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CINQUIÈME TRIBU

l'INul'HILlNIIiES. PINOPHILUfIDAï. Erichson, 1840. Gênera ei Species SlapbyUnaruni.

Labre large, [ransverse ou très-court, entier ou sinué au milieu; mandibules longues, minces, aiguës, dentées au milieu; mâchoires à lobes très-courts, avec des poils, l'interne en dedans, l'externe à l'extrémité; palpes maxillaires à premier article très-pelil, second allongé, troisième un peu plus court, quatrième grand, et de forme variée; menton corné, transverse, court; languette courte, presque toujours bilobée; paraglosses distincts, plus courts, égaux ou dépassant la languette; palpes labiaux à troisième article très-petit, presque subulé; antennes droites, filiformes, de onze

articles, insérées au-dessous des yeux sous le bord latéral de h tète; celle-ci découverte, fixée au corselet par un col mince, tronquée, arrondie ou atténuée à la base; élytres de la longueur de la poitrine; abdomen allongé, a septième segment souvent caché; pieds très-grêles, mutiques, a hanches antérieures coniques, découvertes, les intermédiaires rapprochées, et les postérieures coniques; tarses de cinq articles, les postérieurs à premier article légèrement allongé, les antérieurs dilatés. Cette tribu, créée par Erichson sous le nom de Phioplnlini, ne renferme qu'un petit nombre d'espèces el de genres, qui tous ont pour caractères communs : stigmates du corselet cachés; intervalle existant entre les hanches antérieures corné; hanches postérieures coniques; antennes insérées audessus de la marge latérale du front. C'est principalement par leur dernier article des palpes maxillaires grand, plus ou moins sécuriforme, qu'on distingue les Pinophilinides des Pœdérides et des Sténides. On ne sait rien de leurs mœurs ni de leurs métamorphoses. L'Amérique en nourrit la plupart des espèce!;; les autres se rencontrent en Afrique, en Asie et en Europe. Les trois genres principaux sont ceux des Pinopltilus. OEdichirus et Procirrus.

i" GENRE. - PINOPHILE. PMOPHILUS. Gravenhorst, 1802.

Nicroptera Brunswiciana.

riivoç, ordure; <fiZ.su, j'aime.

Corps de moyenne grandeur, allongé, linéaire, ailé; tète à peu près aussi large que le corselet, presque carrée, profondément rétrécie à la base, insérée par un col très-court, découverte, déprimée; yeux médiocres, arrondis, proéminents; lobe large, très-court, entier; mandibules assez longues, en forme de faux, aiguës, armées d'une dent forte, tronquée au milieu; mâchoires à lobes coriaces, avec des poils, l'interne en dedans, l'externe à l'extrémité; palpes maxillaires allongés, à premier article court, petit, second et troisième égaux, le quatrième de même grandeur, mais transverse; lè\re à menton transverse; languette courte, bilobée, membraneuse; paraglosses acuminés, membraneux, dépassant en longueur la languette; palpes labiaux à premier article très-grand, le second légèrement allongé, le troisième petit, un peu acuminé; antennes filiformes, minces, à articles épaissis à l'extrémité, le second le plus court, un peu plus gros que les suivants, le dernier brusquement acuminé un peu au delà du milieu; corselet carré, presque toujours rétréci a la base, à angles antérieurs droits, et postérieurs obtus ou arrondis; écusson arrondi; élytres tronqués; abdomen linéaire, de la largeur des élytres, rebordé; pieds très-courts, les antérieurs épais, à fémurs et tibias sinués en dedans; tarses à quatre premiers articles fortement dilatés, à premier article médiocrement allongé, les deux suivants égaux, le quatrième petit, lobé.

