‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 152 sur 191 · am|tbell, Inlrod., p. i.x.v.xi · texte numérisé non relu

am|tbell, Inlrod., p. i.x.v.xi

2. Id., lnlro<l., p. Lxx.\ (ITJ-sO). I.cllvrs, p. b77 S(]., uS(l-S, .V,»8, 012: Knighl, Life of VV., t. Il, p. 10:1 s(|.-, FraMmcnt "o dans I». W., ifi2.

On trouverait cette plainte exagérée, si on ne se rappelait ce que l'àme de Coleridge dut toujours à la suggestion de ceux (jui l'entouraient. Si on n'avait plus d'espoir pour lui, il n'avait plus d'espoir. Il avait pour ainsi dire placé en Wordsworth sa raison de vivre et sa consolation. Du moins il le croyait, mais c'était plutôt dans l'amitié de Wordsworth pour lui qu'il avait placé toute son espérance. Il y avait eu un premier réveil douloureux au retour de Malte, quand il avait vu Wordsworth heureux, parfaitement et implacablement heureux, sans lui, et sans que son bonheur le rendît, lui Coleridge, à l'espoir. A ce moment encore il avait pu se faire illusion. Mais maintenant Wordsworth l'abandonnait, croyait-il. Le perdant, il perdait aussi l'amitié de sa femme, de sa sœur, de Sarah Hutchinson, toutes ces amies dévouées qui Tentouraient a Grasmere, sinquiétant de sa santé comme un malade aime qu'on s'en inquiète, copiant ses manuscrits ou plutôt écrivant sous sa dictée, car il ne pouvait plus écrire. N'oublions pas qu'il avait un cœur pour qui l'amour signifiait avant tout : être aimé. Il resta toujours ainsi, mais cette brouille avec Wordsworth, qui le fit cruellement souffrir, lui apporta une sorte de libération. Il cessa de s'humilier, même quand ils se furent réconciliés, et c'est à cette indépendance nouvelle que nous devons les admirables chapitres de la Bio- (jraphia Literaria sur la poésie de Wordsworth.

Celui-ci n'en fut pas satisfait; on aime à avoir un adorateur, fut il unique, mais pour Coleridge était-ce avoir payé trop cher son expérience, s'il avait ap|)ris ((u'il n'y a sur terre que des hommes?

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