‹ Coléopteres (volume 2)Chapitre 52 sur 60 · SIXIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

SIXIÈME FAMILLE

SILPHALES. S1LPHALES. Nobis, 4850.

Les insectes de cette famille ont pour principaux caractères : les mandibules comprimées, allon> gées, terminées en une pointe forte, entière ou bifide; les antennes non coudées, habituellement courtes; le prosternum non dilaté à sa partie antérieure; les pattes non contractiles, insérées à égale distance les unes des autres, et les jambes offrant tout au plus des cils ou de petites épines; tarses de cinq articles.

La famille des Silphales renferme des espèces assez grandes; d'autres, au contraire, petites, et quelques-unes de taille moyenne. Ces insectes ne sont pas parés de couleurs brillantes, et sont habituellement bruns ou noirâtres, présentant quelquefois des taches d'une coloration rougeâtre ou jaune qui tranche parfaitement avec la couleur générale du corps. Tous, à un très-petit nombre d'exceptions près, se nourrissent de matières organisées en décomposition : ainsi, la plupart, tels que les Nécrophores et les Silphes, vivent dans l'intérieur des cadavres putréfiés des animaux, et quelques-uns font leur nourriture de champignons plus ou moins pourris. Par l'instinct que la nature leur a donné, ils trouvent facilement les matières décomposées qui leur sont destinées, et leur rôle consiste à nous débarrasser de substances qui, par leur putréfaction, pourraient devenir nuisibles à notre santé; nous dirons bientôt les moyens adroits que les Nécrophores emploient pour enterrer les cadavres de petits animaux qui, après avoir été leur pâture, doivent servir de berceau à leurs œufs et de nourriture à leurs larves. Car, en effet, c'est presque constamment dans l'intérieur de charognes, ou bien dans l'intérieur de champignons dont la décomposition est commencée, que les Silphales subissent toutes leurs transformations, quoique quelques-uns, qui sont moins carnivores, se métamorphosent dans le sein de la terre ou dans le sable. C'est habituellement dans les compagnes découvertes qu'on les rencontre; mais cependant certaines espèces préfèrent les bois et les lieux humides. On ne connaît encore les larves que d'un nombre assez restreint d'espèces, principalement de quelques-unes des genres Necrophorus et Silpha; et nous donnerons avec détail l'histoire des métamorphoses des Necrophorus hunmtor et de la Silpha obscura.

L'anatomie des organes intérieurs de ces Coléoptères, commencée par Ramdohr, a été complétée en partie par les observations de M. Léon Dufour, qui a spécialement étudié sous ce point de vue le Necrodet littoralis; nous an parlerons en donnant l'histoire du genre Silpha, et nous nous bornerons seulement à faire remarquer maintenant que l'œsophage de ces insectes est très-court et suivi d'un gésier oblong ou elliptique, que le tube intestinal est filiforme, assez long, replié sur luimême, et que le ventricule chylifique est aussi assez notablement allongé.

Aucun travail général n'a encore été publié sur les Silphales; et l'on n'en connaît qu'un nombre assez peu considérable, deux cent cinquante à trois cents espèces, réparties dans une trentaine de genres ou de divisions sous-génériques, n'ayant quelquefois que des caractères distinctifs peu faciles à saisir. Ces espèces sont répandues sur toute la surface du globe, mais sont surtout communes en Europe.

Pour nous, a l'exemple de plusieurs entomologistes allemands, les Silphales ne comprennent qu'un démembrement des Nécrophatjcs des premiers ouvrages de Latreille, qui, dans les dernières publications de notre illustre compatriote, sont devenus sa famille des Clavicornes (1). Nous n'y

(1) Latreille, en créant, dans BOA Gênera Crusiiiceorum et Insectorum, 1807, la famille des ISt'crophaifcs, y compreruit lu-itre tribut : celle» des Silphales, Nitidulaires, Scaphidilea et Dcrmestins; plus tard, dans le Règne, animal de G. tu-

Fis. 1. — Leucosctlts cinlalacln.

Fig- 2-

Oxithirea amab'dis

Fig. 3. — Megalarhina harrisii.

