‹ Coliques sèchesChapitre 12 sur 16 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Coliques nerveuses. — La premièreindication à remplir est de supprimer la douleur ; la constipation n’en est que la conséquence et disparaîtra ensuite bien plus aisément. Les vomissements se calmeront, en remplissant cette même indication, et quant à l’insomnie, sitôt que le malade ne souffrira plus, il dormira. C’est donc le symptôme douleur qu’on s’est de tout temps efforcé de faire disparaître, et pour cela on à usé de tons les médicaments: stupéfiants, anesthésiques, antispasmodiques, que nous allons passer rapidement en revue. Ou bien l’on s’est adressé à ce que l’on a cru être des spécifiques de la colique nerveuse (alun, etc.), et l’on n’a pas oublié non plus les purgatifs et les révulsifs.

On a donc songé, tout naturellement, à administrer contre la douleur l’opium, le laudanum, la morphine aussi bien par la voie stomacale qu’intestinale, hypodermique qu’endermique.

Parmi les stupéfiants, il faut citer surtout la belladone, employée de préférence à tout autre remède par Fonssagrives d’abord, et par la plupart de médecins ensuite. Voici, à grands traits, le traitement indiqué par le célèbre professeur de Montpellier :

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Établir un vésicatoire à l’épigastre; par cette voie, on introduira sans fatiguer l'estomac et au cas où il s'y refuserait, la belladone d’abord, l'huile de croton plus tard. Faire ingérer en outre au malade, tous les quarts d'heure, une pilule de 0,01 centigr. d’extrait alcoolique de belladone, et cela jusqu’à saturation atropique (un malade en prit jusqu’à 0,30 centigr. en 24 heures sans inconvénients). Si des vomissements surviennent, donner des lavements avec 0,05 centigr. de belladone. L'attaque étant enrayée, continuer encore 0,10 centig. pendant 2 jours, et 0,05 centig. les jours suivants. Quand les douleurs auront cédé à la belladone, donner l'huile de croton 2 à 5 gouttes (un peu plus tard, l’aloès remplacera la belladone) ;ne pas s'étonner si la belladone agit moins vite que d'habitude ; elle mettra à cela parfois une vingtaine d’heures. C’estque l'absorption est momentanément suspendue par les troubles de l’innervation abdominale.

Enfin, un des grands avantages de la belladone, c’est qu’elle ne constipe pas, mais qu’au contraire, en augmentant l’excitabilité desfibres musculaires lisses de la vie organique, elle provoque les contractions péristaltiques de l’intestin.

Comme anesthésiques, on à utilisé le froid et le chloro-

forme. La glace à l’intérieur, en petits morceaux, calme les

vomissements, et à l’extérieur, sur le ventre, c’est un anesthésique indirect. Quant au chloroforme, on s’en est servi beaucoup avant la belladone. On l’employait en inhalations et ses avantages principaux étaient de calmer instantanément la douleur et de supprimer les vomissements, tout cela à petites doses (2 gr.) Mais cette action n’était que momentanée et ne modifiait pas la marche de la maladie. Aussi lui a-t-on préféré la belladone.

Les antispasmodiques, tels que le muse et le camphre, ont été peu employés. L’éther, par contre, l’a été beaucoup tant

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en potions qu’en lavements. M. Bérenger-Feraud le prescrit

ainsi :

ÉthET: Le MU Tree 2 à 4 gr.

Alcoolé de menthe......... 10 — SIROP HACO TER EE PS 30 —

et il ajoute à cette action celle non moins sédative de grands bains de siège (et des lavements de vin chaud 200 gr. à 35° ou 40°).

Les médicaments tels que l’alun (8 à 10 gr.) employés par Montanceix, l’acide sulfurique par M. Chappuis, n’ont pas donné de résultats satisfaisants; les expériences de M. Saint- Pair, à la Guadeloupe, sur l'extrait acétique des semences de colchique semblent en donner de meilleurs. Il a administré 0,30 centigr. d'extrait le premier jour, 0,25 centigr. le second, 0,20 centigr. le troisième, et ce traitement lui a permis, dit-il, de faire revenir les selles et d’enrayer la maladie. Nous ne citerons que, pour la proscrire absolument, la saignée. C’est un contre-sens que de diminuer la quantité du sang de malades qui n’ont pas trop du peu que l’anémie leur a laissé.

De tous les purgatifs, il n’en est peut-être pas un qui n’ait «été employé dans le traitement de la colique nerveuse. Citons seulement les sulfates de soude et de magnésie ;

l'huile de ricin et de croton, l'émétique, etc. ; le tartre stibié, en lavage à la dose de 0 gr. 10 tous les jours, donnerait de très bons résultats et arrêterait les vomissements. Les révulsifs n’ont pas donné de résultats bien satisfaisants. Cependant, M. Bérenger-Feraud prescrit dans ce cas de grands sinapismes sur l’abdomen (suivis de cataplasmes laudanisés), et M. Péron a préconisé dans sa thèse l'application de vésicatoires ; par le chloroforme appliqué pur sur le ventre, il a vu la douleur diminuer dès que la vésication était produite,

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et disparaître un jour après. Trois observations viennent à l'appui de ce dire.

On a regretté de ne pas voir employer contre la colique nerveuse le traitement dit de la Charité; mais outre qu'il n’est pas indiqué dans ce cas, il dure huit jours, c'est-à-dire un peu plus que la moyenne des accès de colique nerveuse. Si celle-ci a fondu plusieurs fois sur le même sujet, si ce dernier n’a pas pu fuir l’anémie et le paludisme en rentrant en France, sont arrivés alors les accidents de paralysie. On emploiera dans ce cas les frictions, le massage, les bains sulfureux, la faradisation des muscles paralysés, les eaux minérales (Barèges, Orezza), et enfin, la noix vomique et la strychnine. A la période ultime des accidents encéphalopathiques, il y aura peu à faire : si l’application d’un large vésicatoire sur le cuir chevelu n’amène pas là rémission des accidents, on doit s'attendre à une terminaison fatale.

En dehors de ce traitement local, il y a un traitement général et prophylactique à indiquer : il faudra dans l’intervalle des accès, suivre nn traitement tonique. Les ferrugineux. le quinquina, les amers sont indiqués, ainsi que la quinine s’il y a des accès de fièvre. Pour prévenir ces coliques, il sera bon d’éviter les excès de tout genre, de se couvrir le ventre, et d’avoir des selles régulières. En dernier lieu, si le malade ne se remet pas, si l’état d’anémie persiste, il n’y a plus qu’une ressource, c’est le rapatriement.

Colique saturnine. — Nous ne ferons qu'indiquer rapidement les agents thérapeutiques employés ici, car l’existence de la colique saturnine n’est pas discutée, et l'étude de tout ce qui s’y rapporte est suffisamment complète pour ne pas y insister beaucoup.

Empoisonnement aigu. — Provoquer les vomissements s'ils

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