‹ Coligny avant les guerres de religionChapitre 18 sur 39 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Conspiration d'Amboise. — Coligny est tenu en dehors do projet — Catherine le mande auprès d'elle. — Édit du 8 mars. — Répression sanglante exercée par les Guises.

— Mort de Castelnau.

C'est à . cette époque qu'il faut placer la fameuse conspiration d'Amboise, dont le but, plus patriotique encore que religieux, était de délivrer le jeune roi de la tutelle des Guises. On a toujours ignoré quels en furent les premiers instigateurs. Gondé y prit évidemment une part active, et c'est bien lui que l'on désigna sous le nom du « chef muet, » auquel devait revenir toute la direction de l'affaire. Nous avons vu que, dans les conférences de Vendôme et de Là Ferté, Gondé s'était prononcé avec énergie pour une prise d'armes immédiate ; mais ici il se tint à distance, se réservant de tout nier plus tard et laissant agir ses lieutenants; les conjurés d'ailleurs n'étaient pas tous calvinistes, et $ Àubigné affirma plus tard que Michel de L'Hospital faisait partie de l'entreprise (1). Cest à ce moment,

(i) Il ne le dit pas à la légère» car à ce fait se rattachait un épisode très dramatique de sa jeunesse. S'étant retiré à Talcy, peu après la Saint- Barthélémy, et ayant en mains les originaux de l'entreprise d'Amboise, où te trouvait une pièce avec le seing de L'Hospital, il fut tenté de les livrer au sieur de Talcy, dont il aimait la fille. « Il brûla ces pièces, de peur

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>emble-t-il, que le nom de huguenots commença à c= niler pour désigner le parti à la fois politique et re jieux qui entrait en lutte avec les Lorrains (1).

[u'elles ne le brûlassent. » {Mémoires, édition Lai an ne, p. 24.) Que raient être ces pièces? Probablement une consultation juridique défi lant l'autorité royale contre les Guises. Quant à un acte positif de région, on ne peut songer à en charger L'Hospital.

(1) Le nom de huguenots paraît pour la première fois d'une façon oi iclledans un édit royal du 19 avril 1561. C'est depuis la conjurât! or l'Amboise qu'il a commencé à être employé d'une façon courante ^c France. Ltienne Pasquier affirme que, huit ou neuf ans auparavant, II aurait entendu en Ton rai ne; M. Soldan soutient (Bulletin de la Socief£é Vhist. du prot. français, 1860, p. 12 et suiv.) que ce nom, même sou^ ta forme française de huguenots, a été employé à Genève avant 1530 et qu "il tait déjà alors l'équivalent du mot Eidgenossen (confédérés).

L'origine de ce nom a donné lieu à des dissertations sans nombre (vo>î r le Bulletin, 1858, p. 287; 1859, p. 13, 122, 266, 378 ; 1860, p. 12; 186^> ). 328; 1876, p. 380). Déjà Ménage, dans son Diction, h istor. , artic-fc * Iuguenots, avait mentionné les étymologics qu'on lui assignait. En ant celles qui sont décidément fantastiques, nous mentionnerons les su ■antes :

1<> Les protestants se rassemblaient à Tours près de la porte du Hugon (La Place, suivi par La Popelinière et Davila).

2° Le peuple de Tours croyait à un esprit lutin apparaissant la nuit e ~~~~ m'on appelait le roi lluguet ou Hugon. On donna ce nom aux protestante^ [tii se réunissaient de nuit. (Régnier La Planche, Bèze, de Tbou.)

3° Kn Touraine, on désignait sous le nom de huguenots de petites^^ >ièces de monnaie qui ne valaient pas un liard et qui tiraient leur nom ^ le Hugues Capet. De là ce terme de mépris : « 11 ne vaut pas un hugue- " not. » (Caatelnaii.)

