TABLEAU ANALYTIQUE DES ESPÈCES FRANÇAISES
\ Rebord latéral du thorax cessant avant l'angle postérieur. . 2
/ Rebord allant jusqu'à la base 3
i Tête et thorax bleus. Élytres d'un vert doré, avec une teinte
e ) pourpre sur les côtés C sycophanta
" i En entier d'un brun bronzé, rarement bleu ; intervalles
' fortement ridés C. inquisitor
CA.RABIDES 51
Dessus noir, assez luisant. Élytres larges. Rides transver-
! sales très fines; gros points (souvent métalliques) assez faibles C. Mnilerae.
De-sus brun noir, un peu mat ; élytres peu élargies, parai lèles. Rides transversales très fortes ; points métalliques plus profonds C. auropundalum.
1. C. inquisitor Linné {fig. 7ï). — D'un brun bronzé, assez brillant en dessus, avec le bord latéral des élytres cuivreux ; quelquefois, mais rarement, d'un bleu foncé, sans bordure métallique. Tête et thorax finement ridés. Stries des élytres à ponctuation serrée ; intervalles fortement ridés en travers, les quatrièmes, huitième et douzième, à séries de gros points cuivreux enfoncés. Long. 14-18 millimètres.
5 Les quatre premiers articles des tarses antérieurs feutrés en dessous.
Bois et taillis, sur les branches, chassant les F4a- 7i-
chenilles. Vole en plein jour. Ca/osow,rt ingui8itor L
Larve. — D'après Érichson, à part la taille, qui est plus petite, la larve du C. inquisitor est semblable à celle du C. sycophanta. {Archives de Wiegm. 1841, p. 72); voici d'ailleurs un résumé de la description très complète qu'en a donnée notre savant collègue, M. de Lapouge {Bull, de la Soc. scient, et méd. de l'Ouest, 1908, p. 161). "
Subparallêle, six fois aussi longue que large, brune, souvent une petite tache orangée entre les cerques, labre bien développé, recouvrant la base des palpes labiaux. Antennes et palpes remarquablement courts ; article terminal des palpes labiaux ovoïde, un peu aplati à l'extrémité, où l'on distingue deux orifices palpaires elliptiques, placés en accent circonflexe. Tergites larges, les lobes décurreuts, à peu près nuls, même aux derniers tergites. Angle du telson à peine saillant, faiblement acuminé.
Cerques très grêles, presque rectilignes, à peine relevés au premier tiers, divergents, égalant trois fois la longueur du protelson.
M. de Lapouge fait également remarquer que la larve décrite par Schiôdte [NaturMsl. Tidsshrift, T. IV, 1866-67, p. 482) se rapproche plutôt de sycophanta que (Y inquisitor.
Bretagne : Vannes, Bernons. Plaudren (Grif/Wi) ; Le Four-Rouge, près Rennes (l'abbé Michalel) : forêt de Rennes, bois de Cieé et de Laillé [L. Bleuse); bois des Gayeulles, en mai, très nombreux exemplaires (R. Oberthtir) ; même localité (C. Houlbert. J. Guérin). — Finistère : Santcc, en Roscoft', très rue Hervé . — Loire- Inférieure : (Pradal) ; le type et sa var. cœruleum R.ig. (J. Péneau — Mayenne :
Astiltë (R. de la Penaudière). — Anjou : Commun parlouÉ (Millet); environs de Sauhiur, Cli mpigny (Gtist. Abut). — Manche : Saint-Hilaire-du-Harcouët [Fauvel). — Sauthe (hesporles
2. C. sycophanta L. — L'un des plus beaux insectes de nos pays. Tète et thorax d'uu bleu foncé ; élytres d'un beau vert doré, cuivreux sur les côtés. Dessous et pattes noires. Élytres à stries nombreuses, ponctuées ; les intervalles finement ridés, les quatrième, huitième, douzième, à séries de points écartés. Long-. 25-27 millimètres {fig. 75).
5 Les trois premiers articles des tarses antérieurs dilatés et garnis de brosses en dessous.
Sur les chênes et même sur d'autres arbres, faisant la chasse aux chenilles, particulièrement aux chenilles processionnaires.
Cal. sycophanta (— ab anthracinum Lap.). — Noir, à reflets olivâtres très faibles, comme chez le Maximoviczi japonais, auquel il ressemble beaucoup. Diffère de la variété noire, déjà décrite d'Allemagne, par ses pattes qui sont normales et non rouges.
