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PREDICATIONS, 313
étaient disciples de Platon, mais les vivants de l'âge présent laissent sagement les morts avec les morts '!
Ceci n'est-il pas tout à fait ruskinien déjà? Si les peuples ont perdu la foi, le respect et le sens de la beauté, c'est la faute de la science, cette superstition'!
La plus importante des influences qui peuvent contrebalancer celle de 1' « esprit commercial » c'est celle de la religion. Mais où se trouve maintenant la vraie religion? Les Unitaires sont à peine des chrétiens. C'est la religion du sens commun. Si elle était logique, elle n'aurait que faire de l'Écriture. II existe une minorité intéressante par la pureté de ses mœurs et sa familiarité avec l'Ecriture, ce sont les Quakers. Mais leurs principes moraux sont presque ceux d'une morale laïque. Ils ont abandonné toute la partie spéculative de la religion. Et avec la religion s'en vont la philosophie et la poésie, dont elle renferme toute l'essence. Que la religion en général n'ait plus la même part qu'autrefois dans la vie, la violence môme des passions politiques le prouve : la tolérance actuelle en fait de religion n'est qu'indifférence. 11 n'y a plus de théologiens, plus de sermonnaires. Il y a des écoles où on prétend n'enseigner de la religion que ce qui est commun à toutes les reli-
i. P. 3G2, 3G4. / pains me to remember with what ap/ilause a vjork thaï placed l/ie inductions of modem chemistry in the same rank voilh the démonstrations of mathemalical science, ii as receiued even in a malhematical Universitij. 11 faut se rappeler que Priestley était unitaire et que Lavoisier était Français. Mais surtout Coleridge, qui essaya plus lard de se distinguer dans une physique et une chimie a priori (l'idée tl'une métaphysique de la qualité fut une de ses conceptions favorites) ne paraît pas avoir jamais eu la notion de la nature vraie de rex[iérience.
■1. Comparer l'Introduction, p. 323-24, où une allégorie nous montre la superstition alliée à la science de la nature.
gions, et on veut répandre clans le peuple des Bibles sans notes et sans commentaires '!
Ainsi l'esprit commercial triomphe. Comment se manifeste-t-il? On dit que les crises périodiques du crédit ne sont qu'une tendance perpétuelle à l'équilibre. Mais n'est ce pas là une définition de la tempête, dit spirituellement Coleridge, et l'équilibre lui-même nous ne le voyons jamais s'établir. Les personnes ne sont pas des choses et les personnes ne retrouvent pas leur équilibre social après les crises. Toutes les ruines ne sont pas réparables, l'insécurité à elle seule est démoralisante. Voyez, dit Coleridge, (( les mœurs romaines sous le triumvirat, le règne de Charles II, et Paris en 1817 ». 11 ne faut ]ias espérer que la révolution commerciale n'aura pas le même effet que les révolutions politiques.
La vie humaine s'est augmentée en quantité, mais examinons la qualité des articles. La vie humaine est un métal malléable, dont on peut faire le poignard de l'assassin aussi bien que l'outil de l'ouvrier. Coleridge a vu de grandes misères, un district d'Ecosse dépeuplé. Et qu'on ne dise pas que la balance du bonheur humain total penche en faveur du nouvel état de choses : (( Car j'ai passé par plus d'une ville manufacturière depuis lors, et j'ai vu plus d'un groupe de vieux et de jeunes, des hommes et des femmes, h l'aller et au retour de l'usine, mais je n'ai jamais pu me contraindre à cette opinion. Je crois toujours qu'il faut peser les hommes et non les compter, et que leur valeur ii)lrinsrf|ue doit rester le critérium final )).
Or les riucluations des salaires ont amené l'imprévoyance dans la classe ouvrière, et avec elle le