PREMIÈRE FAMILLE
CICINDELETES. CICINDELIDjV. Latreille, 1802.
Histoire naturelle des Insectes.
Les Coléoptères de cette famille se reconnaissent à leurs mâchoires terminées par un onglet articulé et mobile, à leur languette dépourvue de paraglosses, très-courte et ne dépassant pas le bord antérieur de l'échancrure du menton; à leurs palpes labiaux quadriarticulés, leur support étant allongé et libre; à leurs mandibules allongées, courbées, très-aiguës et fortement dentées au côté interne; à leurs yeux grands et saillants; à leurs antennes presque toujours simples, filiformes; à leurs pattes longues, grêles, ayant constamment les jambes antérieures dépourvues d'échancrure, insérées sur les côtés d'un sternum assez comprimé, et portées sur une grande rotule; enfin à leurs tarses toujours de cinq articles.
De tous ces caractères, la brièveté de la languette et le nombre insolite des articles des palpes labiaux sont les seuls qui soient constants : tous les autres présentent des exceptions, ou se retrouvent chez un plus ou moins grand nombre d'espèces de la famille des Carabiques.
Cependant, malgré ces rapports nombreux* et incontestables avec les Carabiques, les Cicindélètes ont un faciès particulier, des habitudes tellement caractérisées, surtout en ce qui concerne la rapidité de leur course, et la facilité avec laquelle celles qui sont ailées prennent leur vol, qu'à partir de Linné, inclusivement, tous les entomologistes n'ont jamais hésité à en faire un groupe à part, et a lui donner, à peu d'exceptions près, la même valeur qu'à celui des Carabiques.
On ne connaît les métamorphoses que d'un petit nombre d'espèces de Cicindélètes, et l'on a pu '•onstater que les larves, aussi bien que les insectes parfaits, sont essentiellement carnassiers. Quelques points de l'anatomie de ces Coléoptères ont été étudiés, ainsi que uous le dirons en parlant du
ire Cicindèle, et nous compléterons alors nos généralités sur les insectes de cette famille.
Les Cicindélètes, qui originairement ne formaient que le seul genre Cicindela de Linné, comprennent plus de cinq cents espèces, une trentaine de genres, et ont été partagées en plusieurs tribus distinctes.
M. Lacordaire, dans un travail assez récent sur ces insectes (Mémoires de la Société de Liège, lv 12), admet cinq tribus que nous adopterons.
PREMIÈRE TRIBU
MANTICOIilDES. MANTICORWJE. Castelnau, 1834. Ktudcs cntomologiques.
Tète grosse: palpes égaux en longueur : le premier article des labiaux ne dépassant pas ou ne issant que très-légèrement l'échancrure du menton, celle-ci munie d'une forte dent; yeux petits, arrondis; les trois premiers articles des (uses antérieurs, tantôt simples dans les deux sexes, tantôt dilatés dans les mâles; jamais d'ailes membraneuses sons lesélytres.
Cette tribu ne se compose que de quatre genres.
ri
HISTOIRE NATURELLE
1er GENRE — MANTICORE. MANTICOIU. Fabricius, 1791
Species Insecioram.
M»«r.'»M3i^ actmal fabuleux armé de grosses dents.
Tête grande, aplatie sur le front; palpes grands, à dernier article un peu sécurifornie; mandibules fortes, arquées, plus longues que la tète; antennes minces, filiformes, à troisième article allongé et anguleux; yeux petits, arrondis et Deu saillants; corselet de même longueur à peu près que la tète, et comme divisé par un sillon transversal; élytres soudés, larges, plans en dessus, fortement chagrinés, abords latéraux carénés et légèrement dentelés; pattes grandes et couvertes de poils roides, serrés; les trois premiers articles des tarses antérieurs simples dans les deux sexes.
Les Manticores ont, au premier aspect, quelque ressemblance avec les grosses Araignées du genre Mygale, ou plutôt avec la plupart des espèces de Coléoptères du genre Antbia. Ces insectes sont d'ailleurs remarquables pour leur grande taille; ils sont entièrement noirs, courent avec assez de vivacité sur le sable, se cachent sous les pierres, et se nourrissent d'insectes. On n'en connaît que cinq espèces : le Mnnticora max'itlosa de Fabricius, le Mafiticora tatipennis décrit, en 1837, par M. Waterhouse; enfin depuis peu M. Klug a fait connaître trois espèces nouvelles, les Mavticora granulata, scabra et Hercutkana; toutes sont de l'Afrique australe.
Fig. 33 — 31.
maxillusa.
