CHAPITRE XXI
Tolérance de Catherine de Médicis envers les
grands seigneurs protestants. — Adhésion da cardinal Odet de
Châtillon à la foi réformée. — Rupture du connétable avec ses
neveux.— Le triumvirat.— L'édit de juillet.— Attitude énergique
des délégués des états généraux à Saint-Germain.
L'attitude de Catherine de Médicis vis-à-vis des réformés devenait toujours plus conciliante. Elle avait voulu faire réhabiliter Louis de Condé, et le Parlement de Paris, malgré son attachement pour les Guises, avait été obligé de confirmer cet acte par une délibération solennelle en date du 18 juin 1561. Les Bourbons semblaient être devenus les vrais conseillers de la reine mère.
Déjà, le 26 février, l'ambassadeur anglais écrivait à son gouvernement : « Ceux qui ont le plus d'influence à cette cour sont l'amiral et le cardinal de Châtillon, et sans eux rien de ion ne serait fait; le premier travaille avec la reine mère, le second avec le roi de Navarre (1). »
Catherine, dans le séjour qu'elle fit à Fontainebleau à cette époque, toléra les réunions des réformés, et les prières suivies de prêches qui avaient lieu, presque
(i) Calenderof statepapers (Foreign, 1561).
tous les jours, dans les appartements des grands seigneurs protestants invités à la cour (1).
La cour offrait donc le spectacle d'une violation perpétuelle des lois existantes. Certains évoques, tels que Monluc et Marillac, fermaient les yeux (2) ; d'autres réclamaient avec énergie, et le légat du pape appuyait leurs plaintes.
« Il me semble, écrit à ce propos le jésuite Maimbourg, qu'à en juger le plus favorablement, on peut dire hardiment que si tout ce que la reine mère fit en cette occasion n'était qu'une feinte, elle fit très mal de feindre si bien qu'elle donna lieu de croire qu'elle était de la nouvelle secte ; car non seulement elle permit que les ministres prêchassent dans les appartements des princes, où tout le monde accourait en foule pour les entendre, tandis qu'un pauvre jacobin qui prêchait la carême à Fontainebleau fut abandonné ; mais elle voulut assister elle-même avec toutes les dames aux sermons de Tévêque de Valence, qui prêchait tout ouvertement, dans Tune des salles du château, les nouveaux dogmes qu'il avait tirés des hérésies de Luther et de Calvin. Il se fit tout à coup un si étrange changement à la cour qu'on eût dit qu'elle était toute calviniste. Quoiqu'on fût en carême, on vendait publiquement de la viande, qu'on servait sur toutes les tables.
^1) Il faut noter cependant qu'à ce moment môme, sous prétexte d'entrer dans la voie des «'économies, le conseil du roi supprime la garde écossaise, malgré l'énergique opposition de Coligny. De Thon donne le vrai motif de cette mesure. Presque tous les Écossais de la garde étaient protestants, à commencer par leur chef Hamilton, comte d'Arran.
(2) Marillac mourut cette année; c'était un noble caractère qui mérite le bel éloge qu'a fait de lui de Thou.
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On ne parlait plus d'ouïr la messe, et le jeune roi, qu'on y menait encore pour sauver les apparences, y allait presque tout seul. On se moquait de l'autorité des papes, du culte des saints, des images, des indulgences, des cérémonies de l'Église, qu'on traitait de superstitions (1). »
D'autre part, Coligny saisissait toutes les occasions pour réclamer la liberté de conscience. Le 1 9 avril 1 561 , Michel de L'Hospital publia un édit qui défendait aux officiers du roi d'entrer dans les maisons des protestants « sous prétexte des édits précédents prohibitifs d'assemblées illicites. » Les protestants qui avaient été condamnés pour ce fait devaient être rendus à la liberté , « pourvu , toutefois, qu'ils vécussent ci-après catholiquement et sans scandale. » La contradiction était palpable, et il était impossible qu'elle ne se traduisît pas dans les faits. Le Parlement de Paris refusa l'enregistrer cet édit, disant, ce qui était vrai, qu'il allait augmenter le nombre des protestants.
