‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 77 sur 191 · Lrllrrs,]^. 101, lo Thehvall · texte numérisé non relu

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osé tout ce que Coleridge sentait confus en lui-même. Un poème comme Crime et Chagrin de NVordsworth, c'était pour Goleridge plus et mieux qu'un modèle, quoiqu'il se soit laissé aller à l'imiter, c'était la révélation qu'une poésie nouvelle était possible. Plus tard, dans un moment de découragement, il écrivit à Godwin. « Si je meurs et que les libraires vous offrent quelque chose pour raconter ma vie, ne manquez pas de dire : Wordsworth est descendu sur lui comme du ciel le FvàiOi (tîxutôv ', et en lui montrant ce qu'était la véritable poésie, il lui a fait savoir que lui-même n'était pas un poète -. » Mais en réalité, pendant cette première année, l'intimité avec Wordsworth, loin de le décourager, fut pour lui-même une révélation de ce qu'il était.

L'admiration n'était pas toute du côté de Coleridge. Il y avait dans tout son être une intensité qui ne pouvait manquer d'attirer l'attention de Wordsworth, comme un phénomène de la nature, quand même cet homme n'aurait pas été le premier et le plus enthousiaste de ses admirateurs. Sa so'ur Dorothée le jugeait avec sa pénétration de femme. Elle voyait l'esprit sous les apparences et ses premières impressions sont déjà favorables : « ^'ous avez beaucoup perdu, écrivait-elle, en ne voyant pas Coleridge. C'est un homme étonnant. Sa conversation est pleine d <àme, d intelligence et de feu. Et puis il est si bienveillant, il a si bon caractère, il est si gai et, comme \Mlliam [Wordsworth], s'intéresse tant aux moindres détails. D'abord je l'ai trouvé très laid, à savoir, pendant trois minutes environ. Il est pâle, mince, avec une grande bouche, de grosses lèvres, des

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