QUINZIÈME FAMILLE
PTINIENS. PTINIORES. Latreille, 1825.
Les principaux caractères des Coléoptères de cette famille sont les suivants : corps assez petit, de consistance solide, tantôt presque ovoïde ou ovalaire, tantôt, au contraire, presque cylindrique, mais généralement court et arrondi aux deux bouts; tète presque globuleuse ou orbiculaire, sans étranglement à la partie postérieure, reçue, en grande partie, dans un corselet très-cintré ou voûté, en forme de capuchon; antennes filiformes, ou allant en s' amincissant vers le bout, soit simples, soit flabellées, pectinées ou en scie : dans quelques groupes, se terminant brusquement par trois articles plus grands que les autres, et beaucoup plus longs; mandibules courtes, épaisses, dentées sous la pointe; palpes très-courts, renflés vers l'extrémité, terminés par un article plus grand que les autres, presque ovoïde ou en triangle renversé; jambes sans dentelures, avec les éperons de leurs extrémités très-petits; tarses de cinq articles, étroits, non élargis, ni bifides : le pénultième entier.
Les Pliniens sont des Insectes de petite taille, ayant toujours des couleurs obscures, d'un brun plus ou moins clair, et peu variées. Leurs mouvements sont lents et timides, et ceux qui sont pourvus d'ailes ne se servent que rarement de ces organes. Lorsqu'on les touche, ils contrefont le mort, en baissant la tête, en inclinant les antennes et en contractant les pieds, et ils demeurent un temps plus ou moins long dans cette léthargie apparente. Ils sont, pour la plupart, connus par les ravages qu'ils font dans les bois, les meubles, et dans les collections d'histoire naturelle; mais c'est principalement dans les substances très-sèches et très-dures qu'on les rencontre; leur forme cylindrique leur permet de pénétrer aisément dans les diverses matières qu'ils attaquent. Les uns se nourrissent plus particulièrement de substances animales desséchées; tels sont les Plinus, et y subissent leurs transformations; d'autres, comme les Anobium, vivent de préférence dans le bois, et quelques-uns même dans le pain, la farine, la substance desséchée des muscles des Insectes, Crustacés, etc.; quelques-uns, les Piilinus, par exemple, percent le bois encore vivant, et se rencontrent dans les forêts; et d'autres, enfin, tels que les Gibbium, paraissent vivre dans les plantes sèches, ainsi que certaines espèces de Ptines.
L'histoire des métamorphoses des Ptiniens a été étudiée par plusieurs naturalistes; De Géer et H. Mienken se sont occupés de celles du Plinus fur; M. Bouché a dit quelques mots des larves de Ylledobia imperialis. Enfin, MM. Bouché, Ratzeburg et H.Ronzet, ont plus particulièrement décrit les transformations de diverses espèces d' Anobium, telles que les A. tessellatum, nigrinian, pertinax, paniceum, abiclis et striatum. Nous reviendrons sur ce point, en nous occupant de chacun des genres de la famille; toutefois, on peut dire en général que les larves, qui sont très nuisibles, soit à la sylviculture, soit à nos ameublements, soit à nos collections zoologiques, offrent la plus grande analogie avec celles des Scarabéidiens; elles ont de même l'extrémité postérieure du corps plus grosse que l'extrémité antérieure, et courbée en dessous; le corps est blanchâtre, mou, à l'exception de la tête, et il porte six pattes coriacées; les mandibules sont fortes. Ces larves, qui se creusent des galeries souvent très-longues, se construisent, pour se transformer, une coque avec les fragments de matières qu'elles ont rongées. La nymphe est ordinairement enveloppée de la pellicule ou coque dont nous venons de parler, et on peut déjà y apercevoir les formes de l'Insecte parfait.
L'anatomie des Anobium a été donnée par M. Léon Dufour, et, depuis, quelques détails y ont été ajoutés par M Al. Laboulhène; mais elle est loin d'être encore complète. Le canal digestif est trois fois plus long que le corps, avec le jabot peu marqué; le ventricule chililiquc est terminé par un bourrelet saillant pour l'insertion des vaisseaux biliaires : ceux-ci paraissent, d'après M. Léon Dufour,
oog HISTOIRE NATURELLE.
avoir quatre insertions distinctes; l'intestin grêle est filiforme; le cœcum est gros, ovoïde, et te rectum allongé, très-grêle.
Par l'ensemble de leurs caractères, les Ptiniens offrent des rapports naturels avec quelques groupes d'Insectes Xylopliages, et principalement avec celui formé avec le genre Cis de Latreille, aussi les rapprochet-on dans les méthodes de classifications modernes; nous avons dit ailleurs pourquoi nous avions préféré suivre un autre arrangement. Quelques-uns de leurs caractères les rapprochent des Cryptophagiens et des Trichoptérygiens, et, d'un autre côté, ils ont également une grande analogie avec les Lymexyloniens.
Latreille (Règne animal de G. Cuvier) faisait des Ptiniens une tribu des Malacodermes, /ection de la famille des Serricornes (1). MM. de Castelnau et Brullé suivirent l'exemple de Latreille, et
11) Nous allons successivement panser en revue, presque dans un ordre inverse, les diverses tribus de In famille dis Serricornes de Latreille, que nous considérons presque loules comme des Familles distinctes; aussi croyons-nous devoir donner ici une idée de la classification du célèbre entomologiste français, d'après l'édition de 18:29 du Règne animal de G Cuvier.
SERHICORNES. SERR1C0RXES. 5» famille des coi.ÉorTÈm s PEHT1MÈBKS. — Quatre palpes; élylres recouvrant l'abdomen; antennes presque constamment de la même grosseur partout, ou plus menues à leur extrémité, dentées, soit en scie, soit en peigne, ou formant même l'éventail; tarses à pénultième article souvent bilobé ou bifide.
lr* sEcrios. STERNOXES. STERXOXI. — Corps de consistance ferme et solide, ovalaire ou elliptique; pieds en partie contractiles; tète engagée verticalement jusqu'aux yeux dans le corselet; prosternum allongé, dilaté, ou avancé en devant jusque sous la bouebe; pieds antérieurs éloignés de l'extrémité du corselet.
1" tiudd. BIH'RLSTIDES BITRESTIDES. — Prosternum à saillie postérieure aplatie, non terminée en une pointe comprimer latéralement, et simplement reçue dans une dépression du mésosternum; mandibules souvent terminées en pointe entière; corsclrt à angles postérieurs n'étant pas, ou très-peu seulement, prolongés; palpes à dernier article presque cylindrique, guère plus gros que les précédents, ou globuleux; tarses à articles souvent larges ou dilatés, garnis, en dessous, de peintes Insecte ne sautant point, — C'est notre famille des Duprestiens.
2e non ÉLATÉRJDES ELATERWES. — Re diffère essentiellement de la précédente tribu qu'en ce que le stylet postérieur de lavant-sternum, terminé en une pointe comprimée latéralement, et souvent un peu arquée et unidentéc s'enfonce, à la volonté de l'animal, dans i cavité de la poitrine, située immédiatement au-dessus de la naissance de la seconde paire de pieds, et que ces Insectes, placés sur le dos, ont la faculté de sauter. En outre, les mandibules sont éihaucrées ou tendues à leurextrémité; les palpoa terminés par un article beaucoup plus grand que les précédents, en forme de trim.leou deliacbc,ct les articlcsdes tarses entiers. — Cette tribu comprendra nos familles des Eticnrmiens clÉuile'rienj.
