PRONOSTIC
Fonssagrives considérait comme très grave le pronostic de la colique nerveuse endémique des pays chauds, si le malade restait soumis, après une ou plusieurs attaques successives, à l’intoxication paludéenne. La gravité du pronostic ne pouvait être modifiée que si l’on renvoyait le malade en Europe. En France, les accidents de paralysie disparaissent généralement, et cet auteur cite le cas d’un malade qui, obligé de rentrer deux fois en France par suite de la paralysie complète de ses deux bras, voit cette paralysie disparaître par deux fois et réapparaître sitôt qu’il revenait au Sénégal.
Enfin, le point douloureux céphalalgique et l’apparition des attaques épileptiformes sont pour lui un signe absolu de léthalité.
Il est certain que toutes les fois qu'apparaîtra l’encéphalopathie, le pronostic sera bien plus grave, bien plus sérieux, mais nous ne pensons pas que les accidents du côté des centres nerveux se produisent si fréquemment que cela. Il est probable qu'à l’époque où l’on ne voyait partout que des coliques nerveuses endémiques, bon nombre de coliques saturnines ont dû passer pour nerveuses et laisser sur le compte des premières bien des accidents dont elles étaient innocentes. C’est ainsi, pensons-uous, qu’on a chargé un peu trop le pronostic de la colique nerveuse. Nous n’en voulons pour preuve que l’opinion de M. Castan qui a vu, dans l’épidémie observée à Montpellier, le pronostic être généralement peu sérieux, et même deux cas d’encéphalopathie avoir une issue favorable.
N'oublions pas cependant de signaler les complications qui
SES se
peuvent aggraver singulièrement ce pronostic, mais qui Sont heureusement très rares. C’est ainsi que l’iléus, la dysenterie gangréneuse, la péritonite et les perforations intestinales ne permettent guère d'éviter une terminaison fatale. Quant au pronostic de la colique saturnine, il est beaucoup plus grave et d'autant plus sérieux'que l’intoxication a fait plus de progrès, est plus vieille et qu'il existe des lésions encéphaliques.