Ce genre, formé par Gravenhorst aux dépens des anciens Lathrobies, doit comprendre, d'après ErichsoD, les groupes génériques des Pilhyoph'ilus (mto;, pin ; ^o.ia, j'aime); Brullé (llisl. val. dei Ins., t. III, 1852); A rœoeerus (apais,-, mince; wpotç, corne), Nordmann (Sijmlioltc ad monograplùam Staphylinorum, 1837), et Lycidius (toux, loup; «Si*, aspect), Leach (in Dejean, Calai. Coléopt., - éd., 187)ô), qui n'en diffèrent pas d'une manière très-notable. Chez ces Insectes, le corps est ponctué; la piupart présentent une légère pubescence; la léte et le corselet ne sont jamais glabres. On ne sait rien sur les mœurs des Pinopltilus, dont on décrit une vingtaine d'espèces, presque toutes particulières à l'Amérique, et dont quelques-unes ont été découvertes en Afrique et en Asie. Les plus remarquables sont les /'. niger, Nordmann, type du genre Arœocerus, qui habite le Brésil méridional, vi tulipes, placé anciennement dans le genre Lathrobium, et propre à l'Amérique septentrionale.

*2™ GENRE. — TyENODÈME. TJENODEMA. Castelnau, 1855.

Etoiles entoniologiques.

Tnvu, j'étends; $£(!*, lien.

Corps de médiocre grandeur, allongé, linéaire, ailé; tête plus petite que le corselet, déprimée, presque triangulaire, tronquée à la base, attachée au corselet par un col grêle, court; yeux placés vers les angles postérieurs de la tète, médiocres, arrondis, proéminents; labre large, très-court, entier; mandibules en forme de faux, aiguës, marquées d'une petite dent allongée au milieu; mâchoires à lobes coriaces, avec des poils, l'interne en dedans, l'externe à l'extrémité; palpes maxillaires légèrement allongés, à premier article très-petit, second allongé, presque cylindrique, troisième de moitié plus court, obeonique, quatrième sécuriforme; lèvre à menton transverse; languette courte, membraneuse, bilobée, à lobes arrondis; paraglosses acuminés, membraneux, dépassant en longueur la languette; palpes labiaux à premier article petit, second assez peu allongé, troisième petit, subacuminé; antennes filiformes, à dernier article ovalaire; corselet presque de la largeur des elytres, déprimé, quadrangulaire, à angles antérieurs presque droits, les postérieurs arrondis; écusson triangulaire; élytres tronqués; abdomen linéaire, plus étroit que les élytres; pieds trèscourts : les antérieurs épais, à fémurs et tibias sinués en dedans; tarses à quatre premiers articles antérieurs fortement dilatés, transverses, tomenleux et spongieux en dessous, les postérieurs trèsgrêles, le premier article légèrement allongé, les deux suivants égaux, le dernier petit, lobé.

Le genre Tœnodema, décrit en 1855 par M. de Castelnau, a été indiqué, en 1857, par M. Nordmann (Sijmbohv ad monographiam Slaplujitnoruin), sous le nom de Gymnurus (fujAvoî, nu; oupa, queue), et il renferme un petit nombre d'espèces propres au Brésil, dont le corps est ponctué, pubescent, qui ressemblent à un Pinophile, mais s'en distinguent facilement par leurs antennes et leurs pieds moins grêles, leur abdomen plus étroit, leurs tarses antérieurs tomenteux en dessous, et leurs palpes maxillaires terminés par un article sécuriforme. Comme type, nous citerons le Tœnodema cuanescens (Gymnurus), Nordmanu.

5°" GENRE. - PALAMINE. P A LA M IMS. Erichson, 1840.

Gênera el Sjiecies Slaphylinorum.

netXsjjLT!, paume.

