I.f;cliires, |>. It'.Mj. Comparer Tattle TuUf, p
2. Voir Lectures, Appendix, p. ."in sq., 538; TuOlr Tullf, 11. m, 2;i() el comparer 74.
:t. Anima l'oelae, i>. I.=il, 22'.», 230, 2'J3.
qui est restée classique. Mais c'est surtout aux encouragements et aux éloges publics de Coleridgedans ses lectures que Cary dut le succès '.
A partir de ce moment Dante devait avoir une profonde influence sur la poésie anglaise et aussi sur la peinture des préraphaélites. Déjà des chercheurs mystiques comme Blake, des classiques comme Flaxman avaient entrepris de le faire connaître par leurs illustrations. Mais Coleridge, en faisant lire la traduction de Car3% en donnant la véritable signification de Dante comme « lien vivant entre la religion et la phi losophie», cest-à dire comme poète du Christianisme médiéval, eut plus de mérite. Naturellement (étant donnée son opinion du catholicisme), il préférait Milton à Dante, du moins dans la combinaison des doctrines avec la poésie, mais il osait trouver Dante supérieur dans le style. C'était une révululion dans le goût « insulaire )) de TAngleterre. Un autre exemple de cette large ouverture d'esprit, c'est l'admiration de Coleridge pour Cervantes et Rabelais, à propos desquels il essaya de préciser la distinction entre l'esprit et l'humour, qu'il ramenait à sa théorie de l'imagination et de la fantaisie'. Don Qiiirholte avait été populaire en Angleterre au xviii" siècle, Smollett l'avait traduit et Ficlding l'avait imité, mais c'était surtout comme un amusant roman d'aventures qu'il l'tait apprécié et c'est Coleridge qui, le premier,
1. Sur la Iraduclion anglaise de Danlc avant Cary, voir H. -A. Beers, Romanlicism in Ihc A7.V'" Cenlury, p. 95 sq.; Can/s Infenio, 1805; Coinmedia, 1814. Voir Lellers, p. 076 sq. et n., et Coleridr/e on Cary's Dante, Alhenaeiiin, 7 janvier 1888. Coleridge ne parle que de l'Enfer, mais il est exagéré d'en conclure, comme l'a fait Lowell, qu'il n'avait pas été plus loin dans sa lecture.
2. Miscellanies, p. 111. Sur Rabelais, iOid., p. 127, et Tahle Talli, lo juin 1830. I.a conférence sur Rabelais est dans le Tutler de Fjcigh Ilunl, t. Il fnon cité dans Haney).
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croyons-nous, a clierclié une sig-nilication à l'œuvre. Sûrement sa métliode d'interprétation pliilosophique est un peu lourde. Don Quichotte, est-ce bien « la raison sans l'entendement )), et Sancho. « l'entendement sans la raison »?
Nous nous défions un peu de retrouver Kant en cette affaire, surtout quand nous apprenons encoreque dans Rabelais, Pantagruel est la raison et Panurge l'entendement. Ce qui explique tout n'explique rien. Mais Coleridge a eu le grand mérite d'aimer ces deux exprits si différents du sien et d'être, entre tant d'autres choses, un humoriste. Il a seulement oublié de nous expli(iuer comment Rabelais pouvait être Français, en le classant parmi les plus grands esprits créateurs du monde, avec Shakespeare, Dante et Cervantes.
Nous ne pouvons donner ici (ju'unë idée superficielle des conférences de Coleridge. Ce n'est pas trop de dire que ce fut une révélation à l'Angleterre d'une grande partie de la littérature européenne, vue par un esprit singulièrement original et libre de préjugés, quoique trop entêté de philosophie et d'idées générales.
Plusieurs des contemporains de Coleridge connaissaient mieux (|uc lui telle ou telle période, Lamb avait plus de goût et Hazlitt plus d'éclat. Coleridge est parfois au-dessous de son temps comme érudition, et notamment en ce qui concerne le .Moyen Age, où il n'est pas à la hauteur d'un llallam, par exemple. Si on le note ici, c'est seulement parce qu'on a voulu lui attribuer la science universelle.