Très rare. — Loire-Inférieure : La Baule ; Le Pouliguen, dans les liois de pins. {de Lnpouge, in littefis).— Maine-et-Loire: Saint Rémy-la-Varenne [R. du Buyssoh.
Larve. — La larve atteint environ 40 millimètres de longueur; le dessus de son corps est d'un beau noir lustré, qui donne à ses anneaux un aspect corné, bien qu'ils soient mous. Sa bouche est armée de deux fortes mandibules recourbées en croissant l'une sur l'autre (Réaumtjr, Mém. sur les Insectes, t. II).
M. de Lapouge donne, en outre, sur cette larve les détails suivants :
Corps obèse, à flancs charnus très renflés ; le disque du telson est presque orangé. Gerques noirâtres, de la longueur du protelson, non coudés, au niveau de l'épine interne.
Au premier âge, les caractères de cette larve sont sensiblement différents, surtout quant au mésolabre, qui ressemble à celui de Yinquisilor, et des Nébries ; d'ailleurs, les variations des larves aux différents âges paraît plus grande chez les Galosomes que chez les Carabes [Bull de la Soc. scient, et mécl. de V Ouest, 1908, p. 159).
Ces larves pénètrent dans les nids des chenilles procession -
Galnsomn sycophanta I,
CARABIDES
naires et dévorent toutes celles qu'elles y trouvent ; elles n'épargnent même pas les chrysalides. Il paraîtrait également que leur gloutonnerie est telle qu'elles ne cessent de manger que lorsqu'elles sont sur le point d'éclater ; elles sont alors incapables de se mouvoir, et deviennent souvent la proie de plus jeunes larves qui les dévorent à leur tour.
La larve du C. sycophanta vit généralement sur le chêne; niais, d'après Boisgiraud, elle ne serait pas rare non plus dans le midi de la France sur le peuplier. M. Desmarets a confirmé cette observation et M. Brullé l'a aussi rencontrée sur le bouleau {Brullé).
Elle s'enfonce en terre pour se transformer en nymphe. et l'insecte parfait met peu de temps à sortir.
Bretagne : La Cliesnay*, près Vannes ; forêt d'Elven ; forêt de Renn> s (Grif/ilh) ; mêmes mœurs que le précèdent, quelquefois isolé dans la campagne, forêt de Rennes, bois de Cicé et de Laillé (L. Bleuse); Rennes, Bois-Rondel, dans un jardin (Houlbert) ; forêt de Quimpeflé (Boyer et Rémy) ; Locmariaquer (Grifpth). — Finistère : Porsan- Irez et près de la gare, en Saint-Martin : Kerozar, -en Ploujean, très rare (Hervé). — Loire-Inférieure: Environs de Touffou (J. Péneau). —Mayenne : École d'Agriculture de Beauchêne (.1/. Salmon) ; Chéméré-Ie-Roi, rare (J. Daniel) ; bois de l'Huisserie, très raie (E. Labbé). — (Maine-et-Loire: Combrée, lin juin ; Lue., Fontaine-Milon, La Maulevrie, près Angers {Allard, R. de la Perraudière) ; très commun par années (Gallois) ; environs de Saumur (Les Tuffeaux (Gttst. Abot). — Vendée : Sur les buissons à la recherche des chenilles, commun (?) (Ch.Blaud) ('). — Manche : Dunes de Gouville (Monnol) ; Lingreville, un seul individu mort trouvé sur le littoral (l'abbé (kl. Pasquel). — Sarthe : Le Mans, en plein jour, dans une salle d'étude du Lycée {Monnol).
3. C. auropunctatum Dej. (— sericeum Fab. = indagator Gyll.)- — Oblong, parallèle {fig. 16). D'un brun noir, presque mat, ayant quelquefois un faible retlet bronzé. Tête et thorax très finement rugueux, ce dernier à côtés très arqués. Flytres peu élargies, allougées, couvertes de rides transversales assez fortes, semblables à des écailles imbriquées, laissant voir difficilement les fines lignes de points qui remplacent les stries ; gros points en séries assez forts, cuivreux. Long. 25 millim.
5 Jambes intermédiaires et postérieures fortement arquées.
Surtout dans les dunes et plaines sablonneuses.
Fig. -c,.
Calosoma aurojiunc ■ latum bpj.
(1) Nous faisons toutes réserves au sujet du travail de m. Ch. Blaud qui contient certainement une foule d'erreurs et où l'on trouve dos renseignements dénotant une ignorance complète, des questions d'habitat chez les Carabique?.
Fig. 77.