Corps petit, allongé, linéaire, ailé; tête presque de la largeur du corselet, presque triangulaire, tronquée à la base, attachée au corselet par un col court, étroit; yeux assez grands, arrondis, proéminents: labre transverse, court, sinué au milieu; mandibules en forme de faux, aiguës, armées d'une dent simple, aiguë au milieu; mâchoires à lobes membraneux, avec des poils, l'interne en dedans, l'externe vers l'extrémité; palpes maxillaires médiocrement allongés, à premier article court, petit, second légèrement allongé, troisième un peu plus court, obeonique, quatrième sécuriforme; lèvre à menton transverse, profondément émarginée à l'extrémité; languette membraneuse, bilobée, à lobes ciliés en dedans; paraglosses un peu plus courts que la languette; palpes labiaux à deux premiers articles presque égaux, troisième plus petit, acuminé; antennes plus courtes, minces, filiformes, à deux premiers articles un peu plus épais, et à dernier le plus souvent plus grand que les précédents, obeonique, tronqué, acuminé abruptemenl à l'extrémité; corselet presque cordiforme, plus court antérieurement que large, tronqué; élytres émarginés a l'extrémité; abdomen plus étroit que les élytres, allongé, linéaire; pieds un peu allongés, déprimés, les antérieurs un peu déprimés, et les postérieurs grêles; tarses antérieurs à quatre premiers articles dilatés, les trois premiers triangulaires, transverses, lobés en dessous, le quatrième petit, le cinquième assez grêle, itérieurs à premier article médiocrement allongé, le quatrième court, lobé.

HISTOIRE NATUREI.EE.

Ce genre, voisin des précédents, ne renferme qu'un très-petit nombre d'espèces particulières à l'Amérique méridionale, et dont le type est le Patammtu pilostts, Erichson, de Colombie

4"' GENRE. — ŒDR'.lllRE. OEDICIIIRUS. Erichson, 1840.

» Goncra ei Specips Suphy linoruni.

Ei5o;, enflure, x£1f> main.

Corps allongé, aptère; tête presque de la largeur du corselet, rélrécie à la base, attachée au corselet par un col étroit, découverte, droite; yeux médiocres, arrondis, un peu proéminents; labre très-court, sinué au milieu, denticulévers la marge; mandibules en forme de faux, aiguës, armées d'une dent simple au milieu; mâchoires à lobes cornés, avec des poils, l'interne en dedans, l'externe à l'extrémité; palpes maxillaires allongés, à premier article petit, second un peu allongé, un peu épaissi vers l'extrémité, troisième presque deux fois plus petit, obeonique, quatrième fortement securiforme; lèvre à menton transverse; languette bilobée, à lobes divaricés, presque arrondis, membraneuse; paraglosses acuminés, membraneux, pubescents, ne dépassant pas la languette; palpes labiaux très-courts, à deux premiers articles très-épais, à premier article court, troisième petit, mince: antennes filiformes, minces, à premier article un peu allongé, dernier brusquement acuminé à l'extrémité; corselet cordiforme, allongé, tronqué à l'extrémité, convexe; écusson triangulaire, allongé; élylres plus courts que le corselet, émarginés à l'extrémité; abdomen allongé, sensiblement épaissi vers l'extrémité, marginé, subcylindrique, à septième segment proéminent, sans stylets à l'anus; pieds légèrement allongés, a tibias postérieurs comprimés à l'extrémité, un peu dilatés, obliquement émarginés; tarses antérieurs à quatre premiers articles fortement dilatés dans les deux sexes, presque carrés, à lobes semi-circulaires en dessous, le cinquième petit, les postérieurs à premier article allongé, le quatrième court, lobé.

Une seule espèce, propre à la Sicile, l'OEdiehirus pœderinus, Erichson, compose ce genre.

Kg. 01. — Uîdichirus paeàerinus.

GENRE. — PR0C1RRE. PROCIRRUS. Latrcille, 1829. negne animal de G. Cuvier.

Fifo, au-devant; cirru», frange.

Corps de médiocre grandeur, peu allongé, ailé; tête arrondie, atténuée à la base, découverte, droite, attachée au corselet par un col mince; yeux médiocres, arrondis, légèrement proéminents; labre transverse, court, sinué au milieu; mandibules en forme de faux, aiguës, armées d'une dent à deux pointes au milieu; mâchoires à lobes membraneux, avec des poils, l'interne en dedans, l'externe à l'extrémité; palpes maxillaires allongés, à premier article le plus petit, obeonique, les trois autres un peu plus longs, égaux entre, eux, le dernier fusiforme, à extrémité acuminée; lèvre à men" ton transverse; languette courte, un peu Binuée à l'extrémité, membraneuse; paraglosses acuminés, membraneux, pubescents. ciliés, dépassant en longueur la languette; palpes labiaux très-courts, à deux premiers articles cylindriques, le second un imm plus long que le premier, le troisième trèspetit, mince; antennes iiliformes, minces, à deux premiers articles un peu plus épais que les autres, le dernier cylindrique, obtuséaenl acuminé à l'extrémité; corselet allongé, subcylindrique; écusson arrondi; élylres tronqués; abdomen allongé, linéaire, émarginé, à sixième segment conico-acuminé; pieds allongés, les antérieurs légèrement épaissis, les postérieurs grêles, à tibias postérieurs à