Fig. .r>. — Anochlla republieana,

Sïl i

plaçons que deux tribus, celles des Silphalides et des Scaphidites, qui correspondent presque entièrement aux deux grands genres des Silpha et Scapliidium.

PREMIERE TRIBU

SILPHALIDES. SILPHALIDM. Nobis, «850.

Manu, Jules terminées en une pointe entière, ou sans échancrure ni fissure; antennes généralement de onze articles, terminées en une massue le plus souvent perfoliée, composée de quatre à cinq articles; mâchoires ayant ordinairement une seule dent au côté interne; corps convexe, à forme d'un bouclier; élytres présentant au bord extérieur, chez la plupart des espèces, une gouttière fortement rebordée; tarses antérieurs souvent dilatés, surtout dans les mâles.

Les Silphalides. qui portent aussi le nom de Silphalcs, Silphalicns et Silphides, sont des insectes de taille moyenne, vivant, pour la plupart, dans les cadavres des animaux. On a quelques notions sur l'anatomie de plusieurs espèces de cette tribu, ainsi que nous le dirons en exposant i 11'.*toire du genre Silpha; les métamorphoses de plusieurs Necrophorus et Silpha sont également connues.

Ces insectes sont répandus sur tente la surface de la terre, mais les mêmes espèces ne se rencontrent pas dans des contrées fort éloignées entre elles ; quelques-unes sont propres à l'Europe et au nord de l'Afrique, elles s'étendent même sur le périple de la Méditerranée, mais on ne les retrouve pas ailleurs. L'Amérique septentrionale est le pays qui offre le plus de Necrophorus, et la plus grande espèce de ce genre est originaire de cette partie de la terre. L'Europe, au contraire, est la patrie de beaucoup d'espèces de Silpha et des genres Necrodes, Necrophilus, Sphœritç? et Agyrtes.

Peu de genres entrent dans cette tribu; nous venons de nommer les principaux.

1" GENRE. — NÉCROPIIORE. NECROPHORUS. Fabricius, 1775.

Syslema entomologiae.

Nsxpoe, mort; «pcpoç, porteur.

Palpes à dernier article plus étroit que les autres, cylindrique; mandibules arquées, édentées; antennes plus longues que la tète, de onze articles : le premier grand, les quatre derniers en massue

nwr, 1829, il n'admit plus la division des Nécrophages, et il en lit la famille des Clavicorncs, à laquelle il assigne pour caractère* : quatre palpei et des étuis recouvrant le dessus de l'abdomen dans sa plus grande portion; antennes presque toujours plu grosses rets leur extrémité, souvent même en massue perfoliée ou solide, plus longues que les palpes maxillaires, avec la base nue ou à peine recouverte; pieds D'étant pas propres à la natation; tarses, au moins les postérieurs, à articles entiers. La Camille dos (Cavicornes renferme des insectes qui n'offrent que peu de rapports entre eux, et elle est |>irti'i':e <n dix trilms, qui ont reçu les noms de : Palpeurs (genre principal, Scydaenus), Histéroïdes {Hister), Silpbales [Nearophoru* tt8ilpha), Scaphidites (Sca/ihidium), Nitidulaires (Nitidula) , Engîditea (Engi.i), Dermestins [Dcrmeitet), Byrrlnens [Uyrrhw. , Ac-inthopodes (lleterocerut) et Macrodactyles (Dryop* et Elmis). — Xous croyons, et en cela nom ne briaooi mie suivre les errements de nus prédécesseurs, tant en France qu'a l'étranger, nous croyons ne pas devoir adopter toutes les trilnis de I , -i 1 1 < ■ 1 1 1 < ; ; • j i j . - 1 < j i j • ■ unes .seront pour nous des familles distinctes, et d'autres, au conrentreront dsns des EuniDi miellés elles ont beaucoup d'affinité. C'est ainsi que les Acanthopodes et les

