‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 180 sur 191 · Aids la Ri'fleclion. Londres · texte numérisé non relu

Aids la Ri'fleclion. Londres

Que s'il y a quelque chose de spirituel dans l'homme c'est la volonté.

Que s'il existe une volonté il doit y avoir quelque chose de spirituel dans l'homme '.

Et on pourrait résumer ainsi la doctrine ellemême :

La volonté et la raison sont d'ordre surnaturel.

Cette doctrine est colle du christianisme.

Donc le christianisme est conforme à la raison.

Coleridge a-t-il démontré avec Kant que la volonté et la raison sont d'ordre surnaturel; a-t-il démontré par lui-même que cette doctrine est celle du christianisme, nous ne le rechercherons pas, il nous suflit ((uil l'ait cru, pour expliquer sa position religieuse. Uobinsou appela son œuvre « la meilleure adaptation du kantisme au sentiment religieux anglais - ».

C'est celui de ses ouvrages ((ui a eu la plus grande influence de son vivant. Le retour à la tradition religieuse du xvii'= siècle, plus spirituelle et moins terre à terre que celle de l'ÉgUse anglicane du xvni', devait plaire à tous ceux qui demandaient un esprit nouveau à l'Éghse d'Angleterre, sans vouloir pour cela l'abandonner. La démonstration que tenta Coleridgc de l'accord de la religion et de la raison est bien fragile, mais, comme on l'a dit, l'émotion spirituelle arrive à se faire jour à travers toute cette spéculation '.

.Surtout, c'est comme manifeste d'un ralliement déliiiitif à l'Eglise d'Augletcrreque le livre est important. L'iiillueiice de l'enseignement de Coleridge contre U) mouvement catholicinc ipii suivit fut iléci-

a. {{nbinsDn's Diari/, l. Il, p. 20.

;f. C.-II. Herford, Age o/ Wordswoiih, j). :\2.

sive. L'école coleridgienne, sans qu'on en eût beaucoup approfondi les doctrines, représentait une Réforme nouvelle de l'Eglise anglicane par elle-même, un retour à la tradition de sa doctrine, à égale distance du catholicisme et des sectes nouvelles apparues dans le protestantisme anglais au cours du xvuF siècle. C'était un livre purement anglican, qui apparaissait au moment où l'Eglise anglicane semblait n'avoir plus de doctrines, et tout le monde s'y rallia. On a pu dire que, sans Coleridge, il n'y aurait pas eu de (( mouvement d'Oxford ». En tous cas, sans Coleridge, Newman aurait peut-être réussi ^

C'est ce livre qui précisa l'influence de Coleridge sur Maurice, Sterling, Hare. Irving se déclarait presque converti. Depuis l'évêque de Londres jusqu'à Blanco White, le converti du catholicisme, qui allait bientôt devenir hérétique, tout le monde admirait -.

C'est Carlyle qui a écrit :

« Coleridge, en ces années, était assis au sommet de Highgate Hill, regardant d'en haut Londres et son tumulte enfumé, comme un sage échappé à l'inanité delà bataille de la vie, attirant vers lui les-pensées d'innombrables âmes vaillantes qui y étaient encore engagées -^ ». Mais c'est lui aussi qui, amené à Highgate par son ami Irving, fut si désappointé par la conversation de Coleridge qu'il traça de lui des caricatures célèbres, comme il en savait faire, avec tant de

1. Voir, contre le catholicisme, Aids lo Reflection, p. 256, et Notes Ms. â Blanco White, Practical and internat Evidence aqainst Calkolicism (BAI., G. 43, h. 19), 182o, imprimées clans Taylor, Critical Annotations, p. 20 sq. D'autre pari, Coleridge se sépare dans les Aids to Reflection des mystiques comme William Law (t. I, p. 316, 317, 320 sq.), et blâme les Wesleyens dans Churcli and State, p. 153, n.

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