extiémité comprimée; tarses antérieurs à quatre premiers articles faiblement dilatés ilans les deux sexes, arrondis, les postérieurs à premier article un peu allongé, quatrième petit, lobe.

Ce genre se rapproche île celui des Pœderus, mais il offre un corps encore plus grêle. On n'y rapporte qu'une seule espèce, le Procirrus Lefebvrei, découvert en Sicile. Toutefois, Dejean (Cat. CoÛopt., 1833) indique, sous le nom générique de Microphiuê (p-mpc;, petit; ope, Serpent), deux Insectes de Sicile, les M. pœilcroidcs et Calabrimts, Dejean. qui, d'après M. Chevrolat, doivent rentrer dans le groupe des Procirrus.

SIXIEME TRIMJ.

STÉN1DES. STENIDM. Eriehson, 1840.

GenfM et S|ieciesSiaph\linornm.

Labre corné, arrondi à l'extrémité; mandibules longues, grêles, en forme de faux, aiguës, fortement anidentées vers l'extrémité; mâchoires à lobes courts; palpes maxillaires allongés, grêles, à premier article allongé, second et troisième chacun un peu plus long que le premier, quatrième très-petit; menton corné; languette membraneuse; paraglosses membraneux, joints à la languette et la dépassant un peu, ou bien libres; palpes labiaux courts, à second article épais, troisième subulé; antennes très-courtes, grêles, de onze articles, les trois derniers plus ou moins épais, généralement en massue; tête très-grande, droite, attachée au corselet par un col épais; yeux grands, plus ou moins proéminents; corselet non rebordé, souvent cylindrique, tronqué à la base et à l'extrémité; écusson très-souvent à peine distinct; élytres plus longues que la poitrine; abdomen à six segments distincts, le septième très-souvent proéminent; pieds grêles, à hanches antérieures petites, obeoniqnes, légèrement proéminentes, les intermédiaires séparées par un court espace, les postérieures coniques; tarses tantôt de cinq, tantôt de quatre articles.

Cette tribu, créée par Eriehson sous la dénomination de Slenini, est l'une des mieux caractérisées de la famille des Staphyliniens et comprend des Insectes chez lesquels les stigmates du corselet sont cachés, dont l'espace qui avoisine les hanches antérieures est corné, les hanches postérieures coniques et les antennes insérées sur le front.

Les Slénides sont de petite taille; tous sont noirâtres, d'une teinte presque constamment uniforme et ne présentent que rarement des taches. On en a décrit près de cent cinquante espèces, presque toutes propres à l'Europe, et dont quelques-unes cependant sont particulières à l'Amérique et .1 l'Afrique. Du reste, la difficulté de les recueillir, surtout en raison de leur petitesse, et leur aspect peu agréable, font que les voyageurs les ont peu recherchées jusqu'ici, qu'on ne sait presque rien sur leurs mœurs, et qu'on ignore complètement l'histoire de leurs métamorphoses.

Latreille le premier a formé pour les Insectes qui entrent dans cette tribu le genre Stemis, créé aux dépens des Slapkylinus de Linné; depuis on y a joint les deux genres Dianous et Evacslliciur,, et tout récemment M. Uotschoulsky y a ajouté un troisième genre, celui des Emmepus, qui doit probablement en être éloigné.

1" GENRE. — DIANOUS. DIANOUS. Leach, 1819. lu Sunoaelle Compendium.

&tavot«|i7i, je médite.