2e srcTiox. MALACOUERMES. MALACODERMI. — Tète engagée, postérieurement, dans le corselet, ou du moins recouverte par lui à sa base; prosternum non dilaté, et avancé antérieurement en manière de mentonnière, n'étant pas, excepté chez les Cefin'o; terminé, postérieurement, en une pointe reçue dans une cavité du mésosternum; corps, le plus souvent, en tout ou en partie, de consistance molle ou flexible.
tre iniDu. CÉBR10NITES. CERRinxiTES — Mandibules terminées en une pointe simple ou entière; palpes de la même grosseur, ou plus grêles à leur i xtrémité; corps arrondi, bombé dans les uns, ovalaire ou allongé, mais arqué en dessus, et incliné par devant : dans les autres, mou et llcxiblc; corselet transversal, plus large à la base, à angles latéraux aigus, ou même prolongés eu forme d'épine; antennes ordinairement plus longues que la tète et le corsi lit n'unis, pteda non contractiles. — Ces Insectes constituent nos familles des Oon'oniens, Rhipiccricns, Alopiens et Ci/phonirns.
2e TniDU. LAMI'YIIIUES LAMI'ÏBIDES. — Palpes, au moins les maxillaires, terminés par un fort renflement; corps toujours mou, droit, déprimé, un peu convexe; corselet tantôt semi-circulaire, tantôt presque carré ou trapéziforme, «'avançant sur la tJtc, qu'il recouvre en partie ou entièrement; mandibules petites, terminées en une pointe grêle, arquée, très-aiguë, et souvent entière au bout, tarses à pénultième artiile toujours bilobé, et à croebets du dernier sans donts ni appendices. — Telles sont les familles des Latnpyricns et Tèléphoricns.
5e tkibc. MEI.YRIHES. MEI.YRIHES. — Palpes, le plus habituellement, filiformes, courts; mandibules échancrées a la pointe; corps, le plus souvent, étroit et allongé, mou; tête recouverte, seulement à la base, par un corselet plat ou peu convexe, ordinairement carré; antennes, le plus souvent, en scie, ou pectinées dans les màlcs; tarses à articles entiers, et à crochets terminaux unidentés ou bordés d'une membrane. — Nous en formons notre famille des Malacliiens.
V Tinte. C1.A1RONES CLERII. — Deux des palpes au moins avancés, terminés en massue; mandibules dentées; antennes tantôt presque filiformes et dentées en scie, tantôt terminées en massue, ou grossissant insensiblement vers le bout; corps ordinairement presque cylindrique, avec la tète et le corselet plus étroits que l'abdomen, et les yeux échancrés. — C'est notre fumll di i t. rient.
5e tribu. PTINIORES. l'TIXIOBES. — Corps de consistance assez solide, ovalaire ou cylindrique, court et arrondi aux deux bouts; tète orbiculaire ou globuleuse, reçue en grande partie dans un corselet Irès-cinlré ou voûté; antennes liliformes, ou s'amincissant vers l'extrémité, tantôt simples, tantôt pectinées ou en scie; mandibules courtes, épaisses, dentées vers la pointe; palpes très-courts; jambes sans dentelures, et les éperons de leurs extrémités très-petits. — C'est la famille que nous étudions actuellement, celle des l'timens.
3e sr.cnos. LIHEBOIS. XYLOTROCI. — Proslcrnum non prolongé à son extrémité postérieure; tète entièrement i ■ T uvert, et séparée du corselet par un étranglement ou espèce de col. — Cette section répond à notre famille des Ltjmtxylomeni.
Fîg. 1 . — Betevosterniu bupnstoides.
Fig. 2. — Heteroslernw bupreitoida.
M. E. Blanchard en fit une division particulière, celle des Plinidcs de sa tribu des Clériens, qui correspond presque complètement aux Sérricornes. Mais les entomologistes modernes en font aujourd'hui une famille tout à fait distincte des autres.
les genres de celte famille les plus anciennement fondés sont ceux des Pïilins et Plines, crées, en 1764-1767, par Linné; celui des Anobic, que Fabricius indiqua en 1775; ceux des Gibbics de Scopoli (1777); Dorcatomc, llerbst (1790); quant aux autres groupes génériques, ils ne sont guère que des démembrements de ceux que nous venons d'indiquer. Aucune monographie n'a encore été publiée sur cette famille; ce serait une lacune utile à combler.
Les Ptiniens se rencontrent dans presque toutes les parties de la terre; cependant, la plupart des espèces connues sont propres à l'Europe, quoiqu'on en ait signalé quelques-unes comme particulières a l'Amérique boréale, à l'île de France, etc. On n'en connaît qu'un assez petit nombre d'espèces, puisque l'on n'en a pas indiqué plus de cent cinquante.
Le nombre des genres est peu considérable, et ne se compose que de dix à douze groupes; les plus importants, que nous avons déjà cités, sont ceux des Gibbium, Ptiuus, PtUinta, Dorcuioma et Anobium; d'autres, généralement adoptés, ont reçu les noms de Mczhun, Hedotna, Xyte&niu e' Ocliina; enfin, il en est, comme ceux des Ehiplnopus, Dnjopliilus, etc., que l'on ne connaît pas encore d'une manière suffisante.
1" GENRE. - GIDBIE. GIBBIUM. Scopoli, 1777.
Imruduclio ad llistoiïau) naturalem.
Gibbus, bosse.
Tète inclinée; palpes filiformes : les maxillaires plus longs que les labiaux; antennes insérées au devant des yeux, sélacées, composées d'articles cylindriques très-légèrement comprimés, les deuxième, troisième et quatrième plus épais que les autres, et le dernier allongé, terminé en pointe; yeux très-petits, aplatis; corselet court, transversal, cylindrique, prolongé au milieu de son bord postérieur; pas d'écusson visible; élytres très-convexes, soudés, embrassant l'abdomen : celui-ci rentlé, très-grand, comprimé latéralement; pattes fortes, assez grandes, les postérieures plus longues que" les antérieures; cuisses terminées en massue; jambes postérieures légèrement arquées; tarses courts, de cinq articles.
Ce genre a été fondé par Scopoli avec des espèces que Fabricius et Olivier plaçaient avec les Plinus, dont il se distingue principalement par les antennes finissant en pointe et par la forme renversée de ses élytres, qui sont soudés le long de leur suture; Geoffroy rangeait ces Insectes avec les Bruchtu.
