Lellers, noie p
118 s. T. COLERIDGE.
sublime ». C'était un pou l'avis de Coleridge, qui écrivait à Thehvall : « Je fonde toutes mes prétentions à la poésie sur les Méditalxons religieuses », et Lamb aussi trouvait le poème sublime. Mais toute cette gloire ne procurait pas le moyen de vivre au jeune ménage de Coleridge, qui allait bientôt s'augmenter d'un enfant. Les projets se succédaient sans interruption. Tantôt il s'agissait de faire l'éducation des enfants d'une riche famille de Derby, tantôt de fonder un collège dans cette ville, tantôt enfin de prendre une maison près de son ami Poole, à Stowey, pour faire de l'agriculture sous sa direction. Immédiatemont après l'abandon du WalcJunati, Coleridge avait songea apprendre l'allemand pour traduire Schiller et Kant, encore inconnus du public anglais, ou à se faire pasteur unitaire '. La souscription réunie par Poole avait donné quelque répit, mais il fallait maintenant aviser.
En revenant de Derby, où il était allé étudier quelques projets, Coleridge s'arrêta dans la famille d'un riche banquier de Moseley, près de Birmingham, et fit la conquête du fils de la maison, Charles Lloyd, alors étudiant amateur, poète et enthousiaste de Rousseau. C'était ce qu'on appelait alors « un jeune homme de génie », avec un certain don pour l'analyse subtile des sentiments et des mœurs, mais sans beaucoup de connaissances positives. Il était déjà l'ami intime de Charles Lamb. Quand les parents eurent vu Coleridge « jeune homme très sensé et très religieux et poète extraordinaire, destiné par son éducation à devenir clergyman, mais qui a refusé d'entrer dans cette carrière par .scrupule de conscience ' », ils n'hésitèrent pas
1. Supplément lo Biographia Lileruria, l. Il, p. 3(Jo. '1. K.-V. Lucas, Charités Lamb und l/tc Llot/dt, p. 2(}-2;2. (Lellrc du père de Lloyd).
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à lui confier l'éducation de leur fils, et Coleridge se hâta de l'emmener, car il venait d'apprendre qu'il était père d'un fils, qu'il allait appeler David Hartley, du nom (( du grand maître de la philosophie chrétienne ' )).
La confiance témoignée par les parents de Charles Lloyd leur valut d'extraordinaires lettres de Coleridge. Celui-ci se voit déjà à la tête d'une nombreuse famille et il déclare (ju'il tient absolument à ce que ses enfants « soient élevés dès l'âge le plus tendre dans la simplicité de la vie des paysans, leur nourriture, leur vêtement et toute leur manière d'être devant être con^plètement rustiques ». Le jeune Lloyd devait profiter de cette éducation. En même temps Coleridge assurait qu'il avait « brisé sa trompette d'enfant séditieux et qu'il en avait suspendu les fragments en ex-voto dans la chambre delà pénitence ». « Tant que votre fils restera avec moi, il acquerra naturellement ces connaissances et cette puissance d'intellect qui sont nécessaires comme un fondement pour exceller dans toutes les professions, plutôt que la science immédiate requise dans une profession quelconque ». Il apprendra les langues, les éléments de la chimie, de la géologie, de la mécanique et de l'optique, la science de l'homme et des hommes, la métaphysique et l'histoire.... Coleridge fera avec lui un examen approfondi de la tradition juive et chrétienne "-....
On comprend que les parents aient été séduits par ceprogramme de Gargantua. Le père du jeune homme, un pieux Quaker, se déclara « reconnaissant au Ciel », de voir son fils vivre avec Coleridge.
Celui-ci commença son œuvre d'éducateur dans le