Corps allongé, presque cylindrique, ailé; tète plus large que le corselet el attachée à cet organe par un col cylindrique, rétrécis a 1 1 base, découverte; yeux médiocres, arrondis, peu proéminents; labre large transverse, tronqué en avant; mandibules en forme de faux, aiguës, unideotéea vers

l'extrémité; mâchoires à lobes cornés; palpes maxillaires allongés, à trois premiers articles longs, quatrième subulé; lèvre à menton transversalement quadrangulaire; languette bilobée, à lobes distants, oblongs, membraneux; paraglosses membraneux, finement ciliés; palpes labiaux courts, à premier article mince, légèrement arqué, second un peu plus long, arrondi, troisième très-petit, subulé; antennes insérées entre les yeux ou la partie antérieure du front, grêles, à deux premiers articles à peine plus épais que les autres, le premier plus court que le second, le troisième allongé, le quatrième presque du double plus long, les cinq suivants allant sensiblement en décroissant de grandeur, les trois derniers légèrement plus épais, les deux pénultièmes obeoniquts, le dernier arrondi, aruminé à l'extrémité; corselet beaucoup plus étroit que les èlytres, cylindrique; écusson petit, triangulaire; èlytres tronqués à l'extrémité; abdomen rebordê, sensiblement rétréci à l'extrémité, termine par deux soies bien développées; pieds grêles, médiocrement allongés; tarses filiformes à premier article un peu allongé.

Le corps des Dianous est légèrement pubescent et finement pointillé. Ce genre se rapproche beaucoup des Status, mais s'en distingue principalement par un menton transverse et carré, au lieu d'être triangulaire. Eiïchson n'y place qu'une seule espèce, le Dianous cœrulescens (Stenus), Gyllenhall, qui est de petite taille, et qui se trouve, mais assez rarement, dans presque toute l'Europe et habite les bords humides des ruisseaux.

2"" GENRE. - STÈNE. STENUS. Fabricius. 1796.

System! Eleulheralorum, l. II.

Snvoç, étroit.

Corps allongé, presque cylindrique, ailé ou aptère; tête un peu plus large que le corselet, a base légèrement rétrécie, et attachée au corsel par n col épais; yeux médiocrement grands, arrondis, proéminents; labre assez grand, transversalement semi- circulaire, à bordure entière ; mandibules en forme de faux, aiguës, fortement unidentées vers l'extrémité dans le plus grand nombre des cas ; mâchoires à lobes cornés; palpes maxillaires allongés, à premiers articles longs, les deux premiers cylindriques, le troisième légèrejnent épaissi a l'extrémité, presque en massue, le quatrième subulé; lèvre à menton trans- Fig. 62. — Sttmu verse; languette bilobée, à lobes très-petits, arrondis, rapprochés, meinbramodtitus. neux; paraglosses distants, rapprochés à la base, à extrémité arrondie, mem-

braneux, beaucoup plus grands que la languette; palpes labiaux courts, à premier article mince, légèrement arqué, second plus court, presque arrondi, troisième petit, subulé; antennes insérées antérieurement sur le front, très-minces, à deux premiers articles très-épais, les suivants plus ou moins allongés, les Irois derniers distinctement plus épais, formant une massue oblongue; corselet plus étroit que les èlytres, plus ou moins cylindrique; écusson a peine distinct; èlytres soudés à l'extrémité, émarginés; abdomen linéaire, rebordé ou non rebordé; pieds plus ou moins allongés il plus ou moins grêles.

Ce genre, créé par Lalrcille aux dépens des Siaphyliniu', a un aspect tout à fait particulier et en quelque sorte caractéristique. Le corps est petit, marqué de points plus ou moins fortement enfoneés, d'une coluratiou généralement noire, rarement cuivreuse, quelquefois avec une teinte plombée, plus rarement argentée, avec la bouche de presque toutes les espères pubescenle. De la partie antérieure de la bouche ils émettent parfois, et dans certaine espèce, un long tube qui est capillaire et terminé triangulairement. Ce tube, indiqué en 1795 par Olivier, puis, en 1808, par Gyllenhall, en 1827, par Curtis, a été aussi étudié par Carcel et surtout par M. le docteur Thion, qui, en 18Ô5, a publié sur ce sujet, ainsi que sur les mœurs des Stenus en général, un long mémoire intitulé: /'. criplion det organes de In manducalion chat le» Stènes, travail inséré dans les Annules de la Sot télé entomologique tl<- Frottée, tom. IV, l'c série. Il résulterait de l'ensemble des observations de M. Thion, que les mouvements les plus familiers aux Stènes consistent : 1° à balancer et à relever