Fig. 35. — M. yranul-ata
Fie. 34. — M. scabra.
Fi::. 56. — .V. Uerculeana.
Fi^. 57. — M. latipennis.
2me GENRE. — PLÀTYCIIILE. PLATYCHILE. Mac Leay, 1825.
Annulosa Javanica.
ID.arj;, large; y.zO.os, lèvre.
Ttte enfoncée jusqu'aux yeux et de forme presque carrée; palpes labiaux a premier artiele presque égal au suivant; mandibules n'ayant que deux fortes dents situées à la base; yeux arrondis; corselet à angles saillants ; élytres non soudés ; les trois premiers articles des tarses dilatés chez les mâles.
Ce genre, confondu par Fabricius avec les Manticores, en diffère peu, il a les mêmes habitudes, et se trouve dans les mêmes localités. La seule espèce connue est le Plaiijchile pullula (Mac Leay), qui se trouve au cap de Bonne-Espérance.
Fig.38 — Platychilc pallida.
31»' GENRE. - âMBLYCHEBLE. AMBLYCHEILA Say, 1834.
Transactions american philosophai Society.
Au.Ç>.j/e'.>.r,;. qui a les lèvres olituscs.
Tête forte, un peu plus longue que le corps; palpes à dernier article Bécurifonne : les labiaux n'atteignant pas la longueur des maxillaires, le premier article caché entièrement par le menton, et le second ne demi pas la dent de l'écbancrure du menton, le troisième très-allongé,
et le quatrième presque aussi long; mandibules grandes, arquées, a trois dents très-fortes; labre eu arc de cercle, fortement sinué ou
échancré dans son milieu; les bords de l'éelianerure avancés en deux
petits lobes; antennes filiformes a88ez longues; pattes allongées, ro-
bnstes, .< tarses moins longs que les jambes; élytres ovales, carénés F,g 59. — Amblychula eylin-
latéralemenl aux deux cinquièmes de leur largeur, soudés; pas d'ailes. iri(brm$.
IHSTOlltK NATURELLE.
Les Amltlijcheilcs, ainsi que les Omus, représentent, clans l'Amérique du Nord, les Manticores de l'Afrique australe, et ont avec eux quelques rapports; toutefois, leur forme générale est aussi allongée que celle des insectes de ce dernier genre est large et tourte. La seule espèce qui entre dans ce groupe est VAmbhjcheUa cyUndriformis de Say; car, ainsi que l'a démontré M. Lacordaire, on doit réunir à cette espèce YAmblycheila Piccolomimi de M. Reiche.
4me GENRE. — OMUS. OMUS. Eschseholtz, 1820.
Zoologischer allas.
Ou.o;, cruel.
Fig 40. — omus Uejann.
Tète presque carrée; palpes égaux, les labiaux à premiers articles très-courts, le troisième long, sécuriforme; mandibules très-longues, pointues, la droite avec deox dents, la gauche avec trois; lèvres tridentées; antennes insérées sous un prolongement en avant des yeux, filiformes, de onze articles; pattes peu allongées, fortes, les postérieures plus longues que les antérieures; tarses allongés, filiformes, à crochets grands et arqués; élytres bombés, ovalaircs, embrassant l'abdomen, et soudés.
Ce genre, avec lequel celui des Amblycheiles a été longtemps confondu, établit le passage sériai des Manticores aux Mégacéphales : il comprend trois espèces, toutes propres à l'Amérique du Nord, VOmus Californiens Eschseholtz en est le type.
DEUXIEME TRIBU
MÉGACÉMALIDES. MEGACEPHALIDjE. Castelnau, 183Ï.
Éludes entomc-logiqu.es.
'fête grosse ou médiocre; palpes labiaux plus longs que les maxillaires, leur premier article déjiassant toujours fortement l'échancrure du menton, celle-ci munie d'une dent plus ou moins forte; \<ux petits chez les uns, grands chez les autres; les premiers articles des tarses antérieurs dilatés chez les mâles; des ailes sous les élytres chez presque tous.
Peu de genres entrent dans cette tribu; les deux principaux sont ceux des Oxycheiles et des Mégacéphales.
1" GENRE. — OXYGHE1LE. OXYCHE1LA. Dejean, 1825.
Speciès général des Coléoptères.
0;j;, aigu; y.etXo;, lèvre.
