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chrétienne, que de penser que le christianisme ne peut se plier à tout et tout justifier \ • Mais, dans la pratique, la forme de ses prédications, comme douloureusement arrachées à une âme dont la force morale était trop inférieure à la noblesse de ses idées, discontinues, contradictoires et obscures, n'était pas faite pour lui assurer une grande influence. Il n'arriva pas à se faire ce qui est plus important encore qu'une doctrine, une figure morale qui inspire. Carlyle, Ruskin furent tout de suite Carlyle et Ruskin. Coleridge se chercha toute sa vie, douloureusement, ne put s'arrêter à un type, quoiqu'un type moral fût réalisé en puissance dans ses idées, par opposition aux idées du jour. Ce n'est qu'après sa mort qu'on put dire qu'il avait fait que tout Anglais était Benthamite ou Coleridgien '-.
De son vivant, il fut toujours incompris et regardé avec étonnement, mais sans trop de respect. Ce fut la torture des années qui suivirent l'échec de la tentative faite dans VAmi, que ce sentiment d'être incompris, de prêcher dans le désert. Si Coleridge renonça à continuer sa publication, ce fut découragement, plus encore que paresse. De tous côtés on se plaignait que la Revue n'était pas assez intéressante. Mais Coleridge, nous l'avons vu, n'avait pas voulu être inléressanl. Dans les derniers numéros, il donna ses souvenirs d'Allemagne [Satyrane's Leliers), puis ses souvenirs de Malte sur sir Alexander Bail, et sans doute le public ne fut pas plus satisfait. Vers la fin
1. Oïl ne peut songer à donner ici une exposition complète (lu système exposé dans VA?7ii, comparé aux autres œuvres morales de Coleridge. On la trouvera dans l'ouvrage de M. Oestre, p. 470 et suiv. l'eut-ètre pourrait-on penser que M. G. fait Coleridge un peu plus libéral qu'il n'est.
2. Stuart Mill, Dissertatioiis and Discussions, t. I, p. 397, article sur Coleridge (1840) dans la Westminster Reviev:.
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de 1810, après avoir cessé la jjiililicalion. il ne se sentit plus le courage de vivre dans sa famille, auprès d'une femme qui ne « savait plus que faire ni ({\te penser » en le voyant dans le désespoir et l'inaction depuis quatre ou cinq mois '.
Un malheur plus intime encore, ce qu'il fallait, aurait-on pu croire, pour l'achever, était survenu. Il s'était brouillé avec W'ordswoiih <fui avait averti, imprudemment peut-être, de l'état d'esprit dans lequel il se trouvait, Basil Montaguqui voulait bien recevoir Colcridge à Londres. Montagu avait répété à Coleridge, en les exagérant, les paroles de Wordsworth.
WordsNvorth aurait dit qu'il « n'avait plus d'espoir pour lui ». L'imagination malade de Colcridge. travaillant là dessus, se reiirésenta son Dieu le maudissant et le rejetant loin do lui. Les explications de Words\\ortli, qui étaient prosfjue des excuses, ne le satisfirent i)as, il cessa de le voir pondant un an et demi, jusqu'au jour ou Crabb Hobiiison, leur ami commun, les réconcilia. Mais si « ce f[ui avait été ne pouvait ôtre entièrement détruit )), la conliance entière ne pouvait non plus revenir jamais, et c'est sans doute alors que Colcridge écrivit lo plus désespéré do ses poèmes ^
.l'ai fait l'cxpriience De ce que le monde peut m'infliger de pire Le pire, ce qui peut rendre la Vie indifl'érente et encore Tioubler de son murmure chagrin la prière agonisante. J'ai vu tout ce qui donnait à mon cœur un intért'^tdaiis la vie Arracln'', fidevé à mes espt'Tances et rien n'en est resli' ; lN)Uri|ii(ii dijiie conliiiin'i- il<' vivre?