avec plus ou moins de légèreté les derniers anneaax de l'abdomen, à l'imitation dus Psdères et de la plupart des Staphyliniens, exposés à l'air et à la lumière; l2' a s'arrêter quelquefois brusquement, pour redresser fortement la tête et le thorax dans une attitude de préoccupation assez singulière, attitude qui n'est remplacée .par la pose ordinaire que lorsque l'Insecte se décide à continuer sa marche; 5° à exécuter un frottement sur les surfaces avec les pattes de devant, les palpes maxillaires ou toute autre partie de la tête, comme avec l'intention de les nettoyer; 4° à faire les mêmes mouvements sur les derniers anneaux de l'abdomen, soit avec une patte postérieure, soit avec les deux réunies, fortement croisées en dessus ou allongées en dessous, à la manière des mouches- qui répètent à chaque instant cette manœuvre; 5° à agiter fréquemment les palpes maxillaires à la surrace du plan de sustentation, comme s'ils avaient pour objet d'en flairer les arômes; G" à faire vibrer avec vivacité les palpes proboscidiens, lesquels, a défaut de langue, sont peut-être destinés à reconnaître la sapidité des corps; 7° enfin à diriger les antennes en haut, en avant et sur les côtés, soit comme auxiliaires de la vue, soit comme instruments destinés à percevoir des impressions atmosphériques. Il est démontré pour M. Thion que les Stènes réunissent les organes nécessaires pour exercer presque simultanément la préhension, la dilacération, la trituration et la succion de la proie dont ils se nourrissent; qu'ils sont prives d'une languette et d'une lèvre inférieure réelle, mais qu'ils en sont dédommagés par une trompe, indiquée précédemment sous le nom de tube, sur laquelle son: transportés les palpes labiaux; que celte trompe diffère essentiellement de celles des autres Insectes, soit par l'absence de poils, de pièces cornées ou d'écaillés qui les fortifient, soit par le manque d'aiguillons ou de lancettes, soit par sa forme propre et par ses fonctions tout intérieures, soit enfin parce qu'elle est traversée dans toute son étendue par un canal qui donne un libre cours aux sucs nutritifs, et que ce singulier privilège d'organisation, qui montre un groupe partLalier de Coléoptères broyeurs, suceurs, est d'une importance anatomique et physiologique telle, que l'on doive ajouter à la famille des Brachélytres de Latreille, et sous le nom de PnoDoscmiENs [Proboscidit), une section distincte qui comprendrait les Stènes munis d'une trompe palpifère. Telle est l'opinion émise par M. Thion; mais aujourd'hui on n'admet généralement pas que la trompe des Stènes puisse servir comme organe d'alimentation, et l'on a reconnu une languette très-distincte chez ces Insectes : nous avons cru toutefois devoir indiquer le travail remarquable du naturaliste Orléanais.

On rencontre les Slenus dans les endroits humides, soit aux abords des marais, soit sur les rives des fleuves; quelquefois même on les trouve courant sur le sable humide, tandis que d'autres fois on peut les voir marcher sur la fange des étangs. On ne sait rien sur leurs métamorphoses.

l'Ius de cent espèces de ce genre ont été décrites, et proviennent de l'Amérique, de l'Afrique et surtout de l'Europe.. La synonymie des espèces de ce genre a été rétablie d'une manière parfaite par Ki iehson, qui y a formé plusieurs groupes particuliers que nous allons indiquer. Il y a peu de temps (mai 1850 et janvier 1851) M. Leprieur a présenté à la Société entomologique un travail sur les espèces européennes du genre Slenus, et il cherche, au moyen de la méthode dichotomique, à arriver plus facilement à la détermination des soixante-seize espèces qu'il range dans ce groupe.

