‹ Coliques sèchesChapitre 14 sur 16 · PART · texte numérisé non relu

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en 24 heures. Les injections hypodermiques de morphine rendront naturellement d’autant plus deservices qu’on n'aura pas besoin ainsi d'employer la voie stomacale, infidèle à cause des vomissements. La belladone, que M. Bérenger- Feraud cite, seul, comme devant être employée dans ce cas, nous paraît être d'autant plus indiquée, qu’elle ne constipe pas.

Le chloroforme, en lavement ou en potion, et le chloral dans les mêmes conditions, donneront de bons résultats.

Les accidents paralytiques seront traités par l'emploi de bains sulfureux (traitement général) et de pommade iodurée. A l’intérieur, outre l’iodure de potassium, on à vanté le phosphure de zinc (Guéneau de Mussy), qui est très actif à la dose de 1, 2, 4 centigrammes. La strychnine (de 0,001 à 0,005 milligrammes) à l'avantage d'augmenter le pouvoir excito-moteur du centre spinal, et agit sur les extenseurs du tronc et des membres: c’est donc un bon agent thérapeutique. Le massage et l'électricité donneront aussi de bons résultats. \

Quant aux arthralgies tenacestétbrebelles, MModare"de potassium seul, tant à l’intérieur qu'à l’extérieur, pourra en venir à bout. ‘

La saignée générale pour le traitement de l’encéphalopathie est aujourd’hui abandonnée. On lui préfère la saignée locale, sous forme de ventouses appliquées à la nuque. Grisolle s’est loué de l’application de larges vésicatoires sur la tête.

Jetons maintenant un regard rapide sur les différences de symptômes et de pronostic des coliques sèches et nous verrons, avant de conclure, qu'il existe entre lacolique nerveuse et la colique saturnine des points de contact intimes, il est

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vrai, mais des différences très appréciables aussi qui auraient dû, ce nous semble, ne jamais laisser des observateurs froids et impartiaux confondre l’une avec l’autre ces deux affections, surtout au point de leur appliquer un traitement identique. C’estainsi que nous trouverons des différences aussi tranchées que les suivantes: Dans la colique nerveuse, les vomissements sont bilieux, l’haleine n’est pas altérée et l’on peut dire que le liséré de Burton n'existe pas, puisque les ans en font un effet de la cachexie scorbutique, les autres un effet de lumière dans l’anémie et qu’il manque 4 fois sur 5, tandis que dans la colique saturnine les vomissements, tout d’abord limpides et incolores, deviendront ensuite muqueux, que l'haleine est fétide et qu'il existe non seulement un liséré indiscutable, mais encore des plaques sur la muqueuse des joues et des lèvres. Dans la colique saturnine, existe une saveur douce et styptique à la fois que l’on ne rencontre jamais dans la colique nerveuse. La douleur, gastro-intestinale dans la première, est localisée à l'intestin, pour la seconde, et plus spécialement entre l'ombilic et l’épigastre. L'homme atteint de colique nerveuse ne parle pas, pour ne pas souffrir, mais il le peut et il le prouve en criant sous l’excès de la douleur. Le cachectique saturnin est véritablementaphone et a une voix spéciale. L’urine est rare dans les deux cas, mais normale dans la colique nervéuse, elle est chargée de plomb, d’urates et d’albumine dans la colique plombique.

Enfin, le pronostic généralement bénin pour la première est toujours bien plus grave pour la seconde.

Voilà entre ces deux maladies autant de différences assez nettes, assez bien tranchées, ce nous semble, pour qu’on ne puisse les confondre.

Quant au traitement, s’il offre des points de contact nombreux, s’il est souvent identique pour ces deux affections, ce ne sera jamais que dans le cas où les symptômes seront iden-

tiques aussi. Si les opiacés, la belladone, le chloroforme, le chloral réussissent dans les deux cas, si les purgatifs et les calmants ont un égal succès dans les coliques saturnines et nerveuses, c’est que tous ces moyens ne visent qu’un but: calmer la douleur. Mais déjà les diaphorétiques ne feront guère que soulager le malade atteint de colique nerveuse, tandis qu’ils aideront à la guérison du saturnin en aidant à l'élimination du poison. Pense-t-on que le soufre, ou ses dérivés, ou sous ses formes diverses, puissent influencer beaucoup la marche de la colique nerveuse au même titre que la colique saturnine ?

Est-ce que l’iodure de potassium, l'extrait alcoolique de colchique, l’alun, etc... enrayeront, en quoi que ce soit, cette même marche ? Et par contre, que pourra la quinine contre un accès de colique saturnine, alors que c’est parfois le seul moyen d'arrêter la marche de la colique nerveuse? Le rapatriement, qui a tant d'effet sur les gens atteints de la névralgie du grand sympathique et surtout sur ses manifestations paralytiques, qui disparaissent presque seules, quand le malade est soustrait au paludisme, influencera-t-il quelque peu que ce soit l’affection saturnine ?

Nous ne le pensons pas, — mais nous croyons plutôt que si l’on a trop souvent appliqué aux deux sortes de coliques. un traitement identique, — et de grands esprits s’y sont laissé prendre, — c’est qu'on agissait précisément sous la. pression de l’idée, de l’unité des coliques sèches au lieu de: croire à leur dualisme. Mais encore une fois, quand même il y aurait «2dentité absolue au point de vue symptomatique de la. »colique sèche et de la colique saturnine.., cela empêcherait-il »des manifestations symptomatiques identiques d’être pro- »duites par des causes, par des affections générales bien »différentes ? » (Castan).

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