Les Gibbium sont des Coléoptères de très-petite taille, car ils n'atteignent pas plus de 2 millimètres, ayant un peu le faciès d'une Araignée, le corps presque transparent, et vivant dans les endroits peu fréquentés des maisons, dans les débris des végétaux, les vieux papiers, dans les herbiers et les collections d'animaux. Ces Insectes sont Irès-rares, et on ne les rencontre jamais réunis en grand nombre. Toutefois les anciens Égyptiens semblent avoir eu le secret de se procurer beaucoup d'individus de l'espèce typique, le Gibbium scolias, Fuesly, qui habile l'ancien continent. C'est en effet ce que prouve une communication faite à la Société entomologiquc de France, en janvier 1855, par Audouin, qui a présenté a cette Société un vase en terre, un peu plus gros qu'une orange, et rempli d'une matière grumeleuse, noire, enveloppée par une substance semi-fluide et de même couleur, et qui n'était autre chose qu'un amas très-considérable de Gibbies. Ce vase avait été recueilli à Thèbes, dans un ancien tombeau, et l'on se demande comment ces Coléoptères s'y trouvaient en si grand nombre, ou pourquoi ils y avaient été introduits. Celte circonstance, ainsi que le l'ait observer M. Brullé, ne se rattacherait-elle pas à quelque usage superstitieux des anciens Égyptiens? Ou bien faudrait-il croire avec M. E. Rlanchard que ces Insectes avaient été attirés par la matière résineuse que contenait le vase? Quoi qu'il en soit, un voyageur anglais, M. Wilkinsun, au rapport de M. Westwood, a fait une découverte semblable en Egypte, et l'opinion de .m Urullé nous semble plus probable que celle de II. E. Blanchard.
On n'a encore décrit qu'un nombre très-restreint de Gibbium, et presque toutes les espèces sont particulières à l'Europe; toutefois M. de Castelnau en décrit une du Pérou sous le nom de Gibbium Ameiieanum, et Dejean en indique une de l'Amérique boréale (G. bicolor) et une des îles Philippines [G. Orienta/»). Le t\pe est le Gibbium scotias, l'uesly, qui est d'un brun rougeàtre, avec les elytres transparents, le corselet lisse, très-court et sans aucun tubercule, les pattes et les antennes entièrement revêtues d'un duvet soyeux, jaunâtre, et qui se trouve aux environs de Paris, dans presque toute l'Europe, dans les parties septentrionales de l'Afrique, etc. Une autre espèce, rencontrée aussi, mais très-rarement, dans le rayon de Paris, est le Gibbium hirlicollc, Latreille.
C'est avec l'espèce typique de ce genre que Chempiuaki (in Animai Kigdom, 1778) a fait son genre Scolias (mono, ténèbres), qui n'a pas été adopté. '
2"" GENRE. - MEZIE. MEZ1UM. Leach, 1828.
In Cunis, Britiscb Eniomology.
Klymolugie- incertaine.
Corselet présentant des côtes élevées et longitudinales, qui forment trois sillons profonds.
Tel est le caractère le plus saillant qui puisse faire distinguer ce genre de celui des Gibbium; les inégalités du corselet sont très-marquées, et d'ailleurs, comme dans le genre précédent, la tête et le corselet sont couverts de poils comme les antennes et les pattes.
L'espèce type est le Mezium sulcatus (Plinus), Fabricius, qui semble se trouver dans les deux continents, et dont M. Westwood (Inlr. to llte modem class. In.icct.) a décrit brièvement la nymphe. Une autre espèce, que l'on place également dans le même groupe, est le Mczium globulum (Plinus), llliger, qui est particulier au centre de l'Europe.
C'est auprès des Gibbium et des Mezium que l'on range le genre JEg'ialilcs (arpaXitus, riverain), créé par Eschschollz et indique par Dejean, en 1853, dans la 2e édition de son Catalogue de Coléoplires. Le genre JEgialilcs, dont on n'a pas donné les caractères différentiels, ne comprend qu'une seule espèce, Y Ai. debilis, Eschscholtz, particulière à l'Amérique boréale occidentale.
3«" GENRE. - PTINE. PTINUS. Linné, 1767.
Syslema luiurae, lî01' édition.
Élymologie incertaine.
Tête assez petite; palpes presque filiformes, maxillaires plus longs que les labiaux, à dernier article un peu renflé, labiaux terminés par un article ovale; antennes insérées entre les yeux, filiformes, composées de onze articles : le premier renflé, le suivant court, les autres presque égaux entre eux, allongés, cylindriques dans les mâles, plus courts dans les femelles et presque coniques; yeux saillants; corselet étranglé en arrière, s'avançant dans les femelles en forme de capuchon sur la tète, écusson petit; elytres oblongs, presque parallèles dans les maies, ovales et bombés dans les femelles; pattes assez longues; tarses grêles, iiliformes, avec tous les crochets très-apparents.
Linné a créé ce genre avec des espèces que ses prédécesseurs plaçaient dans le genre des Bruchut; adopté par tous les entomologistes, ce groupe a été lui-même partagé, principalement dans ces derniers temps, en plusieurs divisions particulières plus ou moins distinctes, et est devenu le type d'une famille de Coléoptères. Ainsi que nous l'avons dit, l'étymologie du nom de Plinus est incertaine, car nous ne pouvons admettre, avec M. Agassiz (Nor.icnclalor zooloyieus), que leur dénomination ait été tirée de -tt.,o,-, ailé; en effet, comment Linné aurait-il pu alors l'appliquer à un groupe qui renferme des Insectes chez lesquels les ailes existent ou manquent, suivant les sexes?
Les Ptines se distinguent facilement des Gibbies en ce que leurs antennes sont d'une égale épais-
seur partout. Les mâles sont plus allongés que les femelles, ils sont ailés et ont une forme cylindroïde, tandis que les femelles sont ovales et généralement privées d'ailes sous les élytres. Ces Insectes sont de très-petite taille et leur système de coloration est en général assez sombre, plus ou moins brunâtre. Ils vivent dans le bois, mais seulement dans le bois sec et clans plusieurs autres matières, qui, par leur dureté ou leur état de dessiccation, présentent des circonstances favorables à leur développement. Dès qu'on vient à les toucher ou à les saisir, ils font les morts, c'est-à-dire qu'ils se laissent tomber et cessent tout mouvement, et ils ne recommencent a se mouvoir que lorsqu'ils supposent que tout danger a cessé.
Ils se nourrissent de substances animales desséchées, et c'est dans l'intérieur de ces matières qu ils subissent leur transformation; on les rencontre parfois dans nos collections d'Insectes : il n'est pas rare d'y voir leurs larves et leurs nymphes, et ils y occasionnent les mêmes dégâts que les Dermestes et les Antlircnus. L'histoire de leurs transformations n'est toutefois pas connue d'une manière complète; De Gèer, dans ses Mémoires pour servir à l'Histoire naturelle des Insectes, et depuis, M. Mienken {Naturscherchen, t. III), se sont occupés des métamorphoses du Ptinus fur, et M. Bouché [Naturg. der Insecten) a dit quelques mots de celles du Ptinus imperialis, Insecte longtemps placé dans ce groupe générique, mais qui doit être aujourd'hui regardé comme le type du genre Hedobia. Les larves ont la plus grande analogie avec celles des Scarabéidiens; elles ont de même l'extrémité postérieure du corps plus grosse que l'extrémité antérieure et courbée en dessous; le corps, à l'exception de la tête, est mou, ridé, un peu velu; elles ont six pattes, de consistance assez dure, et terminées par un seul crochet; elles se nourrissent de bois et de matière animale desséchée. Les nymphes sont enveloppées d'une coque ou pellicule blanchâtre, très-mince, au travers de laquelle on aperçoit déjà les formes de l'Insecte parfait.