§ i. — ESPÈCES AVANT LES TARSES A QUATRIÈME ARTICLE SIMTLE.

a. Abdomen marginé.

H. I. ti-UHES MlÉStKTAST DES TACHES.

Si\ espèces : cinq d'Europe, une d'Amérique.

Types : Slenus bigullaïus là'f«////.|, Linné, et gutlulu, Millier, qui se trouvent communément dans toute l'Europe.

N. II. — ÉLTTIIES >E [UtSïSTAUT TAS DE TACHES, PIEDS DE LA COULEUR. DU COBPS.

l'Ius de vingt espèces, la plupart d'Europe, un petit nombre d'Amérique. Types : Stemu Juno, Fabricius; bucephahu, Gravenhorst, de Paris.

82 HISTOIRE NATUREILE.

N. III — fl\Tlli:s NE PBfeEKTAST r.is M ru ni s, PIEDS TESTAC&i.

l'ne ringtaine d'espèces européennes el américaines.

Types : Steniu tpeculator, Lacordaîre; fuseîpes, Gravenhorst, de Paris.

b Abdomen non marginé.

Quatre espèces d'Europe et une d'Amérique. Type : Stcnus ni y rit h lus, Gjllenball, d'Allemagne.

v 2. — ESPÈCES AYANT LES TAHSFS A QUATRIÈME ARTICLE BILOBÉ.

a Abdomen marginé.

Une vingtaine d'espèces, presque toutes européennes; un petit nombre d'Afrique. Types : Stcnus tempeslivus, Érichson; impvcssus, Germar; palustris, Érichson.

b. Abdomen non marginé.

rus de trente espèces, la plupart propres à l'Amérique septentrionale et à Madagascar, el dont un petit nombre se rencontrent en Europe.

Type : Stcnus ckindeloides, Gravenhorst, de Paris.

Leacb, In Siephens Illustr. Cat. Uni. Ins., 1859, indique, sous la dénomination de Zalmœnut (étym„logie incertaine), un groupe qui doit rester dans le genre des Stcnus.

Assez récemment plusieurs espèces françaises de ce genre ont été décrites; nous citerons particulièrement :ine espèce trouvée dans les l'y r< nées, qui B été décrite par M. Jacquelin-Duval(.lmi. Soc. cnt. Fr., 1850} sous le nom de Stcnus Guynemeri, et qu'en même temps M. Kiesenwetter (Mém. Soc. cnt. de Stettin, -1 850) a fait connaître sous le nom de Stcnus rugosus, et deux espèces découvertes aux environs de Lille, les Stcnus Lcpricurii, Emile Cussac (Bull, de la Soc. cnt. de Fr., 1850), et decipiens, Leprieur (Ann. Soc. eut. Fr., 1851 .

ôme GENRE. — E.MMÈPE. EMMEPVS. Motschoulsky, 1815.

Bulletins de l.i Sociclé (les ualurjlbles de Moscou. Étymologie incertaine.

Tête transversale, yeux saillants; palpes labiaux très-grands, en hache : maxillaires petits, sécuriforme.s; antennes de onze articles, les deux premiers simplement plus grands que les suivants, les deui derniers fortement renflés, formant une massue en houle; corselet allongé avec les côtés latéraux coupés vers les deux extrémités, élytres plus, larges que le corselet, beaucoup plus courts que l'abdomen, déhiscents; ailes recouvrant l'abdomen; tarses de cinq articles, à pelotes crochues à l'extrémité, présentant des poils courbés et serrés,

Ce plus singuliers avait été d'abord rapproché des Stcnus par M. Motschoulsky; mais, en

l'examinant avec soin, on ne doit pas même le laisser dans la même famille qu'eux. L'espèce type et unique est l'Emmepw arufidinis, Motschoulsky, petit Coléoplère ressemblant beaucoup à un Molorchut, mais qui en diffère notablement par le nombre des articles des tarses, ainsi que par la structure des antennes. Il e^i de couleur noirâtre, avec la partie latérale des élytres, les pattes, les antennes, les palpes et les parties de la bouche jaunes. Il se trouve aux environs de Cauiïeff sur les roseiux qui poussent dans la mer Caspienne.

