Lellers, p. 22i, 239, lo Josepli Coltlc
d Le Géant Wortlswortli, écrivait-il un an plus y.ard. Dieu puisse t-il l'aimer 1 Même quand je parle de lui dans les termes d'admiration qui sont dus à son intellif^ence, je crains toujours ifue ces termes ne fassent perdre de vue l'amabilité de ses manières '. » L'amabilité des manières de Wordsworlb, qui se laissait paisiblement adorer!
N'oublions pas que W'ordsworth était encore un inconnu, dont les premiers vers n'avaient eu presque aucun succès. Ce génie que Coleridge admirait, c'est lui qui l'avait inventé. Il l'avait deviné dans deux poèmes que Wordsworlb lui avait lus, lors de sa visite à Racedown, Crime cl Cluir/rin et les /hirderers, ce drame furieux où W'ordsworth avait fait ce que Coleridge avait tenté de faire dans Osorio, la psychologie du criminel par principes, œuvre puissante, presque inconnue aujourd'hui, mais (|ui mérite dètre lue, comme la plus terrible peut-être qu'ait inspirée la Révolution française. Coleridge, f|ui avait admiré passionnément les lirhianda de Schiller, écrivait : « Il y a dans la pièce ( The Borderera) ces touches profondes sur le cœur humain que je trouve trois ou quatre fois dans les Brigands de Schiller, et souvent dans Shakespeare, mais dans Wordsworlb il n'y a pas d'inégalités^ ». Wordsworlb dépas.sait Schiller et Shakespeare.
Il est vrai qu'il admirait la tragédie de Coleridge (Osoriii), ce qui lui donnait grand espoir. .Mais ce n'était pas l'espoir d'être admiré lui-même qui entretenait sa passion intellecluelle, c'était la jojc d'avoir renconiré le poète qu'il n'avait pas [iii être encore, celui (|ui, dans sa simplicité révolutionnaire, avait