‹ Coliques sèchesChapitre 7 sur 16 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Colique nerveuse. — Les prodromes de l’accès de colique nerveuse sont rarement brusques. Ce que l’on remarque d’abord, c’est de l’embarras gastrique et quelquefois un peu d’abattement, de fatigue générale. Le visage est morne, les yeux éteints. Le début de la maladie est signalé par quelques coliques sourdes ou par des douleurs névralgiques; mais il n’y a pas de constipation dès le début. Celle-ci sera la conséquence de la douleur, non la cause.

Quand l'accès est survenu, il se produit d’abord une douleur intense (colique) qui siège presque toujours entre l’ombilic et l’épigastre, parfois dans la direction de l’arc du colon. La douleur est extrême et le malade cherche par tous les moyens à la diminuer. Il se pelotonne sur lui-même, ou bien se couche sur des oreillers placés sous son ventre, parfois il ne trouve un peu de soulagement que dans une marche prolongée. Quant à l'abdomen, Fonssagrives l’a toujours vu dans des conditions normales; et nous nous rattachons à cette opinion, bien que M. Vidal, dans sa thèse, cite comme symptômes la rétraction et la dureté du ventre «au point, dit-il, »vque les os du bassin font saillie et que l’on puisse sentir »parfois les nodosités formées par les gaz et les matières »accumulées dans l'intestin»; outre que ce fait, qui n’aurait pas passé inaperçu, n’est pas relaté dans trois des observatons que nous rapportons, il nous semble que du moment qu'il y a production abondante de gaz, il devrait y avoir bien plutôt ballonnement du ventre. L’anorexie est constante et

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LAND As les vomissements violents, souvent incoercibles, sont bilieux, n'ont pas d’odeur fétide comme dans le saturnisme et persistent pendant tonte la maladie, souvent même après la guérison. On observe aussi quelquefois un hoquet pénible, dû à la production abondante de gaz qui prennent issue, soit par la bouche, soit par l'anus.

La constipation opiniâtre, au point que quelquefois c’est avec peine que l’huile de croton amène une évacuation, est la conséquence du symptôme douleur et nous verrons, dans

Je traitement, que c’est à cette dernière qu'il faut s'adresser

tout d’abord, et qu’on peut arriver avec des purgatifs doux à produire une débâcle, lorsqu'on a supprimé le facteur colique. Les dents et les gencives ne présentent pas le plus souvent de coloration spéciale, sauf chez les cachectiques scorbutiques. M. Vidal ne voit dans ces lisérés observés parfois, qu'un effet de lumière chez les gens anémiés. «Les »gencives de tout homme atteint d’anémie, présentent sur »leur bord libre, au moment où l’on fait ouvrir les lèvres au »malade, en maintenant les mâchoires fermées, un liséré »ardoisé qui est dû à l’action de la lumière, traversant cette »partie de la muqueuse devenue transparente; la moindre »parcelle de tartre ou de matière de couleur foncée, déposée »entre la dent et la gencive, vient alors compléter l'illusion; vun peu d’eau et une attention bien dirigée font souvent »justice de ces lisérés, assez bien dessinés pour tromper des »observateurs peu attentifs.» Ces lignes jettent tout au moins un jour nouveau sur l’existence de ce fameux liséré.

Tels sont les phénomènes qui se produisent du côté du tube digestif. Du côté de l’appareil urinaire, il y a souvent une dysurie marquée, qui tient surtout à la petite quantité de liquide ingérée et non à une paralysie vésicale. On constate parfois aussi des névralgies testiculaires. L'appareil cireulatoire présente peu de modifications. La fièvre est très rare

AR Che (sauf les cas d’accès intercurrents de fièvre paludéenne), et Fonssagrives prédisait la fin de la colique quand la température s'élevait. La respiration est courte, saccadée, mais il est naturel que le malade cherche à ne pas aggraver la douleur abdominale par lesmouvements imprimés au diaphragme. Si la voix est faible, c’est pour la même raison et l’auscultation ne révèle rien.

Du côté de la sensibilité, nous constaterons l’existence de névralgies siégeant par ordre de fréquence au genou, au bras et au mollet, à la plante des pieds, aux branches nerveuses crâniennes et aux testicules. Quant à la motilité, elle manifestera ses troubles par des paralysies des extenseurs surtout, des fourmillements, des crampes, des contractures, et, à ce propos, il faut faire remarquer que la constipation est encore augmentée par la contracture du sphincter anal, et les infrmiers connaissent bien la difficulté qu’ils éprouvent à introduire la canule lorsqu'il faut donner des lavements.

Enfin, il se produit parfois des attaques épileptiformes qui aggravent le pronostic. L’insomnie est de règle pendant la durée de la maladie et souvent après.

COLIQUE SATURNINE, — 1° Empoisonnement aigu.— Ici on observe la perception immédiate d’une saveur sucrée et douceâtre particulière, qui devient bientôt styptique et métallique. À pparaissent ensuite les vomissements:c’est d’abord unliquide absolument incolore qui est rejeté; plus tard, les matières vomies deviendront muqueuses. L’haleine est fétide; la douleur gastro-intestinale, le ventre tantôt dur et rétracté, tantôt ballonné. L’urine est rare. Le liséré se montre quelquefois tout de suite. Bien que la colique n’intervienne pas dans cette forme d’empoisonnement, nous en donnons néanmoins les symptômes les plus importants, car ïls sont absolument caractéristiques et n’existent pas dans les coliques nerveuses ;

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