On a décrit ou signalé près de trente espèces de Ptines; presque toutes sont propres à l'Europe, et un grand nombre même appartiennent à la faune parisienne. Comme espèces exotiques, nous citerons les Ptinus nobilis et tomenlosas, indiqués par Dejean, le premier comme propre à l'île de France, et le second à Carthagène, dans l'Amérique méridionale. L'espèce type est le Ptine voleur, Ptinus fur, Linné, qui doit sans doute son nom aux dégâts qu'il occasionne dans les collections. C'est un Insecte d'un brun tantôt fauve et tantôt foncé, dont les élytres présentent des séries de points bien régulières et sont otnés en travers de deux bandes grises blanchâtres qui sont habituellement interrompues au milieu; il est long de 1 millimètre 1/2 à 2 millimètres, et se trouve communément dans toute l'Europe et notamment auprès de Paris. On distingue parmi les autres espèces d'Europe le Ptinus rufipes, Olivier; le P. variegalus, Rossi; le P. crenatus, Fabricius; le P. Italiens, Chevrolat; le P. minutus, Duftschmidt, etc.
4°» GENRE. — HÉDOBIE. HEDOBIA. Ziegler, 1829.
In Latreille, (Wgiic animal de fi. Orner. E$u, je ronge; ëio;, vie.
Antennes un peu dentées en scie et plus écartées à leur base que dans les Ptinus; tarses courts, larges, aplatis, composés d'articles cordiformes, à crochets petits, cachés.
C'est au moyen des caractères différentiels que nous venons d'indiquer que l'on peut distinguer les Hedobia des Ptinus, avec lesquels ils ont été longtemps réunis.
Les Hedobia vivent dans le bois, comme la plupart des Ptinus; la larve s'y construit une coque oblongue, soyeuse, revêtue en dessus d'une enveloppe sétacée. M. Bouché a, ainsi que nous l'avons dit, décrit les métamorphoses de V Hedobia imperialis, mais il n'a figuré ni la larve, ni la nymphe. Chez ces Insectes, les femelles sont ailées aussi bien que les mâles, ce qui n'a pas toujours lieu chez les Ptines. On n'en connaît qu'un très-petit nombre d'espèces, qui toutes habitent l'Europe. Le type est YHedobia imperiulis I Ptinus), Linné, joli Insecte dont le fond est brun orné de poils roux, et qui présente sur chaque élytre une bande sinueuse, presque en forme d'S, produite par des poils blancs; son corselet offre deux taches de la même couleur; il est long de 2 à 3 millimètres, se
212 BISTOIRE NATURELLE.
trouve d.nsle bois, mais est rare, surtout auprès de Paris. Parmi les autres espèces, les deux plus Connues sont les llcdobia pubcsccms (Plimu), Fabricius, qui se prend quelquefois dans nos environ!, et rcgalis, Duftsmidt, particulier à l'Allemagne.
5me GENRE. - ÉLAPIIROPE. ELAPI1ROPVS. Motschoulsky, 1830.
Bulletins de la Société des naturjlisles de Moscou. EXa<j>pc;, agile ; «îj;, pied.
Tète triangulaire; palpes a articles de la même longueur : le deuxième cependant le plus petit, le dernier pointu; mandibules droites, triangulaires; antennes sêtacées, à trois premiers et trois derniers articles plus grands que les autres; corselet transversal, à angles extérieurs arrondis et à angles postérieurs coupés carrément; écusson petit; élytres larges, convexes; jambes ayant une dent au bord inférieur; crochets tarsiens bifides.
Les Elapbropes, que, d'après la disposition de la tète, des palpes et des antennes, M. Motschoulsky mettait entre les Scydmienus et les Ptimis, doivent être probablement placés auprès de ces derniers, quoique quelques entomologistes les aient rapprochés des Bembidium; mais, n'ayant pas vu ces Insectes en nature, nous ne pouvons l'aflirmer d'une manière positive. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, l'JS. caraboides, Motschoulsky, qui se trouve au bord des ruisseaux, sous les feuilles sèches, dans les régions transcaucasiennes, et principalement dans celles qui bordent la mer Caspienne.
6™ GENRE. — PT1LIN. PTIL1NUS. Geoffroy, 1764.
Abri é de l'Hls:olre naturelle des Insectes des environs de Paris.
tlviXcv, panache.
Tête verticale; mandibules courtes; palpes filiformes : maxillaires plus longs que les labiaux, a dernier article pointu; antennes insérées en avant des yeux, composées de onze articles : le premier renflé, le deuxième très-court, les neuf suivants dentés en scie dans les femelles, et portant un appendice en forme de rameau, une. seule de panache dans les mâles; corselet bombé; élytres allongés, presque cylindriques; pattes moyennes; tarses à articles entiers.
rire Ptilin a été distingué par Geoffroy pour quelques espèces placées par Linné avec les Plines. cl il ;i été adopté par tous le» entomologistes. Ce sont des Coléoptères qui vivent dans le bois à l'étal de larve < i d'Insecte parfait; ils font peu d'usage de leurs ailes, et sont assez petits.
On n'en connaît bien que trois ou quatre espèces, particulières à l'Europe, et dont le type est le Ptitinus peclinicornis (Pliniu), Fabricius, qui est long d'environ 3 millimètres, d'un roux foncé, ayant \,arfois la tête, le corselet et le dessous du corps bruns, enfin les élytres présentant des points irrégulièrement disposés et deux ou trois côtes très-peu marquées; on le trouve dans les bois des environs de Paris. Dejean en signale deux espèces de l'Amérique méridionale, les Ptitinus Amcricanu» et Brasilietuis.
C'est à cote de ce genre que Dejean (1834, Caialofiue des Colcoptires, 2e édition) range son groupe générique des Xystrophoru» (Çgsra*, slrigilité; ipopoç, porteur), dont on n'a pas publié la caractéristique, et qui ne renferme qu'une seule espèce, le X. serralicornis, qui a été découverte au Sénégal.
7""> GENRE. - XYLÊTINE. XYLETINVS. Latreille, 1829.
Règne animal de G. Cuvicr.
Si': ci, hois.
Tête inclinée; antennes dentées en scie, semblables dans les deux sexes, et bien flabellées cependant dans les maies; corselet incliné; corps trapu, en ovale court.
Ce genre, qui correspond à celui des Scrroccrus (serra, scie; xsjar, antennes), nom que lui avait appliqué dés 1 793 (in Schneider Magasin) Kugclann, et qui conséquemment devrait porter cette dénomination qui a l'antériorité, renferme des espèces qu'Illiger plaçait avec les AnobUim, et Fabricius, Panzer, Gyllenball, etc., avec les Plilinus. 11 diffère de ce dernier groupe générique par les caractères différentiels que nous avons indiqués.
