Lelters, p
•21 tj S. T. COLERIDGE.
que nous connaissons, on peut dire qu'il n'existe pas d'exposé systématique de la pensée piiilosopliique de Coleridgc par Coleridge lui même. Mais ceci ne serait qu'un détail d'intérêt surtout biographique, s'il était possible de reconstituer un système avec les fragments qu'il a laissés, comme on l'a fait plusieurs fois pour Leibniz, qui lui aussi n'a pas laissé d'exposé complet de sa doctrine. Mais on ne peut pas exposer le système de Goleridge parce que Coleridgc n'a pas de système, il n'a que des opinions. Ses opinions critiques, il est permis d'en faire bon marché, car il n'a jamais pris la peine, si on en juge par les résultats, de faire une étude approfondie d'aucun système. Ses opinions personnelles, ce sont plutôt comme il l'a dit lui-même, cofjilahiliti, des pensées proposées, des thèmes de rêverie que des affirmations ou des hypothèses précises, cof^iluta '. 11 faut les prendre pour leur valeur littéraire et poétique, qui n'est pas à proprement parler une valeur intellectuelle. Mais ce qui rendait douloureuse chez lui la recherche philosophi(jue, c'est qu'elle n'était pas consciemment ce qu'elle était réellement, la poursuite comme en un rêve du dessin dune arabcscpie sans commencement ni fin.
Coleridgc se proposait un but, celui de fournir une doctrine intellectuelle au christianisme anglican, ou, comme on l'a dit, réconcilier la religion et la philosophie. Mais dès 18Ul il était si profondément imprégné d'une pensée toute théologique qu'il ne réussit jamais à s'en défaire, si seulement il l'a tenté. 11 cherchait des arguments pour la religion dans la philosophie plutôt qu'il ne philosophait. Pour lui comme pour un Philon, ce (|ui était donné, c'était