‹ ColéopteresChapitre 33 sur 83 · PL · texte numérisé non relu

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particulier de l'organisation de ces Insectes consiste dans la saillie que forme le dessous de leur prothorax; semblables sous ce rapport aux Bijrrkus cl aux Dermesles, ils ont un sternum prolongé antérieurement; tantôt c'est un lobe grand et arrondi, et tantôt un lobe étroit et aigu, souvent encore le sternum n'est plus lobé, mais bien relevé en carène et s' avançant de manière à former une cavité circulaire que la bouche ferme exactement; cependant il est des espèces dont le corselet n'offre aucune trace de saillie à sa partie antérieure.

Les Ilistéroidiens présentent des formes peu variées; quelques espèces toutefois, telles que les Phyllomes et les Hololeptes, devant vivre sous les écorces des arbres, à la manière de certaines Nitidules, se font remarquer par leur corps aplati, quelquefois excessivement mince. Mais la plupart des autres, dont le corps est plus ou moins convexe, se tiennent généralement dans les charognes, en compagnie des Dermesles et des Silphales; beaucoup d'entre elles vivent dans les matières excrémentitielles avec les Scarabéidiens Coprophages; enlin il en est quelques-unes qui habitent le tronc des arbres vermoulus, et d'autres que l'on ne rencontre que sous les pierres. Quoique munis de grandes ailes sous les élytres, ces Insectes ne s'en servent que très-rarement. Ils sont de taille moyenne ou petite, et en général d'un noir luisant; cependant plusieurs offrent sur les élytres des taches d'un rouge plus ou moins obscur et rarement d'une couleur plus claire; mais ces taches forment un assez mauvais caractère spécifique, car on trouve souvent dans la même espèce des individus tachetés et d'autres qui ne le sont pas. Il est quelques-uns d'entre eux qui sont ornés d'un éclat métallique parfois très-brillant, mais ces derniers sont peu nombreux et propres aux pays méridionaux; toutefois il faut dire que quelques-unes de nos espèces européennes ont des reflets bronzés.

Les Ilistéroidiens se trouvent répandus dans toutes les contrées du globe; quoique ce soit principalement l'Europe et l'Amérique qui en fournissent un plus grand nombre d'espèces.

Fig. 115. — Saprtnus tmptrfectui.

Fig. 116 — Plalysoma Carolinum.

Les métamorphoses de ces Insectes ont été jusqu'ici peu étudiées; la larve que Paykull rapportait à une espèce du genre Hotolepta n'appartient même pas à un Coléoptère; deux larves d'//is«er sont cependant plus ou moins bien connues, ce sont celles de l' Uisler merdarius, que Paykull (Monographia Histeroidum, 1811) a décrites, et sur lesquelles M. Westwood (Inlr. lo the modem class. Inseclen) a donné depuis de nouveaux détails, et de VHister cadaverinus, que M. E. Blanchard {Ilist. nat. des Ins., 1845) signale. Ces larves se nourrissent des mêmes substances que l'Insecte parfait; elles sont linéaires, aplaties, molles et d'un blanc jaunâtre, excepté la tète et le premier segment du corps, qui sont écailleux et d'un brun rougeâtie; celui-ci est cannelé longitudinalement, et la tête est armée de fortes mandibules. Elles ont six pattes courtes et terminées par deux filets biarticulés et par un long appendice tubulaire qui parait servir à la marche. Vers la fin de l'été, l'époque de leurs transformations approchant, elles se pratiquent, dans le lieu de leur habitation, une cellule trèslissée a l'intérieur, où elles passent â l'état de nymphe. Celle-ci, d'un brun très-pâle, n'offre rien de particulier et donne naissance à l'Insecte parfait au printemps suivant.

M. Léon Dufour (An. se. nat., 1824 et 1825) a donné quelques détails sur l'organisation interne de ces Insectes. Le canal digestif a quatre ou cinq fois la longueur du corps; l'œsophage, très-court, est suivi d'un renflement oblong qui parait pourvu intérieurement de pièces propres à la trituration;

ISS HISTOIRE NATURELLE.

le ventricule cliylifique est très-long, replié, hérissé île papilles pointues et saillantes; l'intestin grête est filiforme; le cœcum s'en distingue par une contracture annulaire; enlin les vaisseaux hépatiques ont six insertions distinctes autour du ventricule cliylifique, et ces vaisseaux sont transparents et d'une ténacité extrême. D'après Ramdohr, le nombre des vaisseaux hépatiques ne serait que de trois, et chacun d'eux aurait ainsi deux insertions; mais une telle disposition de ces vaisseaux est douteuse, ainsi que Latreille le fait observer.

Linné est le- créateur du genre Mister, qui est devenu la famille entière que nous indiquons sous le nom A'Histcroïdiens. Paykull le premier forma le genre Ilololcpta aux dépens des Hister ou Esoarbot; l.each ensuite, mais surtout Erichson, y indiquèrent près de trente coupes génériques qui ont été adoptées par tous les entomologistes.

