‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 78 sur 191 · Connais-loi loi-mème · texte numérisé non relu

Connais-loi loi-mème

2. Cité par Legouis, p. 353; Kegan Paul, William Godwin, t. II, p. 79, ou Knight, Life of Wordsworth, l. I, p. 224.

138 s. T. COLERIDGE.

dents assez laides, des cheveux noirs plutôt longs, rudes et en désordre, à demi bouclés. .Mais si vous l'entendez parler ciiKj minutes, vous n'y penserez plus. Ses yeux sont grands et proéminents, pas noirs, plutôt gris, des yeux qui recevraient dune âme lourde l'expression la [Avis morne, mais ils expriment toutes les émotions de son intelligence vivante : ils ressemblent plus à (( l'œil du poète, roulant dans une noble folie », que tous ceux que j'ai vus.,, ' »,

Moralement, les \Vords\vorth avaient bien compris cette âme tournée vers le dedans, (|ui ne recevait presque ri^n de l'extérieur. C'était le contraire de leur propre nature, de celle de Wordsworth telle ((u'il lavait retrouvée peu à peu sous l'influence de sa sœur, attentive, observatrice d'elle-même et des autres, jamais entraînée tout à fait dans l'illusion. Au contraire, pour Wordsworth, Coleridge vivait dans le rêve. Mais c'était la faute de son éducation et non la sienne, et peut-être un don précieux de poésie,

(( Il n'était pas sous l'inlluence du monde extérieur, écrivait plus tard Wordsworth, mais il avait un don extraordinaire pour évoquer une image ou une série d'images dans son esprit-, »

Ce don n'aurait pas pu, pour Wordsworlli luimême, remplacer l'observation de la nature, mais, pourquoi pas |)our (loleridge? Wordsw t)rtli n'avait rien du chef d'école, il était trop individualiste pour cela, ne connaissait (|ue les nécessités de son propre esprit. Il admirait chez un autre la faculté d'abstraction dont il avait soulîert el dont il était guéri pour toujours. Ainsi ces (rois âmes .car l)()rotlié(\ insépa-

1. 17'.!": (?). Knii-'lit. t. 1. p. 112; Mcmnirs of \V. Wonlsu orl/i, I. 1, p, 09,

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