M. Léon Dufour (Annales de la Société cntomologiquc de France, 2^ série, t. I, 18i5) a décrit les inélainorplioses d'un Xijlctiuus, qu'il nomme A'. Iicdenv. La larve, longue de 5 à 6 millimètres, esl blanchâtre, d'une texture très-délicate, molle, recourbée, distinctement segmentée, et présente six pattes articulées. La tête est à moitié enchâssée et fixée (Lins le premier segment thoracique, cornée, blanchâtre, arrondie sur les eûtes, à bord antérieur tronqué, noirâtre, semé d'aspéri- : icroscopiques, pilifères. Il n'y a ni antennes ni yeux. L'épistome est transversal, linéaire; le labre est semi-circulaire, velu; les mandibules brunes, pointues, simples, tranchantes; les mâchoires oblongues, à lobe interne bordé de soies spatulées. Les palpes maxillaires sont de trois articles, dont le terminal est grêle, cylindrique; les labiaux n'ont que deux articles, le dernier pointu. La lèvre est courte, tronquée, subéchancrée. Le corps est composé de douze segments, distincts, hérissés : lesthoraciqucsun peu plus grands, plus élevés; tous offrant, un peu avant leur union avec les ventraux, une boursouflure ronde, contractile, sujette à varier et même à s'effacer. Le segment terminal est arrondi, énorme. Les pattes sont hérissées de quelques poils assez longs; l'article terminal est rudimentaire, ovalaire, donnant insertion à un crochet simple, dorsal, long, faiblement corné. Celle larve habite dans les liges sèches du lierre (Hcdera hélix, Linné), tandis qu'une autre larve, celle de Y Anobium Latrcillci, Léon Dufour, vit dans le canal médullaire de la même plante. La larve du Xylelinus se creuse une galerie simple, plus ou moins ovalaire ou oblongue, perforée dans le liber, et n'atteignant jamais le canal médullaire de la branche. Elle s'y tient couchée, et se nourrit de la substance du bois. Aux approches de la transformation nymphale, la galerie se rapproche de l'écorce par un bout. Quand la larve se dispose, à la lin de mai, â passer à l'état de nymphe, elle perd sa courbure et se raccourcit singulièrement. La nymphe, longue de 2 a 3 millimètres, est nue, courte, ovalaire, Blanche, glabre. La tête est grosse, arrondie, et tellement inclinée sur la poitrine, qu'elle est invisible sur la région dorsale. Les yeux, d'abord incolores et sans relief, finissent par devenir violacés ou bruns. Les antennes sont déjetées sur les côtés, filiformes. Les quatre pattes antérieures sont seules en évidence, les postérieures sont cachées sous les Èlytres, qui sont rabattus, et les ailes dépassent le bout de ceux-ci. L'abdomen est terminé par deux petits tentacules biarticulés, divergents, qui finissent par disparaître. L'Insecte parfait, que M. Léon Dufour nomme Xylelinus hederœ, se rapporte m* Xylelinus lusvis de Latreille, et cardni de Dcjean, et probablement aussi au Plilinus lavis d'Illiger. 11 est long de 2 à 3 millimètres, brièvement arrondi, un peu convexe, d'un brun noirâtre, soycux-pubescent, brillant, non strié, avec les antennes, les palpes et les pieds d'un rouge teslacé; on l'a rencontré dans le midi de la France, et plus spécialement aux environs de Saint-Sevcr. Ce Xylétine, qui a la forme d'un Dorcaloma plutôt que celle d'un Anobium, se transforme en Insecte ailé dans sa galerie perforée dans les tiges de lierre pendant tout le courant de juin. Il y demeure plusieurs jours pour y prendre de la consistance, puis il perce l'écorce d'un trou rond pour s'envoler. Sa marche est vive, rapide, et ses antennes sont souvent dans un mouvement vibratile. Lorsqu'il esl surpris, il contrefait le mort en contractant et appliquant ses pattes contre le corps, absolument comme les Anobium, les Dorcaloma, etc. Il est rare en pleine campagne, et M. Léon Dufour, auquel nous empruntons les détails que nous venons de donner, ne l'a jamais rencontré que sur les feuilles du figuier.
M. Guérin-Méneville (Atm. Soc. eut. de Fr., 1846, Bull, lxvii) a fait des observations intéressantes sur les mœurs d'une autre espèce du même genre, le Xijlct'nuts setricornis (Ptinus), Fabricius, que Stephens illlustr. Brit. Lut.. Suppl.] désigne sons la dénomination de Tasioderma testaceuw; cet Insecte habite les pays chauds, principalement l'Afrique, et souvent il en vient des individus vivants a Paris, dans des boites à Insectes. M. Guérin-Méneville en a trouvé en abondance dans une céréale d'Abyssinie, que lui a remise M. Rochet d'Héricourt. Les larves de ce Xylétine, beaucoup plus grosses que les grains de la céréale d'Abyssinie, avaient fait des agglomérations de ces grains à peu prés de la grosseur d'un petit pois, et avaient rongé l'intérieur de cette masse. La céréale ainsi attaquée est le theffies Abyssins, qui la cultivent en grand, et sa graine donne une farine excellente, avec laquelle on fait du pain plus délicat et d'une digestion plus facile que le pain de froment. Celle céréale donne aux cultivateurs soixante pour cent, ce qui est un produit supérieur à celui du froment. Dès lors, on comprend combien ce Xi/letintts, qui est omnivore, peut causer de mal.
On en connaît une trentaine d'espèces, presque toutes européennes, mais dont quelques-unes toutefois sont particulières à diverses provinces de l'Amérique. Comme type, nous décrirons le Xylelhuis pectiuatus (PtUhius), Fabricius, qui est long de 5 millimètres, sur une largeur de 1 millimètre 1/2, qui se rencontre assez communément dans les arbres morts, même aux environs de Paris, et est brun, avec les pattes, ainsi que les antennes, d'un roux fauve, et les élytres distinctement striés. Parmi les autres espèces d'Europe, nous indiquerons les A', cylindricus, Gcrmar; hœmorrous, Sievens; serratus, Fabricius; buccpliulits, Illiger; ontalus, Gcrmar, etc , et, parmi les exotiques, les X. Americamts, [iicattts, holosericeus, Dejean; serricomis, Schoënherr, de l'Amérique, et variegaltu, Dejean, de l'île de France.
8™ GENRE. — OCIIINE. OCHINA. Zieglcr, 1840.
In Hope, Coleopierisfs Manual, t. III.
Étymologie incertaine.
Antennes un peu moins dentées en scie que dans les Xylctinus, un peu plus longues, avec les deuxième et troisième articles de longueur égale.
Le genre Ochine, fondé pour des espèces que Sturm rangeait avec les Anobium, n'est pas adopte par tous les auteurs, et Latreille, ainsi que Germar, en réunissent les espèces aux Xylilinus, dont ils ne se distinguent guère que par les caractères que nous avons indiqués.
On n'en a décrit qu'un petit nombre d'espèces, dont le type est VOcliina hederec (Xylelimu), Germar, qui est long de 2 centimètres sur 1 de large, pubescent, d'un brun rougeàtre, avec deux fascies transversales, formées de petits poils gris, l'un près de la base, l'autre vers l'extrémité des élytres; les antennes, une partie de la bouche et les pattes sont d'un jaune rougeàtre; il se rencontre dans le bois plus ou moins pourri, auprès de Paris. Une autre espèce, également européenne, est 10. sanguinicoliis, Dufismidt. Dejean en signale deux espèces exotiques, les 0. exarala, de l'Amérique boréale, et vestila, de Pile de France.
