Cestre, Poêles atiglais, p. l'»9 sq
longtemps qu'il médite cette séparation, dans le plan du Pays de Galles il avait voulu conserver sa propriété personnelle et ne mettre en commun qu'une ferme de cinq ou six acres. Il avait ainsi renié successivement tous ses principes, il avait songé à entrer dans l'Église établie, lui qui la considérait comme une source dinirjuités et de crimes. Et maintenant il va étudier le droit, ce qui est encore plus opposé à ses principes que l'Eglise elle même! Il est « rentré dans le rang » . Son Soleil est couché, son (liel est couvert de nuages. Que Southey ne s'étonne plus dètre traité avec une froide civilité, il n'est plus l'ami de Goleridge car « Ami est une appellation très sacrée ». « Sans donner ni recevoir de salut, j'ai passé devant rhomme auquel, pendant près dun an, j'ai confié mes dernières pensées au moment de fermer mes yeux et mes premières à mon réveil. Mais j'ai souffert déjà M »
Southey a dit : « J'étais enivré de la nouveauté d'un système ». La pantisocratie était linvention de Southey, c'est pour elle, pour accomplir un devoir qui ne pouvait être modifié par le nombre de ceux qui en partageaient l'obligation, que Goleridge a abandonné sa famille, ses projets et la femme qu'il aimait d'une manière que Southey ne pourra jamais se figurer!
Oh! égoïsle, homme d'argent! QÛt'ls sonl les principes que vous n'avez pas reniés. Quand il m'en aurnil coûté la vie, j'aurais craché au visage de celui (jui aurait dit cela de vous, en l'appelant menteur, il y a neuf mois. Car je vous estimais aveuglément. Oh! mon Dieu, qu'une telle Ame soit tombée amoureuse de cette basse et vile fille de ruisseau, la Prudence mondaine....
Goleridge termine cette diatribe en assurant Southey qu'il a laissé un grand vide dans son cœur,