L'Hospital brava cette opposition ; les lettres royales ordonnant l'application de redit furent expédiées par lui aux gouverneurs et aux tribunaux de province ; sur certains points de la France, elles produisirent une rive fermentation. L'idée que le roi ordonnait de ne plus injurier les protestants et de respecter leurs domiciles, où se tenaient peut-être des assemblées religieuses, était si nouvelle, si opposée à tous les édits précélents qu'on refusait d'y croire. Du haut de toutes les shaires, on entendit descendre des réclamations indi-
(1) Histoire du calvinisme (p. 192 et suiv.).
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gnées. Un discours prononcé par un moine de Provins, et qui nous a été conservé, exprime assez naïvement les sentiments avec lesquels le clergé accueillit l'édit (1) :
« Or ça, messieurs de Provins, que dois-je et les autres prédicateurs de France faire? Devons-nous obéir à ce mandement ? Que vous dirons-nous ? Que prêcherons-nous? L'Évangile, dira monsieur le huguenot. Dire que l'erreur de Calvin, de Martin Luther, de Bèze, de Malot, de Pierre Martyr et autres prédicants, avec leur doctrine erronée, maudite et condamnée par l'Église il y a mille ans, et depuis par les saints conciles généraux, ne vaut rien et qu'elle est damnable, est-ce point prêcher l'Évangile ? Dire que les huguenots de France sont méchants apostats d'avoir renoncé à la vraie Église catholique pour suivre l'hérétique, est-ce point prêcher l'Évangile ? Dire qu'on se donne garde de leur doctrine, de les écouter, de lire leurs livres; dire qu'ils ne tendent et ne cherchent qu'à faire séditions, meurtres et saccagements, comme ils ont commencé à faire en la ville de Paris et autres infinis lieux du royaume, est-ce point prêcher l'Évangile? Or, quelqu'un pourra me dire : — Frère, que dites-vous? Vous ri obéissez pas à redit dit m; vous parlez encore de Calvin et de ses compagnons ; vous les appelez et ceux qui tiennent leur opinion hérétiques et huguenots ; on vous accusera à justice, vous serez mis en prison et y serez pendu comme séditieux. — Je vous répondrai
(1) Voir sur ce discours le Bulletin de la Société d'histoire du protestantisme français (1854).
qu'il est bien possible qu'il sera vrai, car Achab et Jézabel ont bien fait mourir les prophètes de Dieu en leur temps et baiHé toute liberté aux prophètes de Baal. — Or, frère , vous en dites trop , vous serez pendu. — Eh bien! de par Dieu, ce sera un moine cordelier pendu. Il en faudra donc pendre beaucoup d'autres ; car Dieu, par son Saint-Esprit, inspirera les piliers de son Église à soutenir jusqu'à la fin le bâtiment qui ne ruinera jamais. »
Ainsi donc, il avait suffi de quelques mesures de tolérance proposées par L'Hospital pour faire éclater de telles colères. Ces noms d'Achab et de Jézabel, que si souvent les protestants avaient donnés à leurs oppresseurs, nous les trouvons maintenant sur les lèvres des catholiques. Jézabel, c'est Catherine, depuis que le chancelier a voulu préparer l'apaisement des partis!
C'est à cette époque qu'il faut placer l'adhésion publique à la communion réformée d'Odet de Coligny, frère aîné de l'amiral.
Odet, comme nous l'avons dit, avait été fait cardinal à seize ans, le 7 novembre 1533. En môme temps, il avait été nommé archevêque de Toulouse, et commendataire d'un très grand nombre d'abbayes ; à dix-sept ans, il siégeait au conclave qui élut Paul III. L'année suivante, il était élevé àl'évêché de Beauvais, qui était l'une des pairies ecclésiastiques les plus anciennes de France (1). Ces promotions rapides et cet étrange cumul
(1) Odet ne reçut jamais la prêtrise ; il resta diacre toute sa vie et ne remplit ses fonctions d'évêque que par procuration. La France protestante (2« édition) donne sur lui une notice très complète.