4° Les Guises, ayant affiché leurs prétentions à descendre directement de Charlcmagne, le parti qui leur était opposé soutint les droits des Cautions et on appela huguenots ceux qui étaient pour Hugues CapeL Cette étymologie a contre elle le fait que le nom de huguenots a été dès l'abord en France une injure (dont l'emploi est interdit par redit susmentionné de 1561), et qu'il est difficile que le parti des Guises, protecteurs de François II, lors de la conjuration d'Amboise, ait donné comme injure aux protestants un nom qui aurait affirmé la loyauté de ces derniers envers le roi. On comprend par contre fort bien que les protestants aient limé à expliquer plus tard ainsi l'origine de ce mot. Il faut même signaler loi un fait curieux qui, nous le croyons, n'a pas été relevé jusqu'ici. Lorsque, à la suite de l'avortemcnt de l'affaire d'Amboise, Maligny tenta de

Le chef apparent de l'entreprise était Godefroy de Barry, seigneur de La Renaudie. On se réunit à Nantes le 1 er février 1560. La Planche dit que les conjurés profitèrent de la réunion du Parlement de Bretagne, qui avait lieu en ce moment, et qu'ils faisaient porter

s'emparer de Lyon, les conjurés protestants avaient pour mot d'ordre « Christ et Capet ». Le choix de ce mot (Hugues Capet) avait évidemment pour but de marquer leur attachement à la dynastie régnante.

5° Enfin, à Genève, ceux qui résistaient au duc de Savoie et qui cherchaient l'alliance de Berne et de Fribourg s'appelaient eidgenossen, eidgnots, eignots, huguenots (L'A était muet à l'origine). Le mot désigna plus tard les protestants en opposition aux partisans de la Savoie qu'on appelait les mameluks. Quand on songe aux relations étroites de Genève avec les protestants de France, on ne s'étonne nullement que le mot ait pu passer en France et être usité dans la vallée de la Loire, ou les Églises étaient assez nombreuses; lors de la conjuration d'Amboise, le parti des Guises le releva avec empressement, y voyant le synonyme de confédérés, conjurés ; c'est à ce titre qu'il est mentionné dans un pamphlet guisard à la date de 1562. D'ailleurs, dès 1560, les Guises accusaient les conjurés d'Amboise de vouloir renverser le roi, et se constituer, comme les Suisses, en cantons indépendants et confédérés. (Voir La Planche, passim.) Cette dernière explication, adoptée par M. Mi guet, a été soutenue par M. Soldan, qui l'a appuyée de preuves très fortes. On peut alléguer contre elle le fait que si ce nom venait de Genève, Théodore de Bèze n'aurait pas ignoré cette étymologie et l'aurait adoptée lui-même; mais il resterait à savoir ai la page de T Histoire ecclésiastique, relative au mot huguenot, est de Théodore de Bèze lui-même et n'appartient pas à l'un de ces nombreux documents qui ont été rassemblés sous son nom.

Nous croyons, pour notre part, que le nom de huguenots fut d'abord un quolibet injurieux désignant des confédérés à la façon de ceux de Suisse, que les protestants français, do bonne heure, l'interprétèrent en lui donnant Tétymologie de Hugues (Capet) pour affirmer leur attachement au roi ; La Planche, dans un passage trop peu remarqré (p. 95, col. 1, édition Mennechet), affirme que les conjurés d'Amboise, dans la remontrance qu'ils publièrent dès 1560, donnèrent au mot de huguenot Tétymologie de Hugues Capet.

Nous livrons notre opinion au lecteur, en rappelant que, lorsqu'il s'agit d'une de ces appellations populaires, « le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable ».

Le nom de huguenot perdit au xvn* siècle son caractère injurieux. Balzac l'emploie dans un sens tout à fait honorable.

par leurs valets des sacs remplis de papiers, comni< s'ils eussent eu des procès à plaider. On décida que, 1< 10 mars suivant, chaque chef amènerait rapidemei ses troupes et se dirigerait sur Blois, où siégeait cour, qu'on saisirait les Guises, qu'on proclamerait ïïi dépendance du roi, en chargeant Condé de l'admini stration du royaume.