9me GENRE. - DORCATOME. DORCATOMA. Herbst, 1790.
Nalursyst. allen bckannicu in und auslandischen Inscclen. âcpxa;, cliévrc; TGjiin, porlion.
Tête presque cachée sous le corselet; mandibules épaisses, bidentées; palpes terminés par un article sécuriforme : maxillaires plus longs que les labiaux; mâchoires bilobées; antennes composées seulement de neuf articles : les trois derniers les plus grands de tous, les septième et huitième
COUÊOPTÈRES. 215
déniés en scie; corselet transversal; écnsson petit; élytres bombés, assez larges; corps globuleux; pattes moyennes; tarses filiformes, a articles serrés.
I.c genre Dorcatoma, fondé par Berbst, renferme des espèces que l'anzer plaçait avec les Dcrmestcs; il a beaucoup de rapport avec les Ptilins et les Xylétines; mais il s'en dislingue facilement par sa forme générale plus arrondie et parla disposition particulière des antennes.
Ce sont des Insectes de très-petite taille, que l'on rencontre habituellement sur le bois ou dans l'intérieur des champignons, principalement de ceux du groupe des Agarics.
(•u en connaît une dizaine d'espèces, propres à l'Europe, dojit le type est le Dorcatoma rubens, Gvlleiihall, qui est long d'un peu plus de 1 millimètre, sur une largeur de 1/4 moindre; il est presque globuleux, dune couleur rousse assez vive, avec les élytres distinctement pointillés, et présentant surtout à la base quelques rudiments de côtes ou de lignes; il n'est pas rare dans nos environs : les autres espèces européennes sont les Dorcatoma Dresdcnsis, Herbst; chrijsomelina, erlc; (lavicornis, Fabricius; af finis, Stevens, etc. Dejean en indique treize espèces exotiques, qui, sans nul doute, mieux étudiées, donneront lieu à la création de plusieurs genres particuliers : douze espèces sont américaines, telle est le D. murinum, du Brésil; une autre espèce, qui provient de l'île de France, est le D. holosericeum.
ÎO™ GENRE. — DRYOPHILE. DRYOPUILUS. Chevrolat, 1832.
Magasin de Zoologie de M. Gnérin-Méoeville. A:u;, Svjc(, chêne; fO,ia, j'aime.
Antennes presque de la longueur du corps, insérées en avant des yeux, de onze articles : le premier épais, ovalaire, le deuxième petit, un peu tronqué, les troisième à huitième courts, moniliformes, tronqués à la base, le neuvième droit en avant, sinué en arrière, le dixième un peu plus court que le précédent et que le suivant, les trois derniers épais, cylindriques et égalant en longueur tous les autres réunis; palpes maxillaires petits, de quatre articles : le deuxième médiocrement allongé, conique, le troisième carré, obliquement tronqué, le dernier très-long, pyriforme; tête petite, avancée; mandibules à peine visibles; yeux latéraux, proéminents, globuleux, réticulés; corselet aussi long, que large, subcylindrique; écusson arrondi, ponctiforme; élytres parallèles, de h largeur du corselet, à angle humerai élevé; abdomen composé de cinq segments, le dernier semicirculaire; pieds muliques, à trochanters triangulaires, à fémurs globuleux et à tibias droits.
Ce genre, que M. Chevrolat place entre les groupes génériques des Hedobia et des Anobium, ne renferme qu'une seule espèce, le Dryophilus anobioides, Chevrolat, que Dejean, dons son Catalogue des Coléoptères, regarde comme devant être réuni à l' Anobium pusillum, Gyllenhall. Cet Insecte a la forme et la taille d'un petit mâle é' Anobium pertinax, et l'on n'en a encore pris qu'un seul individu qui se trouvait sur des branches d'un vieux chêne aux environs de Saumur.
11™' GENRE. - VRILLETTE. ANOBIUM. Fabricius, 1773.
Systems Entomologie.
A/a, de nouveau; ëuu, je vis
Tête enfoncée dans le corselet; palpes filiformes, assez courts, mandibules tridenlées à l'extrémité; mâchoires bifides; antennes filiformes, insérées près des yeux, de onze articles : les trois derniers écartés, très-allongés, épais; corselet court, bombé; écusson petit; élytres convexes, allongés; pattes moyennes; tarses filiformes, à premier article long, les autres un peu aplatis, courts, presque cordiformes.
Ce genre a été établi d'abord par Geoffroy {Hist. des Insectes, 1761) sous le nom français de Yiillette, et en Ialiu sous celui de Bijrrlius. Linné rangeait alors ces espèces parmi les Dennesus;
SMG HISTOIRE NATURELLE.
dans les éditions de son Syslema naturœ qu'il a données ensuite, il adopta le nom de genre Bijrrlius. nmis pour l'appliqner aux Insectes que Geoffroy avait appelés Cisteta, et enfin, comme pour augmenter la confusion, Linné appela Cisicla d'autres Coléoptères que Geoffroy avait placés dans sa seconde division tics Tenebrio, el les Vrillettes de Geoffroy furent rangés par lui avec les espèces de Bruchus dont il changea la dénomination en celle de Ptinus. De Géer réunit les Ptines et les Vrillettes sous les mêmes noms de Yrillette en français et de Ptinus en latin. Heureusement enfin, pour terminer le différend, Fabricius introduisit dans la nomenclature entomologique la dénomination latine A' Anobium, par laquelle il désigna les Vrillettes, et il laissa dans le genre Ptinus les liruches de Geoffroy.
Pendant un grand nombre d'années ce genre est resté a peu près tel qu'il avait été fondé et sans être démembré; mais dans ces derniers temps [Mém. de la Soc. imp. des naturalistes de Moscou, 1845) M Motscboulsky a cherché à le subdiviser en trois coupes génériques delà manière suivante :
a. Xcstobium (;;<jtc;, champignon; Pieu, je vis), élytres sans stries et ne présentant qu'une ponctuation irrégulière. Type : X. tcsscllatum, Fabricius.
b. Priobium (ttptuv, scie; pioo>, je vis), élytres striés, à derniers articles des antennes pas plus longs que les précédents. Type : P. castancum, Fabricius.
c. Anobium, élytres striés, à derniars articles des antennes très-allongés. Type : A. pertinax, Linné.
Mais ces subdivisions, fondées sur de trop légers caractères, n'ont pas été adoptées. On doit peut-être y réunir aussi les genres Dryopkilus, de M. Chevrotât, et Dijsidcs [fotubi;, difforme), de M. Perty [Velectœ animalium urticulorum. I8Î1Q).