Haerodactyia ont été réunis -nix Bydrophiliens ei rapprochés le plus possible des Gyriniens; que les Palpeurs seront joints aux l'télapbicns, et les ËngidiU , sn moins en grande partie, aux Eroty liens; que les Silpbales et Bcapbidites forsaeroot notre uunilU des Silpbales, et que les Bistéroldes, Dermestins et Byrrbieni constitueront «les familles particude même que les Nitidulaires, que nous aurions probablement, i l'exi mple de M. de Caatelnau, placés comme simple tnliu des Silpbales, si les rco rrts ir.iv.nix d'Ericbson i/eituchrift fur die Entomologie, t. III et IV, 18'»7>-lH44, et tfatur-

'jeirliirlit' d'T hUO$l0H VtUttChlalldê, 1846), 0fl iu.Trieiil.iril i oiisnliT.'ilileiiii lit le nombre des génies de «elle division,

n'sfsient montré fimportasKS de» tarjcierci qui doivent en faire une Camille di iluu te.

HISTOIRE NATURELLE

perfoliée; tête rétrécie en arrière; yeux grands; corselet arrondi, tronqué antérieurement, aplati en dessus, légèrement tubercule, longuement rebordé; écusson grand, triangulaire; élytres plus courts que l'abdomen, assez aplatis, un peu élargis, tronqués en arrière; pattes fortes; tarses antérieurs des mâles à quatre, premiers articles dilatés, en forme de peigne, garnis en dessous de longs poils.

Les Nécrophores, nommés Porte-ntorls ou Enierreurs, ont l'odorat des plus subtils; ils parcourent l'espace d'un vol rapide pour saisir sous le vent la trace de quelques Taupes, Souris, Crapauds, etc., morts récemment. Aussitôt qu'ils ont fait une découverte semblable, ils se mettent, au nombre de quatre ou cinq, à fouir la terre .nus ces petits animaux jusqu'à ce qu'ils soient complètement enterrés, et même, dit-on, enfouis à plus de trente centimètres au-dessous du sol, ce qui exige au moins vingt-quatre heures d'un travail assidu. IL se repaissent ensuite de ces cadavres, et les femelles y déposent des œufs qui se développent prompt ment en larves. Celles-ci sont d'un blanc grisâtre, assez, longues; leur corps est composé de douze anneaux garnis antérieurement, à leur partie supérieure, d'une petite plaque écailleuse d'un brun ferrugineux; les plaques des derniers anneaux sont munies de petites pointes élevées; leur tête est dure, brune, écailleuse, garnie de mandibules fortes et tranchantes; elles ont six pattes écailleuses, très-courtes, attachées aux trois premiers anneaux du corps. Quand ces larves ont acquis tout leur accroissement, elles s'enfoncent à près de trois cents millimètres en terre, et se construisent une loge ovalaire qu'elles enduisent d'une matière gluante qui durcit bientôt beaucoup, et dans laquelle elles se transforment en nymphe. Trois ou quatre semaines après, l'insecte parfait en sort, va reproduire son espèce et mourir peu de temps après.

Fi. 454.

— N. fossor.

Fia 435. — .v. Germanicu*

Fig. 456. — JV. ruspator.

Ce que nous venons de duc des métamorphoses des Neerophores en général peut plus particulièrement s'appliquer au Necrophorus humator., dont Rœsel {Hist. des Ins.), et depuis M. Westwood (Introd. to the modem class. of Ins., t. I, p. 138, fig. 10), ont donné la description et des figures de la larve et de la nymphe. La larve du Necrophorus vespilla, Linné, que M. Brullé (Hist. util, des Ins., 1850) indique, se fait surtout remarquer par son dernier segment portant deux appendices carrés, entre lesquels se laisse voir le tube saillant où s'ouvre l'anus, et par une tache orangée que l'on voit sur chacun des segments de leur corps.

Gleditsch; le premier, a observé les meurs si curieuses d'une espèce de ce genre, et il la désigne simplement sous le nom de Vespilloi Linné et De Geër regardaient ces insectes comme devant rentrer dans le genre Silpha, 1 1 Geoffroy en avait fait des Dermestes. C'est à Fabricius que l'on doit la création du genre Necrophorus.

