Lctlers, p. 303-306. Cauipliell. liitrod., p. xlix
le harassait, et il songeait à la quitter ' pour aller s'établir en Italie ou dans le Midi de la France. On pourrait dire alors de lui ce qu'il avait dit de Lloyd avant son départ pour l'Allemagne, chaque heure le crée à nouveau.
Politiquement, la situation était difficile. Toutes les nouvelles qui arrivaient du continent étaient mauvaises. C'étaient les victoires de Napoléon en Italie, celle de Masséna à Zurich, la Constitution de l'an VIII. Comme Southey à cette époque, Coleridge aurait voulu un roi en France (( pour pendre Siéyès et Bonaparte, car la guillotine est une mort trop républicaine pour des reptiles de cette espèce ». Il projette encore avec Southey une histoire du principe égalitaire depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, il se rapproche de Godwin et lui demande de présider au baptême d'un nouvel enfant qui lui arrive en 1800. Godwin, l'austère jacobin, refuse, et Coleridge semble n'avoir pas su ce qu'il voulait en lui demandant ce service, car, nous l'avons vu, il tenait fort peu luimême au baptême des enfants -.
De même, il commençait à se débattre dans les contradictions politiques dans lesquelles il devait passer toute sa vie. Il ne voulait pas abandonner ses amis, même compromettants comme Godwin, quand, après tout, il les jugeait honnêtes gens, et il refusait obstinément de se rallier à ses ennemis quand cela aurait été utile. Il dut souvent être embarrassé dans sa tâche de journaliste, par exemple quand il dut rendre compte du discours de Pitt sur la politique