Les Anobium portent vulgairement en français la dénomination de Vrillettes. Le nom latin à' Anobium exprime une des particularités qu'offrent ces Insectes, celle de feindre la mort au moindre danger, et de rester dans la plus parfaite immobilité pendant des heures entières, afin que leurs mouvements ne trahissent pas leur existence, de sorte qu'ils ont en apparence la faculté de ressusciter, de là leur nom tiré du grec ava, de nouveau, derechef; p»u, je vis. je ressuscite. Quant au nom français de Yrillette, c'est un diminutif de vrille, instrument propre à percer le bois et à y former un trou rond, comme une tarière. Il a été imaginé par Geoffroy, ainsi qu'il le dit Ini-même, à cause de la particularité suivante. On voit tous les jours les vieilles tables dans les maisons cl les vieux meubles de bois percés de trous ronds et tout vermoulus. Si l'on aperçoit à l'ouverture de l'un de ces petits trous un amas de poussière fine de bois, on peut conjecturer que la larve de l'Insecte est dans ce trou; si on coupe peu à peu ce bois par lames pour découvrir le fond de ce trou ou de ce canal que l'Insecte a percé, on trouvera la larve, qui ressemble à un petit Ver blanc, mou, à six pattes écailleuses, avec deux fui tes mâchoires dont elle se sert pour déchirer le bois dont elle se nourrit, et qu'elle rend ensuite par petits grains qui forment cette poussière de bois vermoulu dont nous avons parlé. Ce n'est pas seulement dans nos maisons que les bois sont percés par les Vrillettes; certaines espèces de ce groupe attaquent les arbres vivants et sur pied, dans les campagnes et les jardins, et causent d'assez grands dégâts. La plupart des Anobicssont de petite taille et de couleur terne, et elles cherchent encore à dissimuler leur existence par l'instinct qu'elles ont de se contracter, de tomber et de rester immobiles au moindre danger, de sorte que les Oiseaux, par exemple, ou les autres animaux qui voudraient en faire leur proie, né trouvant qu'un corps sec, un peu arrondi, inanimé, qui ressemble plutôt au résidu des aliments de quelque autre animal qu'à un être vivant, ne cherchent pas à s'en nourrir. D'ailleurs, si l'on vient à les toucher, ces Insectes, semblant doués d'une crainte salutaire, gardent le repos le plus absolu; ils tombent dans une catalepsie complète avec les membres fortement contractés. De Géer, et depuis M. C. Duméril, ont plusieurs fois répété l'expérience de les placer dans l'eau, de les exposer à l'action la plus vive de la chaleur, de la lumière, sans pouvoir parvenir à leur faire donner le moindre signe de vie; mais, abandonnés à eux-mêmes el délivrés de la crainte par l'absence du mouvement, ces Insectes se sont ensuite développés, et leurs membres étendus leur ont servi à s'échapper par une course rapide ou à se confier à leurs ailes pour s'élancer dans l'air. Ces Insectes ont encore la falulte très-singulière de produire un bruit particulier de tic et lac ou de va-et-vient très-rapide, ana-
COLÉOrTLHES. 217
logue à celui d'une pendule dont l'échappement ne serait pas retenu par le balancier. C'est en frappant vivement la tête contre le bois, après s'être accroché fortement avec les pattes, que l'Insecte produit ce mouvement; c'est ce qui l'a fait nommer par les anciens Sonicipliate. Geoffroy avait soupçonné que l'Insecte avait la faculté de produire ce bruit; mais l'on sait positivement aujourd'hui qu'il le fait avec le sommet de la tête, qui est consolidée fortement dans son articulation en forme de capuchon dans le corselet, qui lui-même s'appuie sur l'abdomen et les élytres, et l'on rejette généralement l'opinion de Latreille, qui pensait que ce son était causé par le frottement des mandibules. Le bruit produit par les Anobium est très-monotone, peu agréable et leur a valu le surnom vulgaire d'Horloges de la mort. Il est évident que ce bruit est une sorte d'appel que fait l'un des sexes a l'autre; on voit en effet l'Insecte le produire partout où il soupçonne qu'il pourra être entendu de l'individu qui lui est nécessaire pour propager sa race.
Ces Insectes ne se trouvent pas exclusivement dans le bois; ils s'accommodent de toutes les malières dures, pourvu toutefois qu'elles ne soient pas de substance pierreuse, et ils ne sont pas rares dans les collections d'animaux conservés. C'est ainsi qu'on les trouve dans le corps des Insectes desséchés dont les muscles sont volumineux et dans les nids de quelques Hyménoptères; ces corps deviennent pour eux tout a la fois un séjour commode et une nourriture convenable, et ils s'y développent comme ils le feraient dans le bois. Quelque peu propres que semblent des parcelles de bois sec à la nourriture d'un être organisé, elles n'en sont pas moins recherchées par un grand nombre à' Anobium et d'autres Insectes, ainsi que nous le dirons. Les Coléoptères de ce genre subissent leurs métamorphoses dans l'intérieur des gaieries qu'ils se creusent et qu'ils tapissent de quelques fils de soie pour y passer leur état de nymphe. On suppose qu'avant de se transformer la larve a soin de s'assurer une sortie commode en se creusant d'avance une issue, et c'est ainsi qu'il faut concevoir le fait rapporté par MM. Kirby et Spence, d'une galerie percée par un de ces Insectes dans une bibliothèque publique, au travers de vingt-sept volumes : de telle sorte que l'on aurait pu, en faisant passer une corde en dedans, enlever les vingt-sept volumes. On doit admettre toutefois, dans ce cas curieux, ou que la Vrillelte s'était transformée à l'entrée delà galerie, et qu'elle s'était nourrie du papier de ces livres, ou qu'elle ne s'était frayé un chemin au travers de cette substance compacte que pour en sortir a l'état parfait. La direction de la galerie, parfaitement droite, semble prouver que l'Insecte cherchait à se frayer une issue, et que, ne pouvant sortir d'un autre côté, il s'élait trouvé forcé d'entreprendre un aussi long travail. Nous rapporterons quelques faits à peu près analogues à celui-ci et relatifs à d'autres Insectes Xylophages; nous citerons en particulier un Apate capucina qui a perforé des galeries assez longues dans l'intérieur de clichés typographiques.
On ne savait anciennement que fort peu de chose sur les métamorphoses de ces Insectes, et ce n'est que depuis une quinzaine d'années que trois entomologistes les on! fait connaître d'une manière plus complète. M. Bouché, en 185i (Nalurg. der Insecl.), a décrit les trois états de V Anobium tcssetlatum; M. fiatzeburg (Die forst Insccten, 1857) figure cette même espèce, et dit que les larves des Anobium nigrinum, perlinax et paniceum ressemblent à celle de l'A. lessellatum; enfin, en 1849 (Ann. Soc. eut. de France), M. II. Rouzet a étudié avec grand soin les métamorphoses des Anobium abictis et striatum, et nous lui empruntons les détails qui suivent : « Sur des pieux de sapin qui servent dans une des parties du Jardin des Plantes pour soutenir la toiture d'un hangar, je trouvai au commencement du mois de mai quelques individus de V Anobium abielis courant sur l'écorce; je levai avec soin ces ccorces dans l'espoir de trouver les larves qui les avaient produits, et mes recherches furent couronnées d'un plein succès. Je recueillis un grand nombre de larves de toutes grandeurs, de nymphes prêtes à se métamorphoser, et enfin des Insectes parfaits venant d'éclore. Dans une des espèces de bourses que l'on remarque dans les galeries creusées par l'Insecte, près de l'orifice du trou de sortie, je découvris un tas d'œufs. très-petits, d'un blanc jaunâtre. La larve doit vivre longtemps avant de se transformer, car j'en ai trouvé à tous les degrés d'accroissement, et elle passe très-probablement l'hiver sous cette forme. Sitôt que les larves sont écloses, elles commencent à se former une galerie, qui, d'abord presque imperceptible, prend bientôt de l'extension à mesure que les larves grossissent. Ces galeries sont longues, communiquent entre elles, se terminent par une petite bourse et contiennent une poussière noirâtre. Quand l'insecte va se transformer, il agrandit encore sa galerie, agglutine la poussière, et se forme ainsi une loge ovale qui, dans un de ses points, n'est séparée de l'extérieur que par une mince pellicule. C'esl ce 21 28..