Tète moyenne, un peu allongée; palpes labiaux aussi longs que les maxillaires, les premier et troisième articles allongés, le deuxième court, le quatrième sécuriforme ; lèvre supérieure très-grande avancée en pointe et recouvrant les mandibules; antennes filiformes, grêles; yeux saillants latéralement, mais nullement en dessus; corselet de la largeur de la tête, recouvrant t'éensson, dont la pointe dépasse à peine la buse des élytres ; ceux-ci un peu allongés , beaucoup plus larges que le corselet, dilatés postérieurement; p;itlcs grandes; les trois premiers articles des tarses des mâles dilatés, allongés, ciliés également des deux cotés, les deux premiers grossissant vers l'extrémité, le troisième presque en cœur.
il — (Mychcila tir tu.
On connaît dix espèces de ce genre, toutes propres à l'Amérique méridionale, et principalement au Brésil.
L'OxijcIieiln tristis Fabricius en est le type. Une espèce, Y Oxycheila aqualica, décrite par M. Guérin-Méneville, se plaît sur le bord des eaux, et, quand elle est poursuivie, elle court avec une grande facilité sur l'eau et va gagner d'autres abris : elle habite les plateaux élevés des Cordilières; les habitudes des Oxyeheiles sont, du reste, les mêmes que celles des Cicindèles; seulement leur vol est plus lourd et leur course moins rapide. Enfin, elles se tiennent sous les pierres pendant les grandes chaleurs; et, quand on les saisit, elles font un bruit aigu, causé par le frottement des cuisses postérieures contre, le bord des élytres. M. Chaudoir (Bulletin soc. de Moscou, 1848) a fait récemment connaître une nouvelle espèce de ce genre, Y Oxycheila oxygonia de l'intérieur du Brésil.
2m* GENRE. — PSEUDOXYCHEILE. PSEUDOXYCHEILA. Guérin-Méneville, 1838.
Dictionnaire pittoresque d'hisioire naturelle. Oxycheila, Oxycheile; Veutfo;, faux.
Tète notablement plus grosse que celle des Oxyclicila, un peu renflée sur les côtés, en avant; labre très-grand, rétréci dans sa moitié antérieure, qui forme une épine très-forte, dentelée sur los bords; yeux très-petits; les trois premiers articles des tarses antérieurs plus fortement dilatés, plus ciliés à leur côté interne qu'en dehors.
Le genre Pscudoxycheila. créé par M. Guérin-Méneville comme subdivision des Oxycheila, a été caractérisé d'une manière complète par M. Lacordaire, qui lui a assigné la dénomination de Centrocheila (y.svTpov, aiguillon; ynXo;, Mémoire soc. Liège, 1842). Une seule espèce entre dans ce groupe, ';• C'uindcla bipustulata Latreille, qui se trouve sur les bords du fleuve des Amazones, et en Colombie.
Fi;;. -i2. — l'sendoryckeihi bipustulata.
ome GENRE. — EURYMORPHE. EURYMORPHA Ilope, 1840.
Coleopterist's manual.
E'jpu;. larjre; {Mp«pm, forme.
Télc grosse, velue, rétrécie en avant des yeux, à peine un peu plus large que le thorax; labre transversal, très-court; mandibules plus longues que la très -aiguës, quadridentées intérieurement; palpes maxillaires un peu plus courts que les labiaux : leur dernier article légèrement dilaté à son extrémité, plus court que l'avant-dernier ; une forte dent au milieu de l'échanernre du menton ; antennes un peu plus longues que la moitié du corps; yeux grands, saillants; corselet transversal, parallèle sur les côtés; écusson triangulaire; élytres courts, fortement élargis en arrière; pattes longues; de la longueur des jambes.
La patrie de Y Eurymorpha cyanipex, seule espèce placée dans ce genre, est inconnue. M. Hope suppose qu'elle est originaire de Madagascar.
iy. 43. — Curymorpha
cynanipes (grossie d'un tiers).
4m' GENRE. - KECACÉPHALE. MEG ACE Pli A LA. Latreille, 1803.
IliMnire naturelle des Insectes.
Miya;, grnml /.-.-/.■ r t. h-.
,-rosse , palpes labiaux allongés, plus longs que les maxillaires : |e premier arli< le allongé, le
HISTOIRE NATURELLE
second très-court, le troisième très-long, cylindrique, et le dernier sécurifonne ; lèvre supérieure transversale ou peu avancée, laissant les mandibules à découvert ; yeux assez grands, arrondis; élytres à peu près de la largeur de la tète, plus ou moins allongés; pattes fortes, allongées; les trois premiers articles des tarses des maies dilatés, courts, presque en forme de triangle renversé, '•iliés plus fortement en dedans qu'en dehors.
Fi^' 44. — il. quairisignata.
