‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 150 sur 191 · Essai 0 de la -l" partie, p · texte numérisé non relu

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pas un anti-Jacobin anglais comme les autres, il n'a pas passé au camp de ceux ((ui le poursuivaient autrefois, lui et ses amis. Il lui semble qu'ils justifiaient l'agitation révolutionnaire par leur haine et leur aveuglement '. Ils dénonçaient la Révolution française, mais tous, par leur conduite, préparaient une Révolution anglaise.

C'est ainsi que Coleridge peut soutenir que, dans son enthousiasme révolutionnaire, il soutenait au fond la même doctrine qu'aujouid'hui, une doctrine d'ordre et de stabilité, car c'étaient ses adversaires qui menaient l'Angleterre à la Révolution, et non pas lui. Il peut réimprimer une de ces conférences « révolutionnaires )> faites à Rristol en 1795, on verra que la conclusion en est : « Allez prêcher l'Évangile aux pauvres ^ ».

Il y a bien autre chose dans VAtni que cette apologie personnelle. On peut même dire qu'on y trouve l'ébauche de toute la philosophie politique et sociale de Coleridge. C'est une œuvre essentiellement anglaise, un essai de compromis. Coleridge voudrait éviter les excès de la réaction comme ceux de la Révolution. Il s'est trompé bien souvent sur la possibilité de telle ou telle réforme dans la politique intérieure, et en fait de politique extérieure il a toujours cru (|ue son pays avait agi irréprochablement, même à (Copenhague, même à Malle. M;iis il n'a jamais fait l'apologie de la force et il n'a jamais cru, comme Carlyle, (|u'elle crée le Dmit. Il a cru à un droit moral, fondiMuenl des sociétés et des rapports entre les nations. Kst-ce force ou faiblesse? En tous cas ce fut la caracléristi(|ue de sa doctrine, qui était

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