On connaît plus de cinquante espèces de ce groupe, la plupart propres à l'Europe, à l'Amérique boréale et à l'Asie; toutes sont d'assez grande taille. Les espèces que l'on trouve en France ont souvent le corps couvert en dessus d'un très-grand nombre à'Acarus, et elles exhalent une odeur désagréable qui a quelque analogie avec celle du musc. Le type du genre est le Necrophorus vespillo,

Linné, qui est noir avec des poils j; es sur le corselet et les bords latéraux du corps, avec les

èlytres traversés par deux bandes dentelées d'un fauve vif, et la massue des antennes rougeâtre. Cette espèce se trouve sur les cadavres de petits Mammifères, Le Necrophorus Germanicui, Fabri-

cius, entièrement noir et plus gros que le précédent, a des habitudes semblables à celles du Necrophorus vcspillo; mais tandis que chez ce dernier on voit souvent plusieurs individus travailler ensemble autour de la même proie, il paraît que chaque femelle du Nécrophore germanique travaille seule. Le y. humator, Fabricius, plus petit que le germanique, n'est pas rare non plus dans les matières animales putréfiées, et il cherche particulièrement les grosses charognes, comme les Silpha. Enfin, le N. mortuorum, Fabricius, le plus petit de tous, et qui se distingue du N. vespillo par ses antennes noires, parait rechercher les champignons, et ne se rencontre jamais sur les cadavres, mais seulement dans des champignons. Les quatre espèces de ce genre dont nous venons de parler habitent toutes les environs de Paris. La plus grande espèce de ce genre est le N. grandis, Fabricius, de l'Amérique septentrionale.

Les entomologistes modernes ont cherché à former dans ce genre des coupes génériques particulières, et M Hope (Coieop. Manual, 18i0j ne laisse dans le genre Nécrophore. proprement dit que les espèces chez lesquelles les tibias sont droits, tandis qu'il forme avec celles dans lesquelles les tibias sont arqués son genre Cijrloscclis (xugts;, convexe, exeXtç, tibia), qui n'a généralement pas été adopté.

Fig 437 — H. armatut.

C'est a cote de ce genre que A. G. Desmarest {Maçj. de zool., t. II, pi. 24, 1X52) plaçait son genre Hypocephahu (uwo, en dessous xrçata, tête), qui, par le nombre des articles de ses taises. par ses cuisses postérieures très-grosses et ses jambes arquées, se rapproche un peu du genre Neenpkoru», tandis que la forme de ses élytres allongés, ovalaires et pointus à l'extrémité, et son aspect général l'en éloignent. M.iis. à l'exemple des entomologistes modernes, qui ne suivent plus rigoureusement la classification artificielle de Latreille, nous ae placerons pas ici ce genre remarquable, propre ;i la province de Minas Geraes du Brésil, el nous en parlerons lorsque nous aurons lé les caractères des Spondylù, avec lesquels il a égalemenl quelques rapports, toul en constituant a lui seul une division particulière.

ti60 HISTOIRE NATURELLE.

k2»e GENRE. — NÉCRODES. NECRODES Wilkin, 1815

Leacli, Zool. miscelliny, i. 11.

Nsxpw&n;, mort.

Palpes peu saillants : le dernier article assez court, cylindrique; antennes composées d'articles légèrement perfoliés, terminées par une massue allongée de cinq articles; tête découverte; corselet orbiculaire; écusson grand; élvtres plans, presque carrés, un peu élargis en arrière, coupés carrément à l'extrémité; pattes grandes; cuisses postérieures renflées dans les mâles, avec un sillon court, dentelé sur les deux bords pour recevoir la base des jambes; les jambes postérieures arquées dans le même sext, tarses antérieurs et intermédiaires des mâles à quatre premiers articles dilatés.

Les Nécrodes, qui étaient anciennement confondus avec les Silpha, dont ils se distinguent particulièrement par leurs pattes postérieures grandes, avec les cuisses renflées dans les mâles, sont des insectes de taille moyenne, et, comme les Nccrophorus et les Silpha, vivent de matières animales en putréfaction. On les trouve parfois par milliers sur les carcasses d'animaux rejetées par les eaux sur les bords des rivières.

M. Léon Dufour a fait l'anatomie du Nécrodes littoralis, dont l'organisation interne ne diffère pas notablement de celle des Silpha.