Nous ne l'indiquons que provisoirement ici jusqu'à ce qu'il soit plus parfaitement connu et qu'il prenne une place définitive dans la série des Coléoptères.

4m* GENRE. - ÉVAESTIIÈTE. EVAESTHETUS. Giavenhorst, I80fi. Monograpliia Micropterorum.

Eu, bien; *io8r,T»i;, sensible.

Corps petit, oblong, cylindroïde, ailé; tète assez grande, presque de la longueur du corselet, légèrement rélrécie à la base, découverte, unie directement au corselet, sans col distinct; yeux petits, médiocrement proéminents; labre large, transverse, denticulé à l'extrémité; mandibules assez allongées, aiguës, armées d'une dent aiguë, forte au milieu; mâchoires à lobes cornés; palpes maxillaires allongés, les trois premiers allant en augmentant en longueur, les deux premiers cylindroïdes, le troisième épais, en massue, le quatrième petit, subulé; lèvre à menton transverse, largement émarginé à l'extrémité, à angles antérieurs proéminents; languette large, sinuée légèrement au milieu, membraneuse; paraglosses soudés à la languette et la dépassant, aigus, membraneux, un peu ciliés; palpes labiaux courts, à premier article très-petit, presque arrondi, second très-épais, de même forme que le précédent, et comme pédoncule à la base, troisième très-petit, subulé; antennes insérées, antérieurement, sur le bord du front, au-dessus de la base des mandibules courtes, à deux premiers articles un peu plus épais et plus grands que les suivants, les troisième à cinquième articles presque égaux, les sixième à huitième sensiblement plus courts, les trois derniers un peu plus grands, formant une massue oblongue; corselet, antérieurement, à bords arrondis, postérieurement, rétréci, tronqué à la base et a l'extrémité; écusson très-petit, triangulaire; élytres largement émarginés à l'extrémité; abdomen rébordé dans le plus grand nombre des cas, obtus, à l'extrémité; pieds très-courts; tarses de quatre articles, le premier et le dernier plus longs que les intermédiaires.

Ce genre, qui devrait plus correctement être écrit Euaesthelus, nom adopté par plusieurs entomologistes, correspond à celui des Erislethus U:t, augmentatif: <m,6o;, poitrine), créé en 1850 par .M. Mannerheim, dans son travail les Braehélylres, et a été créé aux dépens des anciens Sicnus. Les Évaestbètea ont les plus grands rapports avec ces derniers, mais ils s'en distinguent très-facilement en ce qu'ils n'ont que quatre articles aux tarses. Par l'aspect général, par tous leurs caractères, ces deux genres se rapprochent beaucoup, et, dans une méthode véritablement naturelle, on doit les ranger à côté l'un de l'autre, tandis que, si on suivait rigoureusement la méthode tarsienne, il faudrait les éloigner considérablement et rompre ainsi toute affinité.

Les Evacsthctiis, peu nombreux en espèces, se rencontrent en Europe et dans l'Amérique méridionale. Nos espèces indigènes se trouvent dans les bois sous les feuilles tombées des arbres, et quelquefois aussi dans les prés. Le mile a son sixième segment abdominal inférieurement incisé vers l'extrémité. Les seules espèces indiquées par Érichson sont les Evaestlietus scuber, Giavenhorst, el ruficapillus, Érichson, propres à la France, ;ï l'Allemagne, à la Suisse, etc., et les E. Americamu, Érichson, et immarginatus, Érichson, particuliers à la Pensylvanie et à la Colombie; on doit y joindre deux autres espèces, les Evaetthelus lœviusculus, Mannerheim, propres à la Finlande, et l ■ perii, décrit par M. Jacquelin-Duval dans les Annales de In Société entomologiquede France, 1850, et qui a été découvert d'abord aux environs de Toulouse, puis auprès de Paris.

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