Les Guises apprirent par Granvelle, ministre de Pl~zailippe II, que quelque chose se tramait. A Paris méirme, un avocat, nommé Des Avenelles, chez lequel av«dLit logé La Renaudie, prit peur et dénonça le complot. *Z7> n fit en toute hâte partir le roi de Blois et on remmenât à Amboise, dont le château fort était à l'abri d'une smjx tprise, et, comme on apprenait que sur beaucoup oîc points du royaume des mouvements commencai^n. t f Catherine voulut immédiatement diviser ses ennerm is en proposant une mesure d'apaisement. Elle manda les Chàtillons à Amboise, sachant bien qu'ils ne faisaient point partie du complot (1). « Ladite dame, dit Ha Planche, avait telle confiance des vertus de ces personnages et portait une telle amitié à l'amiral pour l'avoir

(1) On a nié ce fait. Il est très solidement établi. Coligny réprouva h conjuration : « M. l'amiral, dit Brantôme, ne se ut jamais ladite conjuration d'Amboisc, a ce que j'ai ou! dire à aucuns des plus anciens de la religion, et aussi à La Vigne, valet de La Renaudie, qui en savait tout Je secret. » Les conjurés n'ignoraient pas dans quel sens Coligny s'était prononcé à Vendôme et à La Ferté. Coligny pensait alors sur ce poiot comme Calvin, qui écrivait a ce moment-là aux fidèles de France : «Q u ^ vous souvienne quellqs ormes nous sont données d'en haut : c'est d'avoir tout notre refuge à celui qui nous fait ce bien et honneur de nous tenir en sa garde et ainsi posséder nos âmes en patience; car de le gagner par force, Une nous est pas licite, » 11 jugea très sévèrement l'affaire d' Amboise : « Quod stultc agita ver unt, pueriliter deinde agressi sunt. »

toujours connu loyal serviteur du roi, qu'elle se pensait bien assurer auprès d'un sage chevalier, par la prudence duquel elle espérait apaiser tout. » Les Guises, qui se défiaient des Ghâtillons, se sentaient tranquilles en songeant qu'ils les auraient sous leur main.

Lorsque Goligny, répondant à l'appel de la reine, arriva, le 23 février, ils lui parlèrent de la nécessité où ils étaient de recourir à ses bons offices comme amiral, afin de maintenir libres les communications de l'Ecosse avec la France, et d'être en mesure, s'il le fallait, de résister à l'Angleterre. Catherine, elle, préféra aller droit à la question urgente ; elle fit part à l'amiral de l'anxiété où elle se trouvait et le supplia de <( n'abandonner le roi son fils. »

ilis ainsi en demeure de parler, Coligny n'hésita pas. cc II fit à la reine mère de grandes remontrances, dit ^•a Planche (1), et lui déclara le mécontentement de *Ous les sujets du roi, tant en général qu'en particulier, **on seulement pour le fait de la religion, mais aussi pour les affaires politiques ; » il représenta que le roi ^tait gouverné par des gens qui étaient plus haïs que la peste ; il réclama un édit qui, en attendant la tenue «l'un concile, assurât aux réformés le libre exercice de leur religion.

Une telle demande était de nature à exaspérer les Guises ; la repousser sommairement eût été la plus

(!) C'est ft cet historien, d'ordinaire fort bien informé, que nous empruntons la plupart des détails relatifs à l'affaire d'Amboise. M. Menne. chet a dit avee raison que La Planche, qui juge souvent les choses et les personnes à son point de vue protestant, est impartial dans l'exposition des faits. « Il ne fait jamais, écrit-il, à ses opinions religieuses le sacrifice d'une vérité. » (Préface de l'édition de 1836).

