‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 58 sur 191 · The Koliaii Ilarp, v · texte numérisé non relu

The Koliaii Ilarp, v

aux larges feuilles », mais le charme du soir est finement rendu. Le poème est bien nommé, c'est la Harpe Eolienne, une musique naturelle, monotone, mais où on n'entend pas une note fausse.

(^omme le poète retourne d'instinct à ce qui lui a plu, il se répèle volontiers. Voici comment il décrit encore la même impression, au moment de quitter le nid d'amour pour la vie active :

Notre jolie chaumière était basse, notre rose la plus haute passait sa tête à la fenêtre de notre chambre. Nous entendions dans le silence de midi, le soir et à la première heure, le murmure vague de la mer. A Tair libre nos myrtes lleurissaient et au travers du porche, des jasmins épais s'entrelaçaient... '

Comme Saadi et Omar Khayyam, Coleridge, qui a une certaine affinité avec la poésie orientale, revient avec prédilection aux ileurs, aux parfums, aux couleurs atténuées par la distance. On ne sent pas souvent dans ses vers la rude nature qu'a vue Wordsworth, agréable seulement par moments, la grande brise qui fouette et fortifie. Mais il est très intéressant de trouver en lui, avant toute influencé personnelle de Wordsworth, un ami de la nature, pour qui, à certaines heures bénies, cela fut une jouissance, un luxe que de vivre, à cause de la beauté de l'Univers.

En même temps la révolution du style est faite. Quand il peint ce qu'il voit, il est maintenant simple et direct. On voit eu un vers :

La montagne froide et nue maigrement parsemée de

[moutons...

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