‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 29 sur 191 · Lellers, p · texte numérisé non relu

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A LUNIVERSITE. 63

jamais, u J'ai peu de foi, écrit-il dans la même lettre, et cependant j'aime extraordinairement à spéculer sur les théories mystiques. On peut tirer quelque sagesse des élans les plus fous de Timagination, de même que des remèdes ont été trouvés par hasard dans les recherches désordonnées des alchimistes. »

C'est dans les crises que se révèle le caractère dans ce qu'il a de profond, ce qu'on ne dit pas, ce qu'on ne sait pas de soi-même. Ce garçon de vingt-deux ans, habillé en dragon, qui rêve sur le cheval « jeune et indiscipliné comme lui » qui Vemmène, constate-t-il avec quelque mélancoHe, « presque tous les jours », non sans « une grande perturbation dans son système nerveux », qui pourrait lui en vouloir? « Ses intentions étaient vertueuses et l'énergie qu'il avait déployée, vigoureuse, mais sans suite. » Il se connaissait, il se jugeait avec une lucidité impitoyable, mais qui ne lui servait guère, car la redoutable fertilité du fond de son âme, qui lui restait inconnu, produisait fantôme après fantôme et rêve après rêve. Après une bien-aimée énigmatique, nous verrons apparaître l'ombre de la Révolution, puis la Pantisocralie, puis la Poésie, la Philosophie, une foule de déesses toujours trahies, jusqu'au jour où l'épuisement ne permit plus le changement.

Pour le moment, très sage, il s'efforce de « sentir ce qu'il devrait sentir », mais il rappelle à son frère, le clergyman, que la foi n'est pas volontaire, qu'on ne peut pas dire : (( A présent je vais être chrétien » et il ne sait pas bien s'il l'a, cette foi '.

Un certain désordre d'esprit, voilà ce qu'il y a de plus certain dans cette étrange aventure. Y avait-il déjà là, avant l'opium, quelque chose de morbide,

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