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-t: :n:r-lT-rr. « Je ^e sais, avait dil l'amiral, de n." ^-s i-:rvs i"^:-^rLer une grande sédition. » Ca-

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::-. :■. vi^i i^ ri:: i:-: le lut était évidemment dedé- >.-.::L-;r >s :: :-.-:^:l:s fins leur faire aucune couces- ?î:l. s^-rieus- l .Or. ."intentait à oublier le passé, à ne :■.:-: rwlerrl^r les ^rens crupables de crime d'héré- -:-: sau: les ir.ir.iïirr* . r-:urcu .qu'ils fissent promesse :-. \ .vre A->. tzi.us ei. :• r.s catholiques. Le texte de L" : ~:. :-:"-. ~e > zi^r-s. ^: retenait d'ailleurs des décla-

Lv r:i Ls.i: :;;i s;:: avènement il avait trouvé de r : .::is ;r.\:;".es x m i :;.;: :e la religion, et en accusait • ::.ù:.s ; :v.I:,:â:::s venus :e Genève, la plupart gens : . . .\..r\> *: .:V . .7? ~l:u \it\is*e "2 . « Il convenait

;*.;v la ser.o a\.v.: : ::s ur. tel développement que, ^ •- venait i\ :.v.rv la : uu::i:u selon la rigueur du drc^ 1 : ieii.s : :;:;ua-:es. serait faite une merveilleux ■:*:*:■. :i le sa;:.: V:. m~es . femmes, filles, jeun^ -• n>.e.:is:::uOs ou lieu: .i\\.l.leseeuce.... chose qui noi — \ ■•.:: serait à :er:eU:e". regret et déplaisir, et sera ■■• utre n.-tre ualurel e: u::i cjnveuable à notre âge. 1." : ■>: faisait d -»uc parl.«n. rémission et abolition g^ :.• : ..le -le t ut le passé. - Toutefois, ajoutait-il, nouJ :i entend-jus en la \ résente abolition comprendre le '

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2, Cétiit a;:isi que, dar.s iVïr.ouraso Ju roi, on expliquait le vaste mou- \'r.Li'::ï do li Rv forme. Hem»r.;iivZ celle a'Iu/ion à la basse extraction d» m* s premier* propagateurs. L'ace usa*, ion d'ignorance qu'on leur imputai •"■:-r.t absurde: mais il e>t certain, connue nous l'avons déjà dit. qu'au débu* > mouvement se propagea surtout parmi les artisans.

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naissance ; toute leur tactique consistait à dire que 1 conjurés voulaient renverser la royauté et s'organise d'une façon indépendante comme les Suisses. Le jeunot -^ roi, cependant, leur disait : « Qu'ai-je fait à moi*^^ 411 peuple, qu'il m'en veuille ainsi? Je veux entendre ses^-^s doléances et lui faire raison. Je ne sais, mais j'entends «s^ ^ s qu'on n'en veut qu'à vous. Je désirerais que, pour un M^*& temps, vous fussiez hors d'ici pour voir si c'est à vous «s - s ou à moi qu'on en veut. » Plaintes inutiles ! La répres- — * m sion se poursuivait sans pitié. Les Guises, s'autorisant -J" -* des exceptions que contenait l'édit, entraient dans les ^^ s maisons, procédaient à des interrogatoires suivis d'exé- — ~ cutions sommaires : pendant plusieurs mois un régime de terreur et de sang pesa sur la France. A Amboise seulement, on égorgea douze cents huguenots sous prétexte de conjuration. Comme les supplices ordinaires étaient trop lents, on organisa des noyades; les prisonniers, pieds et poings liés, étaient jetés dans la Loire.

Ces scènes affreuses restèrent gravées dans le souvenir des populations riveraines du fleuve. En 1 793, les commissaires de la Convention devaient les copier à Nantes sous la sinistre inspiration de Carrier ' Quant aux chefs principaux, on les exécutait après le dîner en manière de passe-temps. Catherine et la gracieuse jeune reine, Marie Stuart, suivies de leurs dames d'honneur et des courtisans, venaient assister à ce spectacle, et le cardinal de Lorraine leur faisait rénumération des patients « avec des signes d'un homme grandement réjoui ». Le petit roi, auquel on avait fait écrire quelques semaines auparavant que l'immolation des

protestants serait contre son naturel, se formait à cette école, ainsi qne ses jeunes frères.