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de bénéfices sont l'un des exemples les plus frappants du régime de faveur qui déshonorait alors l'Église et contre lequel le concile de Trente devait sévir. Il ne semblait guère que la Réforme dût aller chercher un disciple chez un homme auquel les abus de son temps avaient si largement profité ; mais ce prélat valait mieux que sa fortune, et les honneurs ne devaient pas empocher sa conscience de parle*.
C'était une nature douce, ennemie des luttes, serviable à tous, se dévouant aux autres, « qui jamais, dit Brantôme, ne les abusa, ni ne vendit de fumée de la cour. » De Thou a vanté sa candeur, son esprit de justice, la solidité de son jugement ; par ses goûts naturels, il était porté vers l'étude ; il usait largement de sa grande fortune pour protéger les savants ou les écrivains français de son époque. Rabelais lui a dédié le quatrième livre de Pantagruel, Ronsard etl'Hospital plusieurs de leurs poésies. Mais les luttes tragiques auxquelles il fut môle montrèrent la force d'âme qui se cachait sous cette douceur. On a déjà vu comment il avait fait avorter, par sa résistance passive, le plan formé par le cardinal de Lorraine pour établir en France l'inquisition. Il avait assisté, sans y prendre une part très active, à l'assemblée de Fontainebleau et aux états généraux d'Orléans. L'exemple donné par l'amiral triompha de ses hésitations.
Dans les premiers jours d'avril 1561, Odet de Châtillon abjura solennellement le catholicisme au château de Werlemont, en présence de plusieurs témoins appartenant à la noblesse ; puis le lundi de Pâques, 7 avril, dans la chapelle de son palais à Beauvais, il donna
la sainte Cène sous les deux espèces (1). Cet acte mit la ville en émoi ; les prêtres organisèrent des processions ; on assaillit les maisons des protestants ; plusieurs d'entre eux furent pendus ou brûlés. Le cardinal en appela au fils du connétable, François de Montmorency, gouverneur de l'Ile-de-France, qui arriva sur-lechamp et sévit contre les émeutiers. Ode t renonça à ses dignités ecclésiastiques et ne retint de ses titres précédents que celui de comte de Beauvais, qu'il garda jusqu'à la fin. Cependant, c'est sous le nom de cardinal de Châtillon que l'on continua à le désigner.
Mais, au moment où les protestants se réjouissaient de cette conversion, un événement se préparait qui devait tromper leurs espérances : le vieux connétable allait se réconcilier avec les Guises et rompre avec ses neveux.
Depuis longtemps les Guises le circonvenaient. Ils savaient que sa femme, Madeleine de Savoie, haïssait les protestants et ne faisait guère d'exception pour les Châtillons ; le connétable avait été indigné de ce qu'on avait dit à Orléans et répété depuis à Paris, qu'il était temps de faire rendre leurs comptes à ceux qui avaient rempli les grandes charges. Il prenait cela pour un outrage personnel. De Thou affirme que Catherine de Médicis joua en tout cela un double jeu; que, pour affaiblir Antoine de Navarre, elle l'encourageait à favoriser le protestantisme, mais, que d'autre part, « elle découvrait au connétable les raisons cachées de sa con-
(1) Voir les Intéressants détails qu'a publiés sur cet événement M. Bonet- Maury dans ses articles sur la Réforme à Beauvais {Bulletin de la Société d histoire du protestantisme français, année 1874, p. 73 et suiv.)-
duite et elle les lui faisait entendre. » Aqne de Montmorency comprit donc que, puisque cette faveur montrée au protestantisme n'était qu'une comédie, le plus sûr pour lui était de se porter en sens contraire, de se réconcilier avec les Guises, qui, comme lui, étaient exaspérés par la crainte d'avoir à rendre leurs comptes.
