I-'ACE NORD DU CLOCHER SUD
Restitution.
actuelles. Il avait déjà posé le chapiteau et le tailloir du pilastre orienté au nord, lorsqu'il prit le parti d'appliquer deux arcatures contre le clocher sud, suivant la disposition adoptée par le constructeur de la tour du nord. Pour y parvenir, il adossa une grosse colonne D contre le pilastre central en plaquant son socle et en relançant quelques demi-tambours dans la pile. Il prit soin de faire concorder les joints, niais comme la place du chapiteau n'avait pas été prévue, il coupa le tailloir du pilastre et monta la grosse corbeille de feuillages au-dessus des autres chapiteaux. Cet agencement est très maladroit, car le chapiteau en question ne t'ait pas corps avec le sommier et son tailloir vient cacher les petits chevrons et la moitié du boudin qui se détachent sur les deux arcades de la chapelle basse. Il est évident que ce chapiteau fut plaqué après coup, mais comme son ornementation et les moulures de son tailloir sont semblables à celles des chapiteaux inférieurs, ce remaniement l'ut exécuté par les mêmes ouvriers.
Au centre, les deux arcatures retombaient sur la même colonne encore intacte aujourd'hui. A gauche, on retrouve encore au niveau du dallage la base de la colonnette B qui supportait les claveaux d'une arcature. Elle ne fait pas corps avec les assises de la tour, comme celle qui se trouve en face contre le clocher nord. J'en conclus qu'elle fut encastrée après coup dans l'angle du contrefort. La trace de l'arcature de droite n'est visible que du côté gauche depuis le sommier jusqu'à la clef, sous rarcature plaquée contre le mur au xvie siècle et soutenue par la colonnette F, mais en traçant sa courbe au compas, on voit qu'elle retombait sur une colonnette T noyée dans la façade1, comme sur la face correspondante de l'autre clocher.
La restitution du pied des contreforts qui épaulent cette face de la tour méridionale soulève moins de difficultés que pour l'autre clocher. Le contrefort central, dépourvu de ressaut, n'aurait pu descendre sur le gros chapiteau sans couper les claveaux des arcatures et de la dernière voussure des arcades de la chapelle. Il venait donc s'engager dans l'écoinçon des deux arcatures, comme l'indiquent du côté
1 Cette colonnette est indiquée en pointillé dans la fig. 8.
gauche deux assises en pierre de Berchêres dont l'autre
moitié fut remplacée par de la pierre tendre au xyi" siècle.
En L519, Jean deBeauce lit
également piocher l'écom-
çon pour y encastrer du
moellon et relia la base du
contrefort au tailloir du
chapiteau par une longue
pierre en délit qui forme
le sommier de l'arcature
destinée à soutenir la tribune d'orgue.
Passons au contrefort de
gauche. Au niveau du dallage il i'aisait une saillie de
n 94, comme l'indique un
joint bien visible dans le
socle de la pile d'angle du
xiiie siècle. A la moitié de
sa hauteur, ce contrefort
était flanqué d'une grosse colonne engagée donteinq demi-tambours sont encore intacts au-dessous de la corniche qui passe sous les baies du clocher. Plus bas.
sept assises portenl les traces de la colonne primitive qui descendait a un niveau difficile à déterminer. Son chapiteau, 4111 devait se trouver a la hauteur de la corniche à modil Ions. (;tait couronné d'un long glacis, comme les colonnes qui jouent le rôle do contreforts au dernier étage de la même tour.