pour 10 sols ; certaines auberges avaient même trois tables différentes, selon la dépense des clients : à 30 sols, à 20 sols, à 15 sols.
Ce sont encore là des repas pour les gens jouissant d'une certaine aisance.
Le repas des pc- Lcs pcrsonues moius aiséos trouvaient dans
tous les quartiers de Paris de petites auberges où Ton donnait ce à suffisance ». pour 5 sols^ de la soupe, de la viande, du pain et de la bière.
Ce repas à 5 sols n'était pas encore celui du
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pau.vre. La viande, hélas, n'entrait que bien rarement dans le menu du travailleur, et l'on se ^ • rappelle encore le temps où nos ouvriers n'en mangeaient que bien rarement. L'auteur auquel nous empruntons ces renseignements, se contente de dire que c'était là l'ordinaire des gens « de t'rès-médioore dépense. »
Quant aux cabarets, on pense bien qu'ils us cabarets à u
moda.
n'étaient pas rares. Nous savons d'ailleurs que les plus grands personniages ne dédaignaient pas de les hanter ; il y avait certainement des cabarets de bon ton : celui du fameux Crenet d'abord, à l'enseigne si célèbre de la Pommede-Pin, et qui était situé rue de la Juiverie, près du pont Notre-Dame^ vis-à-vis Téglise de la Madeleine. Crenet était un personnage ; il est quaUfié dans certains actes : l'un des douze, anciens marchands privilégiés suivant la cour^ Crenet a été maltraité, injustement, assure-t-on, par, Boileau ; celui-ci se montra moins sévèreu pour un autre cabarelier qui n'eut pas moins de réputation : Boussingault. On n'a pas oublié ces vers ;
« J'ai qu$itorze bouteillos «< D'un vin vieux... Bouasingault n*en a point de pareilles. »