On en connaît une quinzaine d'espèces, parmi lesquelles deux seulement, Fig. 438 - iv liitorah*. les N.Jittoralis, Fabricius, et simplicités, Dejean, se trouvent en Europe,

et ne sont même pas rares aux environs de Paris; les autres proviennent de l'Amérique, de l'île de Java, et une enfin, le N. lacnpnosa, Schrciber, est particulière à la Nouvelle-Hollande, et a servi de type à M. Ilope (Coleop. Manual, 4 840) pour la création de son genre Ptomophila (irrwpt, destruction; çiXcç, ami).

Kirby, dans sa collection, indiquait ce genre sous le nom de Cyclophorus (xoxXoç, cercle; «pcpoç, qui portci.

5me GENRE. — BOUCLIER. SILPHA Linné, 1758.

Systema naïuia-, 10e ëdit.

XO.cpr;, sorte d'insecte, probablement la Blatte.

Palpes filiformes, d'inégale longueur; antennes à articles légèrement perfoliés, terminées par une massue allongée, composée de quatre articles; mandibules courtes, fortes, aiguës; tète inclinée, cacbée sous le corselet, rétrécie en arrière; corselet arrondi latéralement, coupé plus ou moins carrément en arrière; élytres plus ou moins convexes, se rétrécissant en arrière, arrondis à l'extrémité : leur bord externe relevé et formant une gouttière plus ou moins profonde; pattes courtes et fortes; tarses antérieurs des mâles à quatre premiers articles dilatés.

La forme générale des insectes de ce genre est celle d'un bouclier ovale, ainsi que l'indique leur nom français. La plupart sont de moyenne taille, de couleur noire ou sombre, et tous exhalent une odeur nauséabonde qui provient de leur genre de nourriture. En effet, les Silpha ne vivent que de cadavres en putréfaction et d'excréments, et paraissent destinés par la nature, surtout à l'état de larves, à purger la terre des immondices que la destruction et la décomposition des êtres organisés entraînent sans cesse après elles; mais ils n'enterrent pas ces matières, ainsi que le font les Nécrophores. Lorsqu'on les saisit, ils .répandent par la bouche et par l'anus une liqueur noire et fétide, dont l'usage parait être d'accélérer le ramollissement des chairs à demi putréfiées. Quelques espèces se nourrissent de proies vivantes; telles sont, entre autres, la Silpha quadripunctata, Linné, et la .S. thoracica, Fabricius, qui vivent de chenilles, et on les voit souvent courir sur les arbres après celles-ci à la première apparition des feuilles. D'autres espèces grimpent sur les plantes, no-

tamment sur les tiges du blé, où se tiennent de petites espèces du genre Hélix, dont elles font leur nourriture. Mais c'est presque constamment sur les cadavres d'animaux en putréfaction qu'on les rencontre; souvent aussi on les voit à terre, où elles courent avec agilité.

L'anatomie de plusieurs espèces de ce genre, ou plutôt de toute la tribu des Silphales, a été donnée d'abord par Ramdohr (Ablild. sur Anat. Ins., 1809), mais surtout par M. Léon Dufour, dans les Annales des sciences naturelles, t. I à VIII, 1824. Le canal intestinal a environ trois fois la longueur du corps, et il est filiforme, replié sur lui-même; l'œsophage est très-court et suivi d'un gésier ellipsoïde, lisse à l'intérieur, un peu roussâtre, avec sa tunique interne de consistance scarieuse et hérissée de soies pointues dirigées en divers sens et disposées en huit bandes longitudinales que séparent des intervalles lisses dans le Necrodes littoralis, que, pour son organisation intérieure, on peut ranger avec les Silpha. Le ventricule chylilique est assez long pour faire sur lui-même une circonvolution ou une anse plus ou moins grande : il est hérissé dans toute sa longueur de papilles assez prononcées. La surface externe de l'intestin est couverte de points saillants, granuleux, visibles à la loupe dans les Silpha; tandis que chez les Necrophorus cette surface offre des rubans musculeux, transversaux, formant des plissures annulaires. L'intestin s'ouvre latéralement chez la S. obscura, et directement pour la S. sinuata et le Necrodes littoralis, dans un renflement lisse que l'on peut comparer à un cœcum; avant sa terminaison, l'intestin reçoit une bourse pédicellée, ovalaire, appartenant à l'appareil des sécrétions excrémentilielles. Il y a quatre vaisseaux biliaires prenant leurs insertions autour de l'extrémité du ventricule chylilique : ces vaisseaux sont jaunes ou diaphanes, grêles, très-longs, très-repliés et flottants par un bout qui s'enfonce dans le tissu adipeux de la partie postérieure de l'abdomen. Les organes mâles de la reproduction sont séparés, ovalaires, revêtus d'une tunique vaginale, et formés intérieurement de nombreuses capsules spermatiques. Chez la femelle, des gaines ovigères, au nombre d'une douzaine environ pour chaque côté, sont placées en deux rangées, et l'oviducte est tubuleux. Le vaisseau sécréteur de l'appareil excrémentitiel est simple, flottant, flexueux, presque de la longueur du corps, et s'insère à l'origine du conduit excréteur; la vessie est ovalaire; le conduit excréteur est très-court et s'ouvre près de l'anus sur les côtés du rectum; les tra- Fig. 439. — s. ikoracxca. chées sont tubulaires; le tissu adipeux splanchnique se présente sous la forme de grumeaux blancs, abondants.