Fig. 40 — M. Senegatoisi ,
Fi?. 45. — M. tpstitudinea.
Les Mégaeéphales étaient anciennement confondus avec les Cicindèles, dont ils sont distingués facilement par la grosseur de leur tète. On en connaît environ quarante espèces, presque toutes d'Amérique, deux du Sénégal, et une, M. euphralica (Dejean), qui, d'abord trouvée en Orient, a été rencontrée sur le bord du Nil, puis en Algérie, et enfin assez récemment en Espagne, au bord d'un lac salé.
Ces insectes ont des habitudes nocturnes; et, pendant le jour, ils se réfugient dans les trous, au pied des herbes qui bordent les marais salants ou les rivières; ils volent peu ou sont même aptères; mais ils courent avec assez d'agilité sur le sable pour rendre leur capture très-difficile!
De même que les Cicindèles, les Mégacéphales répandent une odeur de rose, et, par le frottement de leurs cuisses contre leurs élytres, ils produisent un petit bruit aigu. D'après M. Lacordaire, une espèce de ce genre, M. Lacordairii (Gory), particulière à Cayenne, se réfugie dans les bouses desséchées ou dans les trous creusés par des Phaneus, et cherche à en défendre l'entrée lorsqu'elle est attaquée; dès qu'elle reconnaît que sa résistance est inutile, elle gagne le fond de sa retraite, et le seul moyen qu'on a de s'en emparer consiste à introduire jusqu'au fond du trou qu'elle s'est creuse une longue paille qu'elle saisit avec ses mandibules et qu'elle ne lâche plus ; aussi la tire-t-on facilement au dehors.
Dans ces derniers temps, ce genre a été démembré pour former de nouvelles divisions géflériques, plus ou moins [ondées, telles sont : 1° les Mégacéphales proprement dits, ou Aptema {a. privatif; -7/,u.a, vol ) (Lepelletier de Saint-Fargeau et Serville, Encyc. méth.), qui ne renferment qu'une seule espèce de Mégacéphale, privée d'ailes, Megaccphala Senegalensis (Latreille); 2° les Tetracha (nz^/'x, par quart) (Westwood, ïntrod. class. Ins.), qui ont ordinairement des mandibules avec quatre dents apicales, et des élytres subparallèles, peu convexes, plus larges que le corselet à leur base; el r>" les Àniara («wiapoç, triste) (Hope, Coleopt. manuai), chez lesquelles le labre recouvre en partie les mandibules; les antennes, assez courtes, ont a peine la moitié de la longueur du corps; on n'en connaît qu'une espèce, la Cicindela sepulcralit (Fabricius), propre à Cayenne.
Illiger [Magasin der insecten, 1807) désignait le genre Mégacéphale sous la dénomination de Gnatho (-paûc;, mâchoire).
Fig. 10. — Cicindela tenuipes.
Introduction.
Fig. II. — Goliathm cackus.
5me GENRE. — IRÉSIE. 1RESIA. Dejean, 1829.
Iconographie des Coléoptères d'Europe.
Isr,^, épervier.
Palpes labiaux très-allongés, plus longs que les maxillaires, à dernier article plus grand que le pénultième; lèvre supérieure très-grande, en demi-ovale, et recouvrant les mandibules; les trois premiers articles des tarses antérieurs dilatés, allongés, ciliés également des deux côtés; les deux premiers grossissant très -légèrement vers l'extrémité et presque cylindriques; le troisième plus court, presque triangulaire. *
Ces insectes, qui sont très-rares dans les collections, ressemblent, pour le faciès, aux Tbérates : on les trouve sur les arbres; ils volent avec facilité de feuille en feuille. On n'en a décrit que cinq espèces, dont VIresia Lacordairit, Dejean, est le type, et toutes proviennent du Brésil.
Fis. 48.
/. Lacordairii.
TROISIEME TRIBU
CICINDÉLIDES. CICINDEL1DJE. Stephens, 1827.
Illustrations britann. enioraol.
Tête médiocre; palpes maxillaires un peu plus longs que les labiaux ou au moins aussi longs ; le premier article de ces derniers dépassant en général l'écbancrure du menton ; celle-ci munie d'une dent plus ou moins forte; yeux grands, allongés ou réniformes; les trois premiers articles des tarses antérieurs dilatés dans" les mâles; corps le plus souvent ailé.
Cette tribu, excepté les genres Callidema et Myrmecoptera, est entièrement formée avec le genre Ckindela de Linné, dans lequel nous indiquerons, comme sous-genres, un grand nombre de groupes génériques créés par des entomologistes modernes.
