‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 148 sur 191 · Lake Poels, p. dOO · texte numérisé non relu

Lake Poels, p. dOO

cause du succès du Weekly Political /{egistcr du radical Cobbelt,,qui paraissait depuis 1802, répandant l'ivraie là où Coleridge voulait semer le bon grain. En 1808 venait de se fonder Y Examiner de John Hunl, qui devait devenir le journal de Leigh Hunt. Mais l'un était trop politique, l'autre trop littéraire pour correspondre au type rêvé par Coleridge.

Gomme les revues piétistes allemandes du xvnr siècle et comme le Spectaior d'Addison, il voulait faire œuvre moralisatrice, dans cette Angleterre que son zèle religieux trouvait atteinte de deux maux profonds, le (( jacobinisme », c'est-à-dire la tendance démocrati(iue, et la frivolité d'esprit, l'inlluence des (( principes français' ».

On était au milieu des guerres de l'Empire, Napoléon l'Antéchrist n'était pas encore abattu et la fortune n'avait même pas encore commencé de le trahir en Espagne. « A la consistance, à l'énergie et à l'unanimité dans la perversité nationale doivent s'opposer la constance et l'énergie sans relâche dans la vertu nationale, qui, pleinement déployées, font sortir des secrets de leur nature une plus grande constance et une plus grande énergie '-. »

C'est une tâche de relèvement national qu'entreprit Coleridge, mais dans les conditions les moins favorables au succès. 11 alla s'établir à (îrasmerc, i)Our être dans le voisinage de ^\'ords^vorth et de Southey, à vingt-huit milles de la petite ville la plus proche, Penrith. Il trouva un imprimeur à grand'peine et <iuand l'imprimeur fut trouvé il fallut lui acheter des caractères. Ensuite la distribution du prospectus

1. A feehle ficnchificd ptihlic, Lellerx, p. So'J. Voir celle lellre où il explique à i'oole commcnl VAmi ne pouvait èlre cependant ce qu'avait été le Speclalor.

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