On connaît aujourd'hui les métamorphoses de plusieurs espèces de Silpha : De Geer (Mém. sur les Jrisectes, vol. IV, tab. 5 et 6) et Schœffer (Abhandlunaen, vol. III, pi. 7) ont décrit les larves des S fitratu et ruyosu; Freisch a publié quelques remarques sur celle de la S. obscura, et récemment M. lîlisosn (Ann. Soc. eut. France, 1846, pi. 2, n° 1) a complété leur histoire; M. le docteur Heer (Observations entomologiaacs) s'est occupé de la S. Alpina, et M. Westwood (Intr. to the modem (' ■->. !n- , t. I, p. 135, fig. 10) a dit quelques mots des métamorphoses de la S. thoracica, que ffer avait également figurées. Les larvés, en général, sont ovalaires, plus larges que celles des ropbores, et ce qui les rend surtout remarquables, c'est l'angle saillant que forme en arrière chacun des anneaux de leur corps. Les anneaux sont tous de consistance solide et amincis sur les côtes; ils forment ainsi un large rebord dans toute la longueur du corps de la larve. Le dernier porte deux appendices cylindriques entre lesquels on voit le tube anal. La tète présente deux antennes « omposées de trois articles assez grands, et les trois segments qui la suivent ont chacun une paire de pattefl terminées par un croehet assez court. Ces larves se nourrissent de chair putréfiée; pour subir leur-, métamorphoses, elles s'enfoncent en terre a la manière des larves des Necrophorus, et n'en sortent qu'à l'état d'insecte parfait. On ignore le temps qu'elles mettent à y parvenir, mais il » st probable qu'il ne doit pas être très- long. D'après M. l.lisson, la larve de la Silpha obscura est, en dessus, d'une couleur blonde OU terre d'ombre, plus claire sur les prolongements latéraux falcifonnes 'les anneaux; le dessous du venlre est grisâtre; la tète est ronde, légèrement déprimée, de rnerne couleur que le dessus du corps, mais un peu plus foncée prés du bord antérieur du corselet; les mandibule* sont petites, couleur marron; les antennes sont composées de trois articles, a peu près de rneme couleur que les mandibules : les deux premiers sont [tins gros] derrière la base des antennes, on aperçoit deux petits points ou espèces d'ocelles brunâtres; les bords latéraux des anneaux