Larve. — M. Lucas {Insectes de Vexpéd. de l'Algérie, t. I, p. 2, 1844) dit avoir observé, en Algérie, la larve du C. auropunctatum, et en donne uDe description (fig. 18). D'après M. Valéry Mayet (Ami. Soc. Ent. 1887, clxxiv), il s'agirait plutôt d'une larve de Carabe, probablement le C. morbillosus Fab., car le C. auropanctatum ne s'est jamais rencontré en Algérie.
La larve du Cal. auropwictatum a été très bien décrite et figurée par Scbiôdte (Naturhist. Tidsskrift. T. IV, p. 480, pi. xvi, fig. 15), sous le nom de C. sericeum.
Larve allongée, environ cinq fois plus longue que large, légèrement déprimée, noire en dessus, brillante et irrégulièrement réticulée (fig. 77). Antennes plus courtes que les mandibules. Palpes maxillaires coniques, épais et très courts. Pattes d'un brun noir, ferrugineuses à la base. Cerques jaunâtres, noir à l'extrémité.
Par ailleurs, la description de Schiôdte se rapporte Larve du caio- parfaitement à une larve que M. Léveillé a capturée à
soma auro- r n r ,
vunctatum Erdeven (Morbihan) et qui, sans aucun doute, d après scHiôimT68 l'auteur de l'article, est bien celle du C. auropûnciaium (loc. cit.).
Côtes du Morbihan (Bédel); prés tourbeux de Quiberon, commun (Pradier) ; entre Séné et Montserrac (Taslé) ; Lorient (Boyer et Rémy). — Loire-Inféhieure (Pradal). Recueillie à Nante:> et à Quiberon pur Pradier et signalée sous le nom de C. indagalor Fab. par Fairmaire et Laboulbène (Faune entomologique française, p. 18) (J. Péneau, in Catal p. 128K — Angers, prairies du bord de la Maine, sous les foins, après la fauchaison (Millet) ; Beaufort (de la Peiraudièrc et de Romans).
4. C. Maderae Fab. (= indagalor Fabr.). — D'un noir foncé assez luisant. Plus grand et plus élargi que le précédent. Rugosités de la tète et du thorax excessivement fines. Élytres larges, paraissant lisses à vue simple ; rides transversales très légères, laissant apercevoir les lignes finement ponctuées ; points brillants très faibles. Long. 2y-31 millimètres {fig. 79).
5 Tarses antérieurs dilatés et garnis de brosses
eu dessous. Champs cultivés, à la recherche des
N s?eP dVcato- chenilles, des orthoptères, etc. Très rare.
Vunctatum." Cette espèce a été confondue, par les auteurs,
avec la précédente, de sorte que nous ne possédons
aucun renseignement précis sur son habitat. Gallois ne la cite
Fig. 78.
CARABIDES
pas ; Grii'fith, sur la foi de Fairmaire et Laboulbène, attribue au Maderœ les localités de ïauropunctalum.
cit.) la des-
Fia. 7y.
Calosonta Maderœ, Fal.i
Larve. — Voici, d'après M. Valéry-Mayet (loc cription de la larve du C. Maderœ.
Longueur à l'état adulte : 3 à 3 1/2 centimètres ; largeur 8 millimètres. Corps de couleur noire, avec des reflets bronzés ou violets, surtout sur les segments abdominaux. Tête moins large que le thorax, front excavé en dessus, surtout entre les ocelles, qui sont au nombre de six, portés sur un tubercule qui est séparé du front par une pointe obtuse; partie antérieure de la tète prolongée en un chaperon coupé carrément au-dessus des mandibules, terminée par une échancrure médiane, dans laquelle se voient deux pointes aiguës. Antennes courtes (2ram) de quatre articles. Mandibules relativement courtes, moins recourbées et moins tranchantes que celles des larves de Carabes, aiguës à l'extrémité et armées, à leur base interne, d'une dent recourbée et finement dentelée sur son tranchant, Palpes labiaux de deux articles. Les articles des antennes et des palpes sont bruns de poix, avec l'extrémité fauve. — Segments thoraciques généralement noirs ou faiblement bronzés, entièrement protégés, en dessus, par une plaque chitineuse transversale, rectangulaire ; un sillon longitudinal traverse ces trois plaques dans toute leur longueur. Pattes courtes (5 à tfmm) robustes, épineuses, terminées par deux ongles aigus- — Segments abdominaux au nombre de dix, y compris le segment anal, recouverts chacun d'une plaque chitineuse d'un noir violet ou même bronzé, partagée par un sillon médian qui ne dépasse pas le huitième anneau. Neuvième segment armé de deux pointes granuleuses divergentes, munies en dessus, à leur base, d'une forte épine. Stigmates arrondis, au nombre de neuf.