faible obstacle que l'Insecte parfait détruit pour sortir de sa prison; mais toutefois les femelles semblent y rester jusqu'après l'accouplement. Les larves de YAnobimn abietis vivent dans l'écorce du sapin commun (Abics pecthrala, De Candolle), et n'attaquent jamais le bois, quoique parfois une faible partie de leurs paieries soit imprimée dans l'aubier. » Cette larve a C millimètres de longueur; elle est ordinairement courbée à la manière des larves de Scarabéidiens, et un peu renflée a la partie thoracique : sa couleur est d'un blanc jaunâtre avec la tète brun fauve, ainsi que les diverses parties de la bouche. Cette dernière est écaillcuse, avec un labre arrondi, cilié, une lèvre également arrondie el présentant deui palpes de deux articles, tandis que M. Ratzeburg en signale trois dans VA. tessellatum; les mandibules sont fortes, quadridentées; les mâchoires terminées par une brosse de poils; il semble ne pas y avoir trace d'antennes. Le corps est composé de douze segments : les trois premiers sont un peu épais, ridés, et portent chacun une paire de pattes inarticulées, terminées par un crochet; tous les anneaux du corps sont velus, et chaque segment porte à sa partie supérieure des spinules recourbées en crochets, dirigées en arrière, et servant a la locomotion; le dernier segment est pourvu d'un mamelon charnu, sur lequel on voit l'orifice rectale qui parait dirigé verticalement. La nymphe offre déjà toutes les parties de l'Insecte parfait; vue de profd, elle présente une saillie considérable de la tète que le prothorax déborde beaucoup en haut. On distingue les antennes, qui sont longues et couchées de chaque côté sous les pattes; les ailes atteignent la moitié de l'abdomen, qui a son dernier article terminé par deux appendices. Celte nymphe est d'abord blanche, puis elle passe au brun très-clair et enfin au brun vif. L'Insecte parfait éclôt une quinzaine de jours après sa métamorphose en nymphe.
Quant aux métamorphoses de XAnobïum siriatum, c'est dans une branche de marronnier tombée dans une des allées du Jardin des Plantes que M. H. Rouzet a été à même de les étudier, et qu'il a pu reomquer que les larves, au lieu d'attaquer l'écorce, comme celles de VA. abielis, creusent leurs galerie*. Marges et tortueuses dans l'intérieur du bois. Cette larve ressemble beaucoup à celle de VAnobium abietis; mais elle s'en distingue par sa taille, plus petite d'un tiers, et par les trois segments thoraciques offrant un renflement beaucoup plus considérable, enfin parce qu'elle est plus velue, plus blanchâtre. On ne connaît pas la nymphe. »
M. Léon Dufour (Ann. Se. nat., i" série, t. XIV, p. 219, pi. xn) a indiqué quelques-uns des points les plus intéressants de l'anatomie de VAnobium siriatum, et M. Al. Laboiilhène (Société de biologie, 7 juillet 1 849) a relaté les observations suivantes : « J'ai reconnu qu'il existe chez les Anobium abielis et siriatum une collerette élégante située à l'extrémité du jabot, au commencement du ventricule chylifîque; elle est constante aussi bien dans la larve que chez l'Insecte parfait. M. Léon Dufour, qui a découvert cet organe dans 1*^4. siriatum, le figure avec six appendices en forme de cœur de carte à jouer. J'ai vu sur un grand nombre d'Insectes une disposition un peu différente; les appendices ne pouvaient être comptés exactement : le bord de leur extrémité était sinueux comme celui d'une manchette et parfois découpé en lobes arrondis. Je crus d'abord à une glandule simple; mais j'ai pu reconnaître, sur une larve sacrifiée en pleine digestion, que les appendices glandulaires, au nombre de six, étaient entiers, arrondis au sommet; les rides, les ethancrurcs variables de ces poches me paraissent tenir a leur état de flaccidité, et, dans la turgescence digestive, elles offrent leur véritable forme, qui est celle d'un ovoïde renflé à son extrémité libre. J'ai essayé de dérouler et de compter les vaisseaux biliaires, et je n'en ai pu constater que six sur plusieurs larves et Insectes parfaits; leur insertion a lieu à l'extrémité du ventricule chylilique. Une autre particularité, c'est l'existence d'un corps allongé, ovoïde, sur les côtés du rectum. Les vaisseaux biliaires vont se rendre, non dans le rectum, mais dans cet organe elliptique, puis remontent et vont s'ouvrir dans le tube digestif. Y a-t-il seulement trois vaisseaux repliés et en anse comprimée, ou bien six vaisseaux émanant d'un organe particulier? Quoi qu'il en soit, on voit une sorte de poire allongée d'où naissenl six filets pédonculaires. Les filets sont un peu variqueux en sortant de ce corps, mais plus haut et à leur insertion ventriculaire, ils sont tout à fait cylindriques. »
On a donné la description d'une trentaine d'espèces iïAnobium, presque toutes propres à l'Europe, mais dont quelques-unes cependant ont été découvertes dans l'Amérique boréale, telles que les A. hïrlum, punllum, minimum, Dejean, etc., et une {A. pygmœum, Dcjean) particulière à l'île de France. On a cherché à subdiviser ce genre de différentes manières, et M. de Castelnau propose d'y former les deux divisions suivantes :
1" SOUS-GENRE. — espèces chez le«;deli.es les élïtres ont des stntts hi'cilièdes ce points entoscés.
Types : Anobium striatum, Fabricius, long de 2 lignes 1/2 et large de 1 ligne, brun, pubescent; le corselet avec cinq enfoncements, deux aux bords latéraux, deux autres près de l'écusson et un en dessus au milieu, le bord postérieur avec des poils jaunes; les élytres avec des strias fortement ponctuées. —A. abictis, Fabricius, long de 1 ligne 1/2 et large de 1/2 ligne très-finement ponctué, pubescent, d'un brun rougealre clair. — Tous les deux se trouvent assez communément aux environs de Paris; le dernier sur les pins.
2me SOUS-GENR.E. — espèces ayant des élttres ponctués régulièrement.
Type : Anobium lessellatum, Fabricius, long de 5 lignes 1/2, large de 1 ligne 1/2, très-ponctué. avec un grand nombre de petits faisceaux de poils jaunâtres qui forment sur la tète, le corselet et les élytres, une espèce de marqueterie; antennes testacées; dessous du corps et pattes couverts de poils gris jaunâtre. Habite les environs de Paris.
Fig. 1 34 . — Strongylus scriccus