‹ Collected papers (volume 2)Chapitre 100 sur 150 · FACE NORD DU CLOCHER SUD · texte numérisé non relu

FACE NORD DU CLOCHER SUD

Chapiteau central.

E. Lefèvre-Pontalis phot.

que l'architecte de la tour du sud avait lancé un grand arc entre ces deux contreforts pour encadrer une tribune, car il aurait eu soin de placer sa colonne en face de l'autre, tandis que les axes des deux colonnes sont à 0m60 de distance L'une est en dehors, l'autre en dedans des piles d'angle du xme siècle qui sont reliées par un doubleau en tiers-point dont le Itiais est très accentué. C'est pour faire pendant à l.i colonne engagée dans le contrefort d'angle du clocher nord que l'architecte de la tour du sud avait adopté une disposition identique.

A droite, le contrefort principal est engagé dans la façade, mais il ne mesurait pas 2m15 d'épaisseur comme la façade, car on ne voit à l'intérieur aucune trace de ressaut. Le bandeau mouluré de la corniche pénètre directement dans le mur sans décrochement. Le ressaut qui était destiné à loger la colonnette T de l'arcature inférieure de droite se trouve donc dans l'épaisseur de la façade, à 0m 40 environ du revers du mur '. A l'extérieur, le gros contrefort ressort en arrachement entre la corniche du premier étage de la tour et celle des trois portails. On voit nettement comment des pierres de la façade furent relancées dans ses assises primitives et comment le retour d'équerre de la tablette qui règne sous les baies du clocher a été coupé.

La corniche qui forme l'appui des trois fenêtres de la façade vient buter dans le ressaut formé par ce gros contrefort et le petit contrefort d'angle. Au-dessous on a prolongé les lits d'assises du clocher jusqu'il la ligne d'axe du portail de la Vierge quand on a remonté la façade, mais au niveau de la troisième assise avant la corniche des portails, il faut signaler un décrochement à moitié de cette distance. Pour loger la retombée du cordon et trois figurines inférieures de la seconde voussure de la même porte, on entailla ce contrefort comme celui qui lui fait face sur la tour du nord'2. Dans mon premier essai de restitution, j'avais figuré une colonne engagée dans la partie haute de ce contrefort

1 La figure G de l'article de M. Ma veux tend à démontrer que le chapiteau de cette colonne aurait été démonté après la démolition de la face latérale du prétendu porche, mais il ne peut donner aucune preuve de celte opération.

2 Ci'. De Lasteyrie. Etudes sur la sculpture française au moyen âge, pi. IV.

par une raison de symétrie, mais comme j'ai prouvé que le contrefort correspondant du clocher en était dépourvu, je n'ai pas cru devoir la rétablir.

Sur la face méridionale de la tour du sud s'ouvre un portail en plein cintre percé après coup, comme je continue a le soutenir. M. Mayeux croit au contraire qu'il existait à l'origine et prétend que j'ignore les conditions essentielles de la stabilité d'un clocher. Je lui ferai d'abord observer qu'on a percé après coup au niveau du sol des entrées modernes dans des donjons du xne siècle bien plus épais que le clocher en question sans les faire écrouler, uotamment a Etampes et à Beaugency. Il serait facile d'en citer d'autres exemple-. Quand M. Flachat a repris en sous-œuvre la tour centrale de la cathédrale de Baveux et quand M. Bœswihvald a exécuté un travail analogue sous les tours de Notre-Dame de Laon, ils ont mené à bonne fin une entreprise beaucoup plus dangereuse.

L'architecte qui fut chargé de percer vers 1160 une petite porte à la base du clocher sud de la cathédrale de Chartres eut soin de s'éloigner autant que possible de l'angle sudouest de la tour par mesure de prudence. On peut faire la mémo observation en étudiant la porte déjà signalée au nord de l'autre clocher. Voilà pourquoi ces deux baies sont désaxées par rapport à la distance qui sépare leurs piédroits des contreforts voisins. Ainsi, à la petite porte du clocher nord, cette distance est dé 0m93 à droite, c'est-à-dire du côté de l'angle, et de 0m39 à gauche. De même, le jambage gauche de la porte du clocher sud mesure 0m43 sans la colonne et celui de droite, près du contrefort central. <>"' 12 seulement.

M. Mayeux a constaté comme moi que les chapiteaux et les tailloirs >\^ ce portail, ainsi que les socles des deux colonnes engagées, garnis de grands oves perlés, comme celles des trois portes de la façade, sont des œuvres d'un style plus avancé que celui de la grande arcature de droite. Il conclut à un réemploi de matériaux provenant d'un porche accolé au sud du clocher nord, mais quel intérêt un architecte aurait-il eu à changer les bases et les chapiteaux de ces deux colonnes vingt ans peut-être après leur pose? Au contraire, si l'on admet que la porte en question fut percée et décorée par les

ouvriers qui mettaient la dernière main aux sculptures des trois portails romans, la ressemblance signalée dans les socles s'explique aisément, sans recourir à l'hypothèse d'un porche dont la face méridionale aurait été détruite au moment de la construction du clocher sud.

I /archivolte de ce portail doit être garnie d'un boudin caché sous un enduit moderne, mais son cordon torique vient

A. Ventre dcl.

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