La Renaudie fut un des premiers frappés ; il fut attaqué le 1 8 mars dans la forêt de Châteaurenault et tué d'un coup d'arquebuse ; son corps fut suspendu au pont d'Amboise avec cette inscription : La Renaudie, dit La/brest, chef des rébelles. Sa mort arrêta l'entreprise .

De toutes les victimes, la plus illustre fut le baron de Castelnau, que ses exploits dans les Flandres avaient rendu célèbre. Il s'était avancé avec sa troupe aux environs d'Amboise lorsque le duc de Nemours, très étroitement lié aux Guises, vint le sommer de déposer les armes, « s'obligeant par foi de prince qu'il ne lui en reviendrait ni à ses compagnons aucun mal, mais qu'ils seraient mis en toute liberté ». A peine Castelnau et les siens eurent-ils fait ce qu'on leur demandait qu'on les arrêta comme coupables de lèse-majesté. C'était pour eux la mort certaine et précédée des tortures qui étaient alors le complément nécessaire de toute information au criminel. Mais le vieux soldat mit ses juges sur les épines. Il interpella le chancelier Olivier et lui rappela les exhortations tout évangéliques qu'il avait longtemps auparavant entendues de lui. a Ne vous souvient-il pas, lui dit-il, qu'autrefois vous me conseillâtes de fréquenter les saintes assemblées de Paris et d'aller voir les Églises réformées de Genève et d'Allemagne ? » Puis, continuant, il évoqua le souvenir des exécutions de Gabrières et de Mérindol, auxquelles Olivier avait été mêlé comme juge, et lui parla de ses cheveux blancs et du compte qu'il allait

bientôt rendre au tribunal de Dieu. Ce fut dans d^^ termes semblables qu'il s'adressa au cardinal de Lo^*~ raine qui, lui aussi, au début, parlait tant de réforme^ 1 FÉglise. Ces paroles, que Ton répétait, remuaient tout^^ la cour; Coligny et d'Andelot intercédèrent vainemenï^ en faveur de leur vieux compagnon de combats.

a Le roi et la reine mère étant pressés et importunés -par eux de lui sauver la vie, tant pour ses vertus et pour les grands services faits par ses prédécesseurs et par lui à la couronne et maison de France, que pour n'irriter beaucoup de grands princes et seigneurs auxquels il appartenait, la reine en fit tout ce qu'elle put, disait-elle, jusqu'à aller chercher et caresser en leurs chambres ces nouveaux rois, qui se montrèrent invincibles et de fureur irréconciliable, et usa le cardinal de ces mots envers leurs Majestés : Par le sang-Dieu, il en mourra et n'y a personne qui l'en puisse empêcher. Bref, plus on lui remontrait le danger qui en pouvait advenir, tant plus se montrait-il félon et enragé. » Sous cette pression, Olivier signa la sentence de mort. A peine eut-elle été exécutée, que le chancelier, au témoignage de La Planche, « tomba malade d'une extrême mélancolie par laquelle il jetait des soupirs sans cesse, murmurant misérablement contre Dieu ». Le cardinal de Lorraine vint le voir. Le chancelier le renvoya en s'écriant : « Ah ! ah ! cardinal, tu nous fais tous damner. Un moment après il expirait (1). »

Ce fut le dernier épisode de l'affaire d'Amboise. Pendant longtemps, les tôtes des principaux conjurés res-

(i) La Planche. Édition Mcnnec'.iet (p. 103).

ter eut fixées sur des perches devant la porte du château. Agrippa d'Aubigné, encore enfant, les vit en passant par Amboise avec son père, et entendit ce dernier s'écrier : « Ils ont décapité la France, les bourreaux! » huguenot ajouta : « Mon enfant, il ne faut point éparta tête après la mienne pour venger ces chefs pleins <i*licnneur. Si tu t'y épargnes, tu auras ma malédictioxi. » Ces paroles ne tombaient pas dans une âme orLblieuse ; l'enfant devait être un jour l'historien justicier des derniers Valois.

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