Mais il n'y cul pas de son temps un es|)iit [)his p;issi(jiin('' de la littérature, plus ouvei't à S(in vérilabk- sens. .\ sa manière nonchalante, il ouvrait ties horizons infinis, et si la littératuie anglaise a profondément subi, au xix'' siècle, l'inlluence de la littc-
rature continentale, c est en partie à Coleridge qu'on le doit. Il faut aussi attribuer une grande importance à SCS notes sur le style des écrivains, ou plutôt sur la psychologie de leur style, car le côté technique, grammaire, versification, étymologie, échappait à sa critique purement subjective, qui pouvait seulement décider des questions de goût. Sa critique verbale est sans valeur, mais son interprétation des détails de style ou de versification est souvent excellente, et c'était une nouveauté en Angleterre que cette attention qu'il y portait.
Coleridge, plus que personne en Angleterre, devait contribuer à préciser cette idée du style et il commença dans ses Lectures l'œuvre de la Biographia Lilemria.
Un autre sujet que Coleridge a été l'un des premiers à traiter dans ses Lectures, c'est l'esthétique proprement dite. Il attachait une extrême importance aux conférences sur les beaux-arts qu'il donna à Bristol en 1814. Malheureusement il en perdit le texte et négligea de les récrire, avec sa paresse habituelle, de sorte que nous n'en avons que des fragments ou plutôt des analyses, parues alors dans un journal de Bristol, assez décevantes, quoique les idées portent bien la marque de Coleridge.
Celle de l'unité de l'art est la plus importante, et vraisemblablement elle venait de l'Allemagne, probablement de Schelling, dont ces Essais semblent avoir subi rinlluence. Ce que Coleridge appelle poesij c'est V'ui, au sens où Racine et Shakespeare sont des artistes aussi bien que Michel Ange ou Léonard de Vinci. La notion n'était pas anglaise.
Quoiqu'il y eût une idée claire de l'art dans la littérature, depuis la Renaissance, on ne songeait pas à le rapprocher des arts plastiques, et Coleridge lui même, après avoir établi cette identité fondamentale de la
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faculté artistique dans ses divers nioj'ens d'expression, ne voulut traiter que de la peinture et de la sculpture qui sont la poésie universelle, non confinée dans le domaine d'une lang-ue'.
Mais il n'y en avait pas moins là une idée nouvelle en Angleterre, que ni les Discours de Reynolds, ni VFssoi sur le sublime et le beau de Burke. qui constituaient à peu près toute la littérature esthétique de l'Angleterre, n'avaient précisée.
Quant à la définition du beau que donne Coleridge, la multiplicité dans l'unité, clic a la valeur (j n'ont toutes les définitions de ce genre. C'est le commentaire par l'étude des œuvres qui serait important, et Coleridge ne l'a pas donné. Ce qui est intéressant pour l'étude de son esprit, c'est de voir que, quoique la définition soit empruntée à Schelling, Coleridge essaie de la rattacher aux néo-platoniciens, à ce Plotin qu'il avait tant admiré. La série des articles donnés à ce journal de province se termine par une citation de Plotin et annonce la suite, pour plus tard (( dans un mode d'esprit plus élevé, sur un sujet plus noble, pour une audience plus appropriée, plus avertie intérieurement et extérieurement que c'est une profanation que de parler de ces mystères ».
iN'est-cc pas un curieux exemple d'inadaptation à la vie? A ce moment Coleridge avait complètement oublié qu'il écrivait pour un journal, et (|ue soji but était de rendre service à son ami AUston, en prenant prétexte de son exposition de peinture à Bristol pour discourir sur les principes {\{^ l'art. .Mais ce n'est pas la seule trace du trouble d'esprit où se trouvait alors Coleridge (|ue renferment ces obscurs Essais. 11 faut toujours en revenir là, ce ne sont (pie les ruines diinc