1" GENRE. — CALL1DÊME. CALLIDEMA. Guérin-Méneville, 1843.
Revue zoologique.
Ka/.o;, beau; Siu.y.;, taille, corps.
Corps allongé, cylindrique, ailé ; tête grosse; palpes égaux en longueur, terminés par un article légèrement renflé; labre avancé, triangulaire; antennes courtes; yeux gros, saillants; pattes de longueur moyenne; tarses à peine un peu plus longs que la jambe, simples; cuisses postérieures ne dépassant pas le bout des l'Iytns.
On connaît la larve de la Callidema Boiuringaultii de Guérin-Méneville, seule
ce pUu ee dans i e genre, et qui a été rapportée de la Nouvelle-Grenade par
M Gondot. Cette larve se distingue de celle de la Cic. campestris par le nombre
des tubercules placés <lr chaque côté de la tête et Bervant d'yeux. La Cic. eantr
pestrit en i trois de chaque côté; la Callidéme n'eu ;i que deux; mais ils sont
icoup plus gros, listes et luisants comme ceux «1rs araignées, et bordés d'un
cercle jaune; du reste «rite larve est aussi très-carnassière, et \it à la manière
• elle des Ck indèles; l'insecte parfait ne vole pu.s, quoiqu'il ait dis ailes.
Pig. 4'J. — C. (ouum-
gaulHi lia BU double).
HISTOIRE NATURELLE
l'ig. 50. — C. campai) u.
ime GENRE. — CICINDÈLE. CICINDELA. Linné, 1755.
Syslema naturx.
Cicindela, mouche métallique. (Pline.)
Tôle grande, plus large que le corselet; palpes à peu près de la même longueur, le dernier article des labiaux grossissant un peu vers l'extrémité; mandibules allongées, quadridentées au côté interne; antennes longues, filiformes; corselet presque carré; écusson triangulaire, élytres arrondis à l'extrémité; pattes longues, cuisses inermes, tarses filiformes, non sillonnés en dessus. Chez les mâles, les trois premiers articles des tarses antérieurs dilatés, allongés, presque cylindriques, ou en forme de quadrilatère très-allongé.
Le genre Cicindèle est le plus nombreux en espèces de tous ceux de cette famille; car on en connaît près de trois cents, qui sont répandues dans toutes les régions du globe.
Fig. 51. — C. sylvattca.
Fig. 53. — C. trilunaris.
Fig. 52. — C. héros.
En général, ces insectes sont ornés de couleurs métalliques très-brillantes, avec des taches d'une teinte beaucoup plus claire et tranchant sur le fond. Ils ont la tête forte, plus large que le corselet, de gros yeux, des antennes presque filiformes, des mandibules allongées, terminées par un crochet aigu et quadridenté au côté interne ; des palpes velus, des ailes propres au vol, cachées sous les élytres; des pattes grêles et longues avec des tarses très-déliés. Ces insectes sont carnassiers et voraces, leur démarche est vive et légère et leur vol court, mais rapide. On les rencontre le plus souvent dans les lieux sablonneux, exposés au soleil; la chaleur augmente leur vivacité, tandis que le froid les engourdit et leur ôte en quelque sorte la faculté de voler; telles sont les C. hybrida et sylvatica, Linné, assez communes aux environs de Paris. Quelques espèces cependant ne se trouvent que dans les champs, où elles courent entre les herbes sans jamais faire usage de leurs ailes; enfin, il en est qui, comme la C. campcslris, Fabricius, vivent aussi bien dans les jardins, les champs, les sables et le bord des rivières.
M. Ch. Coquerel a annoncé qu'une espèce propre à Madagascar (C. trilunaris, Klug) pouvait marcher sur l'eau de la mer, et qu'elle devait traverser un bras de mer assez large pour se rendre dans le lieu où on l'observa.
Plusieurs espèces de Cicindèles répandent une légère odeur musquée ou de rose.
Les larves de quelques espèces indigènes ont été décrites avec soin, et Desmarest (Bulletin soc. phil ., 1801, 1805) a fait principalement connaître celle de la C. campcslris. Cette larve est longue
de vingt à vingt-deux millimètres, lorsqu'elle a pris tout son accroissement; son corps est allongé, linéaire, formé de douze anneaux; il est mou et d'un blanc sale ; la tète, le premier anneau du corps ou le prothorax, et les six pattes, ont seuls une consistance cornée; la tête est beaucoup plus large que le corps; elle a la forme d'un trapèze dont le côté le plus large est placé en arrière.