Cette larve (du moins dans le midi de la France et en Algérie) se trouve, de mars à juin, sous les pierres et les tas d'herbes fanées, dans les endroits humides, avec l'insecte parfait.
Avant de terminer l'étude du genre Calosoma, il ne sera sans doute pas inutile de donner, d'après le même auteur quelques mots sur les différences qui existent entre les larves de Calosomes et celles des Carabes, qui ont été souvent confondues.
FAUNE ENTOMOLOGIOUE ARMORICAINE
CALOSOMA
CAKABUS
Echancrurc du bord antérieur de la tète garnie de deux pointes.
Tète et segments thoraciques assez longs.
Plaques chitineu>es dorsales des segments abdominaux se terminant latéralement par un repli triangulaire noir descendant sur les flancs.
Cinq plaques ventrales médianes par anneau, une grande antérieure et quatre postérieures.
l'ointes dorsales du neuvième segment abdominal incurvées vers le bas, plus longms, plus grêles, plus divergentes, surtout chez les jeunes sujets.
Une seule pointe dansl'écharvcrure céplialique.
Tète et segments Iboraciques plus courts.
Plaques chitineuses plus élargies transversalement, sans repli triangulaire noir.
Plaques ventrales au nombre de quatre les deux postérieures intermédiaires étant soudées ensemble.
Ces pointes courtes, épaisses, dilatées à la base, incurvées vers le haut, parfois arquées iutérieurement en forme de tenailles.
2e Genre : CARABUS Linné.
Ce genre est Tun des plus beaux de la famille des Carabideeei,
en même temps, l'un des plus nombreux. Les Carabus sont généralement d'assez grande taille ; beaucoup sont ornés de belles teintes métalliques. La forme, la taille, la couleur subissent souvent, dans la même espèce, suivant les localités, les plus grandes variations (flg. 80).
Ce genre a pour caractères principaux :
Corps de taille le plus souvent au-dessus de la moyenne ; ailes nulles ou rudimentaires. Tête de grosseur variable ; dent du menton pointue ; labre bilobé ou trilobé ; mandibules lisses en dessus, légèrement arquées, tranchantes, n'ayant qu'une dent à la base. Thorax presque carré ou cordiforme. Élytres de structure variable. Pattes longues, robustes.
5 Tibias intermédiaires garnis, eu dehors, d'une frange étroite de soies rousses, en nombre variable, suivant les groupes. Tarses antérieurs dilatés.
Les Carabes sont plutôt nocturnes ou crépusculaires ; néanmoins, on en rencontre souvent courant en plein soleil. Généralement, pendant le jour, ils restent blottissons les pierres, les mousses, les écorces, et ne sortent que le soir ou le matin pour
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se mettre à la recherche de leur nourriture. Ils sont exclusivement carnassiers et détruisent des quantités considérables de mollusques et d'insectes nuisibles. Ce sont donc des insectes éminemment utiles, que l'on devrait protéger et propager le plus possible dans l'intérêt de l'agriculture.
Lorsqu'on les saisit, ils rejettent, par l'anus, un liquide caustique qui peut causer une douleur cuisante s'il atteint les yeux. Quant au liquide noirâtre et fétide qu'ils sécrètent, par la bouche ce n'est rien autre qu'un produit de la digestion mêlé de salive, et par suite inoffensif.
Les larves des Carabes sont relativement peu connues ; elles sont, en général, allongées, assez coriaces, d'un noir foncé en dessus; l'abdomen est terminé par deux cornes divergentes, souvent birameuses. Nous reviendrons d'ailleurs sur ce sujet chaque fois que nous eu trouverons l'occasion.
Le genre Carabus est remarquable par son homogénéité : il en résulte que les espèces, bien que très variées, ne se différencient les unes des autres que par des caractères peu tranchés; en outre, dans certaines espèces, les variétés sont en nombre considérable, lors même qu'on ne tient pas compte des différences de coloration.
La classification du genre Carabus présente donc de grandes difficultés ; dans le but de les aplanir, il a été morcelé et divisé en un certain nombre de sous-genres sur la valeur desquels tous les auteurs ne sont pas d'accord.
En ce qui nous concerne, nous nous contenterons de présenter un tableau aussi simple que possible de ce genre difficile, en nous bornant aux espèces qui composent la Faune armoricaine actuellement connue.