<i Depuis ce temps, dit de Thou, Anne de Montmorency ne garda plus de mesure. Il murmurait et se plaignait hautement : On abandonne, disait-il, l'ancienne religion : on introduit partout de nouvelles assemblées, de nouveaux rites, de nouvelles cérémonies ; des gens inconnus usurpent le ministère sacré; on vend publiquement de la viande les jours d'abstinence et dans le saint temps du carôme; on n'a plus «pie du mépris pour l'ancien culte que nos ancêtres nous ont transmis. »
Un jour que Jean de Montluc, évoque de Valence, qui dans ce temps-là semblait incliner dans le sens de la Réforme, prêchait au palais, le connétable ne se gêna pas pour manifester sa mauvaise humeur. Sa femme Vy encouragea vivement. « Vous êtes, lui ditelle, chef de la plu< illustre maison de France, c'est à vou< de faire respecter la religion danstoutesa pureté. » Saint-André ajoutait que u c'était uniquement parles soiirde> menées de l'amiral qu'on avait parlé de la mauvai>e administration des tinances, et que ce neveu du connétable. au*si ingrat qu'indigne de ses bontés, n'avait proposé cet article que pour embarrasser un oncle qui l'avait comblé de bienfaits '1). »
,n IV Thou -liv. xxvn .
Le fils aîné du connétable s'efforça en vain de retenir son père en lui montrant qu'en cherchant de nouveaux amis, il allait perdre les anciens, « qu'il était plus sûr pour lui de laisser les Ghâtillons se battre contre les Lorrains et de n'assister au^combat que comme spectateur, ou comme juge, sans prendre de parti. »
« Odet, Gaspard et François de Goligny vinrent aussi trouver le connétable, et protestèrent, en prenant Dieu à témoin, que leur éloignement pour les Lorrains ne venait d'aucune haine particulière, mais du zèle pour le bien de l'État. Us le prièrent d'examiner si, en abandonnant le prince de Condé, il ne trahissait pas les intérêts du roi et du royaume. Tous ces conseils lurent inutiles (t). » Le connétable tendit ouvertement laipain aux Lorrains; Diane de Poitiers, qui, dans sa splendide retraite, avait entendu avec exaspération les reproches que les huguenots élevaient contre les favorites enrichies aux dépens de la France, avait reparu dans cette occasion et servi à faciliter ce rapprochement.
C'est elle qui était venue trouver le maréchal Saint- André et lui en avait suggéré l'idée. Saint-André devait, comme elle, son immense fortune aux libéralités fastueuses de Henri II et à la spoliation des protestants. Il était l'un de ceux que visait l'indignation publique ; les catholiques eux-mêmes trouvaient que sa situation exceptionnelle était hors de toute proportion avec les services qu'il avait rendus. Saint-André était irrité,
(1) De Thou (liv. XXVII).
comme le connétable, à la pensée que les états généraux voulaient sommer les grands dignitaires de rendre leurs comptes. Diane de Poitiers n'eut pas de peine a le persuader. Davila raconte que Saint-André alla trouver François de Guise : « Voua voyez, lui dit-il, comment les huguenots, secondés par des princes rebelles, profitent de nos divisions pour perdre tous ceux qui, pendant quinze ans, ont contenu leurs efforts séditieux. Ils en veulent à la fois à nos biens et à notre honneur. Bientôt ils auront le plaisir de frapper séparément vous et le connétable, et l'un par l'autre. Vos périls, votre religion, les derniers vœux du roi qui vous chérissait également, tout vous prescrit à l'un et à l'autre de vous réunir contre les ennemis de la foi... Ne sentez-vous pas que ce sont les artifices de la reine qui vous tiennent divisés? Voulez-vous déconcerter toute sa politique et dominer en dépit d'elle; montrezvous unis, marchez ensemble à la tête de tous les catholiques, de tous les sujets fidèles. Croyez-en les avertissements d'une femme qui connaît bien la reine, de la duchesse de Valentinois, votre amie, votre alliée; c'est elle qui m'envoie vers vous ; elle vous conjure, au nom du roi qui nous aimait tous, de voir et d'embrasser le connétable de Montmorency. » C'est ainsi que fut préparé le fameux triumvirat qui allait exercer une influence décisive sur les destinées de la France. Guise et le connétable s'unirent étroitement à Saint- André, que Brantôme appelle « un vrai Lucullus en bombances et magnificences, » pour devenir les soutiens de la cause catholique.