HISTOIRE NATURELLE

ont des dents au prolongement en forme de faux; les anneaux, sur le dos, sont ornés d'une ligne de petits traits d'un brun bleuâtre s' arrêtant vers la moitié de la longueur de chacun d'eux, et de deux rangs sous-dorsaux de petits points allongés; on voit sur les côtés des trois premiers anneaux plusieurs autres points, disposes circulairement sur le premier et carrément sur les deux suivants; de chaque côté du dernier anneau, à son extrémité, se trouvent deux épines, et, à la base de celles-ci, deux autres très-petites; les cuisses ont une tache brune ; les stigmates sont représentés par un point brun, et placé un peu au-dessous des dents latérales; les pattes sont longues et couvertes, surtout vers leurs extrémités, de poils roides et courts. La nymphe est d'un blanc légèrement couleur de chair; la tète est inclinée sous le corselet, et l'extrémité des palpes se trouve à la hauteur du premier article des tarses des premières pattes; les dernières pattes sont très-saillantes sur les côtés, surtout à l'endroit de l'articulation de la cuisse et de la jambe; vue du côté du dos, cette partie avancée se trouve entre deux poils; les extrémités de ces pattes se rendent jusque vers les trois quarts de la longueur de l* avant-dernier anneau; le dernier anneau est terminé par deux prolongements cylindriques à l'extrémité desquels est un long poil, couleur marron, très-roide, arqué intérieurement; chaque anneau porte sur les côtés un poil long, gros à la base, roide, de même couleur, et sur le bord antérieur du corselet se trouvent, de chaque côté, derrière les yeux, deux autres poils plus courts; sur le dos, on voit une ligne vasculaire couleur terre d'ombre. Celte nymphe se meut et tourne sur elle-même avec une grande vivacité quand on la touche, et alors elle relève son abdomen en arc de cercle. La larve a été rencontrée, courant par terre au milieu d'un champ trèssablonneux entre des herbes, vers le milieu du mois d'août : elle s'est transformée en nymphe dans le sable quelques jouis après, et l'insecte parfait, éclos le 20 septembre, n'a pris toute sa coloration que quatre ou cinq jours après. Ces larves de la S'il plia obscurci atteignent donc toutes leur taille dans les derniers jours d'août; et il est probable qu'elles vivent de petites chenilles ou de larves plus faibles qu'elles; mais, toutefois, selon M. Brisson, il ne serait pas impossible qu'elles

prissent également pour aliment des substances végétales.

Le genre Silpha, que Geoffroy désignait sous le nom de Peltis, et que Fabricius confondait avec celui des Histers , renferme aujourd'hui plus de \. "JÊç f soixante espèces, propres à toutes les parties du inonde, aussi a-t-on cherche ; *^jmr :i ' "'''' ;i ses ''' l""s plusieurs genres distincts; mais, comme ces divisions,

principalement dues à Leach, n'offrent pas de caractères bien importants, nous ne les considérerons ici que comme des sous-genres, tout eu faisant observer qu'il serait peut-être même suffisant de ne faire dans les Silpha que deux subdivisions, lune comprenant les espèces chez lesquelles le corselet est cebancré antérieurement, type : S. Americana, Fabriçius, et l'autre celles, au contraire, dont le corselet n'est pas échancré antérieurement, type II-. ;.o — s. tubeicuiuia. S. atratu, Fabriçius.

Fu. 4 il . — T. linuati

t" SOUS-GENRE. — THANATOPHILE. THANÂTOPHILVS. Leach, 1817.

Zoological miscellany.

Bavarc;, mort; tpO.o;, ami.

Antennes à extrémité distinc emenl perfoliée ou composée d'articles transversaux, a l'exception du dernier, où la massue est brusquement terminée élytres échancrés à leur extrémité, au moins dans les femelles.

lieux espèces entrent dansée sous-genre; ce sont les .S. sinuata, Fabriçius, qui est commune aux environs de Taris, et dùpar, llliger, particulière au midi de la France

ï™ SOUS-GENRE. — Ô1GKOPTOME. OICEOPTOMA. Leach, 1817. Zoolagical mi&cellanyt

O'.xeu, j'habite; —to^u.x, cadavre.

Antennes semblables à celles des Thanatopliilus; élytres entiers et non écbancrés à leur extrémité.

Un assez grand nombre d'espèces, propres plus particulièrement à l'Europe et à l'Amérique du Nord, et parmi lesquelles nous citerons les S. ihorucica, Fabricius, qui est noire, avec la tête rouge, et quadripunctata. Fabricius, remarquable par sa coloration jaune, présentant quatre points noirs, et surtout en ce qu'elle se rencontre presque constamment dans les bois, sur les chênes et sur l'aubépine; toutes deux sont de Paris; et enfin les S. Amcricana, Fabricius, et Capensis, Dejean, dont les noms indiquent la patrie.

