‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 56 sur 191 · Lelters, p · texte numérisé non relu

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même, que ce tourbillon d'idées et d'images qui lui faisait peur parfois, quand il s'arrêtait à le consi dérer un moment comme sil avait agité un autre.

Après la Paiitisocralie devait venir un autre rêve, un autre idéal, et après Southey d'autres amis qui devaient toujours être l'Ami, c'est-à dire un meilleur Moi, un être en qui il croyait retrouver sa personnalité xivec quelque chose de plus, la cohésion et la clarté qui manquaient à cette àme errante, toujours abusée et toujours désabusée, qui cherchait toujours, trouvait toujours, et rejetait toujours comme faux l'or imaginaire de ses rêves.

Au moment ou Coleridge jetait l'anathème contre Southey pour avoir abandonné la Pantisocratie, il désertait lui-même pour suivre un autre rêve plus proche et plus doux. Le 4 octobre 179o, il avait épousé Sarah Fricker à l'église Saint-Mary-UcdclifT de Bristol, « l'église du pauvre Chatterton », et contre toute attente, la lune de miel était un enchantement. Moins d'une année auparavant, nous l'avons vu épcrdument amoureux d'une autre, et se séparant d'elle douloureusement, par devoir. Il était retourné à celle qu'il devait épouser « par principe », puis « par sentiment et principe », enlin il avait rc(,-u une récompense « plus «pie proportionnée à l'effort qu'il avait dû faire ' », un autre charme avait opéré, il aimait et il était aimé, et pas un nuage ne paraît avoir passé sur ces premiers mois, pas un souvenir de l'amour mort ne semble les avoir attristés.

Cela ne doit pas nous étonner trop, nous avons vu comme l'Ame de Coleridge était légère à s'enfuir des tristesses les plus profondes. L'n ami ])er(lii, un grand |)rojet sombré, ce n'iMait |)as beaucoup aiijirès

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