Getv 'île alliance, conclue sous les auspices de
COLIGNTf AVANT LES GUERRES DE REL1G!0\.
vieille maltresse de Henri II, fut solennellement consacrée par un acte religieux : les trois chefs communièrent ensemble le jour de Pâques, à Fontaine-
I/une des premières conséquences de cette alliance Tut la promulgation de l'édît de juillet de I j)j 1 , qui défendait, u sous peine de confiscation de corps et de biens, tous conventicules et assemblées publiques, avec armes ou sans armes, ensemble les privées où se feraient tttehes et administrations de sacrements en autre >rme que selon l'usage reçu et observé en l'Église cadolique. » Celte disposition exorbitante n'avait été otée au conseil du roi qu'à la majorité de trois voix; Coliguy l'avait éuergiqueraent combattue, disant que « de prétendre réduire ainsi les réformés à la religion romaine contre leur conscience, il y avait en ceci très grande absurdité qui valait autant qu'une impossibilité. » Toutefois, en môme temps, on décida que les l>iébiU se rendraient à un colloque où ils pourraient discuter les questions controversées avec des ministres ttfetmés auxquels on accorderait des sauf-conduits. Le colloque devait s'ouvrir le 10 août à Poi&ay; mais cette date dut être forcément reculée, par suite de la nouvelle session des états généraux convoquée à Ponloisc, puis à Saint-Germain, et qui ne s'ouvrit que le i août.
Nous avons dit plus haut que le nombre des délégués k cette session avait été considérablement réduit; mais l'esprit qui les animait n'avait en rien changé. Les orateurs de la noblesse et du tiers état parlèrent avec plus 'énergie encore qu'à Orléans; lorsqu'on lit dans le
discours de Jacques Bretagne, juge d'Autun, député du tiers, l'âpre et véhémente satire qu'il traça de la vie du clergé, on comprend à quel degré d'irritation la bourgeoisie des provinces en était arrivée. Bretagne demanda, au nom de ses commettants, l'aliénation des biens du clergé; il les estimait à 120 millions de livres; 48 millions au denier douze produiraient un revenu de 4 millions qui, d'après lui, devaient suffire à l'entretien des prêtres. Les 72 millions restants seraient employés soit à éteindre la dette, soit à encourager l'agriculture et le commerce. Comme on le voit, c'est presque le projet que la Révolution française devait réaliser un jour. L'orateur de la noblesse parla dans le môme sens ; non seulement il réclamait la réforme du clergé, des réductions énormes dans les revenus ecclésiastiques et la convocation d'un concile national, mais, au lendemain de l'édit de juillet, il le traitait comme n'existant pas et demandait pour les protestants le droit de se réunir. Le clergé s'était abstenu de se rendre à ces séances, et, pour marquer sa résistance, il avait résolu de délibérer séparément à Saint-Germain.
L'Hospital, cependant, n'était point découragé par cette opposition, et, quelques jours plus tard, dans l'assemblée du clergé, il plaida avec une grande chaleur la cause de la liberté de conscience et celle de la liberté du culte, qui en était, d'après lui, inséparable. « Quant à leurs assemblées, dit-il, il ne les faut point séparer de leur religion ; car ils croient que la parole de Dieu les oblige étroitement de s'assembler pour ouïr la prédication de l'Évangile et participer aux
sacrements, et tiennent cela pour un article de foi. » Après avoir exposé leurs doléances, les députés des
états se séparèrent presque immédiatement, et toute l'attention se porta vers le prochain colloque de Poissy.