5me SOUS-GENRE. — BOUCLIER. S1LPIIA. Leach, 1817. Zoological miscellany.

Antennes perfoliées à leur extrémité, mais dont la massue est formée graduellement.

Les espèces assez nombreuses qui restent dans ce sous-genre sont de couleur noire; telles sont les S. opaca, Fabricius; obscura, Fabricius; reticulata, Fabricius; lœvigata, Fabricius, etc., qui, toutes, se rencontrent eîTFrânce.

4me SOUS-GENRE. — PHOSF'llUGE. PHOSPHUGA. Leach, 1817. Zoological miscellany.

«Dw;, lumière; ©su-yo), je fuis.

Antennes n'étant pas nettement perfoliées à leur extrémité : les deux derniers articles presque globuleux.

Deux espèces seulement font partie de ce sous-genre; les S. atrata, Fabri-

• iiiv et Pedemontana, Olivier : la première est commune aux environs de

P;iris et fréquente les bois ombragés, où elle se nourrit de limaçons; et la

seconde habite les pays les plus élevés de l'Europe, tels que les Alpes, les

nées, et les montagnes de la Prusse et de l'Ecosse.

/'. adula.

:>"" SOUS GENRE. -- NECROBORE. NECROBOM. Bope, 18i0. Coli oplcrist's Matinal, 5* pari e.

N .-, mort; f'-p'-;, <|ni dévore.

Le sons-genre <yw Kirby avait créé précédemment [Fauna borealis Americana, 1858) sous la dénomination de \ecrophila i >.-.■.■, mort; çtx*;, ami), nom qui n'a pu étM adopté parce que Latreille avnii antérieurement appelé Necropkihu un autre genre de ta même division, ne. renferme que

quatre espèces propres a I Amérique septentrionale. Le type est la S. Aiiirr'irtinn, Linné, Tune des

plus grandes et ries pins belles espèces du genre, et Ton peut citer les .S. terminata, affinis et ( ..m ulensi K

HISTOIRE NATURELLE

4œe GENRE. — NÉCROPHILE. NECROPHILUS. Latreille, 1829.

Cuvier, Règne animal, 2e édit.

Ntxpo;, mort; (piXeto, j'aime.

Fv? 444 ,v. mbterraneut.

Palpes maxillaires à dernier article de la longueur des deux précédents réunis; antennes de onze articles : le premier et le troisième longs, les cinq derniers formant une massue abrupte, perfoliée; tête inclinée; corselet éehancré antérieurement, arrondi sur les côtés, tronqué carrément à sa partie postérieure; écusson triangulaire; élytres bombés, rebordés, arrondis; pattes fortes; cuisses renflées; jambes dilatées à l'extrémité; tarses antérieurs semblables, dilatés à leur base.

Ce genre, créé par Latreille pour une espèce de Styrie, le N. subtcrranens, qu'llliger plaçait avec les Silpha, renferme aujourd'hui trois autres espèces, les N. hydrophibides, Eschscholtz, de Sitha; picipes, Motschoulsky, de la Daourie, et gtaber, Gbiliani, de la Suède.

bat GENRE. — AGYRTES. AGYRTES. Frœlich, 1799.

Naturforsch. Apprr,;, jon<rlour.

Palpes maxillaires à dernier article ovoïde, renflé; antennes de onze articles assez serrés : les cinq derniers formant une massue perfoliée; corselet presque carré, très-légèrement bouclé, écusson triangulaire; élytres ovales, bombés, non rebordés; pattes assez fortes.

Ce genre, dont Fabricius confondait le type avec les Mycciophagus, n'est composé que d'un trèspetit nombre d'espèces propres à l'Europe et à l'Amérique boréale occidentale. Les deux espèces que l'on rencontre, mais rarement, aux environs de Paris, sont les A. castancus, Gyllenliall, et bicolor, Castelnau, qui sont ailés, et se trouvent habituellement dans les sables.

M. Rudd, d'après Stephens (Col. Man., 1839), applique à ce genre la dénomination de Ecalus (r,xa>.c;, pacifique).

Page 1