‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 81 sur 191 · Voir sur ce point Legouis, p. 431 et siiiv · texte numérisé non relu

Voir sur ce point Legouis, p. 431 et siiiv

142 s. T. COLERIDGE.

que ce qu'ils voient ne peut être réel. Coleridgc luimême s'est expliqué là-dessus avec beaucoup de clarté.

La pensée se présenta à nous (auiiuel denlic nctus, je ne me le rappelle pas) de composer une série de poèmes de deux sortes. Dans les uns, les incidents et les agents seraient, en partie au moins, surnaturels, et rexcellence qu'on se proposait d'atteindre devait consister à intéresser l'émotion par la vérité dramatique des sentiments qui accompagnei'aient naturellement de telles situations, en les supposant réelles. Et l'éelles, en ce sens, elles l'ont été pour tout être humain qui, par suite d'une erreur des sens quelconque, s'est cru à un moment quelconque sous l'empire d'une puissance surnaturelle. Dans les poèmes de l'autre classe, les sujets seraient pris dans la vie ordinaire ; les caractères et les incidents seraient ceux; qu'on peut rencontrer dans tout village et dans son voisinage, là où il existe une àme méditative et sensitive pour les rechercher, ou pour les remarquer quand ils se présentent... Cotte idée fut le germe des Ballades lyriques^ et il fut entendu que mes efforts tendraient à représenter les personnages et les caractères surnaturels ou du moins romantiques et cependant de telle manière que j'y tisse passer de notre nature intérieure un intérêt humain et une apparence de vérité suffisante pour obtenir pour ces fantômes de l'imagination cette suspension volontaire de la non-croyance qui constitue la foi poétique... C'est dans cette intention que j'écrivis le Vieux Marin... •.

Ainsi Colerldge, revenant plus tard, en théoricien, sur l'origine de ses œuvres, crut les avoir composées suivant la théorie :

Que le champ propre de sa poésie était le surnaturel ;

Une rintérèt du surnaturel était psychologique.

On peut tout aussi bien croire (juc la théorie a été

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