Trois auteurs ont publié des travaux spéciaux sur les llistéro'idiens. Le premier en date est l'entomologiste suédois Paykull, qui, dans sa Monograplila H'isteroidum, publiée à Upsal en 1811, chercha à distinguer les nombreuses espèces qu'il rangeait dans le genre Hister au moyen de caractères fournfs par les dentelures des jambes, et par les stries des élytres et du corselet, et qui lui donnent le moyen de former des sections, tribus et familles, et de distinguer entre elles des espèces qui ont toutes à peu près le même faciès. Depuis, en 1854, Erichson, dans les Jalirbucher der Insccicn humlc von Kliu/, a publié un mémoire intitulé : L'cbcrsichi der Histeroides der SammMng, dans lequel il décrit les genres assez nombreux, et presque tous créés par lui, qu'il comprend dans cette famille; il indique toutes les espèces connues et donne la description de plusieurs espèces nouvelles : nous suivrons ce travail dans cet ouvrage. Enlin, en 1845, M. Le Conte, dans le Boston Journal of nalural History, vol. V, n° 1, a donné une monographie des llistéro'idiens propres à l'Amérique du Nord, et il a fait connaître quelques espèces nouvelles, et a surtout rétabli la synonymie entre les espèces nommées par Erichson et par Say. Outre ces travaux, quelques descriptions isolées ont été publiées; mais de nombreuses espèces sont encore à décrire, et une nouvelle monographie des espèces européennes serait très-utile aujourd'hui.

La place que celte famille doit occuper dans la série des divisions primordiales de l'ordre des Coléoptères n'est pas encore bien déterminée. Sous le rapport des habitudes et à raison des dentelures de leurs jambes et de quelques autres caractères, ces Insectes semblent se rapprocher des Scarabéidiens Coprophages; mais, par leur organisation intérieure, ils ont de nombreux rapports avec les Silphales et les Nitidulaircs. Latreille [Règne animât, 1829) en fait une tribu distincte de sa famille desClavicornes (1), et il les range auprès de sa tribu des Palpeurs, qui comprend les iWasligtts et les Scydmwmu, que nous avons rangés dans la famille des Psélaphiens. Par quelques-uns de leurs caractères, et surtout par leurs élytres un peu plus courts que le corselet, ils se rapprochent un peu des Staphyliniens, tandis que par d'autres particularités ils se joignent aux Dermestiens, ci nous les regarderons comme établissant le passage des premiers aux derniers; mais, nous le répétons, nous ne croyons pas avoir assigné à ces Insectes leur véritable place naturelle.

Erichson forme dans les Bisléroïdiens trois groupes particuliers qui ont été généralement adoptes, et que nous citerons sous le nom de divisions, n'ayant pas cru les caractères qu'ils possèdent assez importants pour les ériger en tribus.

(i) Latreille indique celte trilui sous h dénomination d filBTÉHo'ÏDi s (Hcfcroidcs), et il lui assigne pour caractères : tête 6'cnlonçaiit généralement ilans le corselet; palpes maxillaires en massue, peu avancés; les quatre pieds postérieurs plus - entre eux à leur origine que les deux antérieurs (caractère qui à lui seul distingue celte tribu de toules les autres de la même famille;: lee piedt contractiles, et le côté externe des jambes dénié ou épineux; les antennes toujours coudées, et terminées en une massue solide, nu composée d'articles très-serrés; corps d'une consistance très-solide, le plus souvent carré, ou parallelipipede, avei li pro-lornum souvent dilaté au dedans, et les élytres tronqués; les mandibules fortes, avancées, et souvent d'inégale grandeur; les palpes presque filiformes ou légèrement plus gros à leur extrémité, cl terminés par un article ovalaire ou ovoïde.

Fig. I. — àtelrris rubripes.

Fig. 2. — Dasrtes varïegatus.

Fig. 3. — Opilus dorsatis.

Fig. A. — Labidostom'tê hybrida.

Fig. 5. — Packnephvriu cylindr'icus*

tciuieie l'ioie'ioii

HOLOLErTITKS. UOLOLEPT1TES. Blanchard, 1845.

Histoire naturelle de> Insectes.

Corps plan, peu déprime, très-aplati; tête rétractile; mandibules avancées; lèvre cornée, large, courte, profondément émarginée, avec des lanières divergentes, un peu acuminées; languette unie aux palpes„ et attachée sur les. côtés du milieu de la lèvre; pas de sillons antennaires, proslernum sans saillie.

[.es Insectes qui entrent dans celte division correspondent à ceux du premier groupe de la classification d'Erichson, et aux V Hololepiitcs de M. E. Blanchard; ils sont très-reconnaissables à la forme extrêmement aplatie de leur corps. Chez eux les -élytres sont encore très-courts, et laissent ainsi toute l'extrémité de l'abdomen à découvert: ce qui offre une analogie éloignée avec les Staphyliniens. Tous sont d'un noir d'ébène brillant, vivent en général sous les écorces des arbres pourris. Ils ne se rencontrent guère qu'en Amérique, quoiqu'une espèce d'Hololepte habite cependant le midi de l'Europe.

Trois genres seulement, ceux des Hololepta, Plujlloma et Oxyslernus, entrent clans cette division.

1" GENRE - HOLOLEPTE. HOLOLEPTA. Paykull. 1811.

Monographia llisteroidum.

O).oç, court; )c~tc;, mince.

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