‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 59 sur 191 · I.es nuages gris qui font des taches d'ombre sur les champs · texte numérisé non relu

I.es nuages gris qui font des taches d'ombre sur les champs

[ensoleillés!...

Les côtes indistinctes, et les collines comme des nuages,

■et l'Océan sans rive... '

L'instrument poétique est accordé, la fusion de la sensation avec l'expression parfaite et nous trouvons des images au lieu de métaphores, des fleurs fraîches au lieu de Heurs séchées dans les livres. Pour faire un grand poète, il faut encore que l'idée se fasse jour sous forme poétique. Nous avons vu que, jusqu'à présent, les abstractions, dans la poésie de Coleridge, apparaissaient surtout réalisées, par un simjjle artifice de style. Cette mode contemporaine régnera encore longtemps sur lui, elle infeste les Visions de la Pucclle d'Orléans, publiées dans la Jeanne d'Arc de Soutliey au printemps de 1790. Mais déjà quelquefois, dans ces poèmes de Clevedon, nous trouvons une idée exprimée poétiquement :

Et si tout dans la nature animée N'était que har|ics organisées, diversement montées Qui s'évoilliMit en frémissant à la pensée, quand sur elles

[déferle, Plastiiiuc et large, une même brise iiilellcctutdle A la fois Ame de chacune et Dieu de toutes*?

Quand ce f[u"il y a encore de scolastiiiuc dans cette pensée aura disparu, et que la séparation sera achevée entre la poésie et la philosophie, viendront les poèmes qui ont fait la gloire de (Coleridge, mais ceux (|ui l'aiment reliront toujours avec i)laisir ces premiers essais où il se libéra de la manière et de la forme

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