‹ Collected papers (volume 2)Chapitre 128 sur 150 · CX'PH · texte numérisé non relu

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On désigne sous le nom de parements d'autels les objets d'art en métal, en pierre, en marbre, en bois sculpté ou seulement peint, en cuir doré et gaufré, ou en étoffes diverses, destinés à orner le devant et les côtés des tables d'autel souvent très grossières, du haut en bas ou partiellement.

Les parements comme celui qui nous occupe, c'est-à-dire fabriqués en étoffes diverses', désignés

est soupçonné d'avoir dessiné une entière garniture d'autel pour le roi. On lit dans l'Inventaire (art. 1122) : « Item une autre chappelle cothidiane de samit blanc, portraicte comme dessus, et en la table de dessoubz ung ymage de Nostre-Dame, et en celle d'en hault un Crucifiement environne de plusieurs ymages et histoires, garnye comme dessus ; et est ladicte chappelle brodée de gresles bisectes d'or, nommée la chappelle maistre Girard. » (Jules Labarte, Inventaire du mobilier de Charles 1", Paris. 1879,

Les rois et menu aussi les princes eurent des brodeurs attitrés. Le plus ancien actuellement connu est « N. Waguier armurier du roy et broudeur », nomme en i352 dans un compte d'Etienne de La Fontaine (Leber, Collection des meilleures dissertations, t. XIX, p. 112; — Francisque Michel, ouv. cité, tome II, note 2, et p. <j83).

1. On se servait aussi de parements d'étoffes pour les lutrins: ils étaient nommes doubliers (Cf. Trésor de Sens, cit. cité, n° 62; — G. Migeon, Les Arls du tissu, 1909, p. i5i). Egalement pour les stalles de chœur, mais peut-être plus tardivement (Trésor de Sens, cal., n° 8).

Barbier de Montault a défini ainsi qu'il suit le parement d'étoffe : -• On nomme parement le revêtement en étoffe de la partie antérieure de l'autel. Primitivement, le terme latin fut vestis, qui est très expressif : la liturgie emploie celui de pallium, qui signifie littéralement manteau. La langue française a aussi le mot devant d'autel qui peint très bien la nature et la forme de cette tenture spéciale » (Traité pratique de la construction, de l'ameublement cl de la décoration des églises, Paris,. 1878, t. I. p. 454). J'ajoute que le mot antependium ou antipendium me parait avoir été surtout usité en Allemagne.

En Italie, pallium est devenu, dans l'usage courant, paliotto. En France, on doit avoir aussi employé les termes suivants : dossalia, ou dorsalia, faciès altaris, contre-table, et, quand il s'agissait spécialement d'étoffes, des courtines.

Dans son Rational des Divins Offices. Guillaume Durand, évêque de Mende au xin? siècle, dit fort peu de chose des parements, mais sa courte

parfois d'une manière plus distincte sous le nom d'anlependiiim, sont d'un usage très ancien. Ils se sont d'abord plus ou moins confondus avec les nappes ou tout au moins la nappe supérieure1, dont le but essentiel est de recouvrir simplement la table; cela se conçoit bien puisque, originairement, l'autel était un tombeau transformé en table à manger pour l'agape funéraire; toutefois on considère aussi l'usage de la nappe sur les autels comme une tradition juive*. Quand les nappes devinrent tout autant des pièces d'ornement, ou même quand les parements formèrent des pièces indépendantes des nappes, le devant d'autel, Yanlependium, fut fabriqué avec des étoffes de la plus grande richesse, des soies unies ou rehaussées d'or et d'argent, et parfois enrichi de perles et de pierreries. Ce nouvel état de choses est luimême d'une assez haute antiquité dans la vie chré-

notice est intéressante : « Dans quelques églises, dit-il, l'autel, dans la solennité de Pâques, est orné de couvertures précieuses, et l'on met dessus des voiles de trois couleurs : roucre, gris et noir, qui désignent trois époques, etc. • (Lib. I, chap. III, par. xli). Il avait déjà dit qu'on peint généralement les images des Saints Pères quelquefois sur les murs de l'église, parfois sur le retable de l'autel [Ibid., p. xvm). — A ce propos, je me demande si on ne confondait pas souvent retables et parements; ainsi je relève ce renseignement dans un compte de 1453 dernièrement publié par mon collègue Etienne Deville : <• Pour une table en bois paincte en laquelle est la Passion de N.-S. et les apostres en yrnages eslevez, laquelle table est en parement au grand autel, 18 livres » {L'église Saint- Germain d'Argentan au xv" siècle, extrait du Bulletin archéologique, 1909).

1. La liturgie réclame trois nappes superposées (X. Barbier de Montault, ouv. cite, t. II, p. 079). — L'autel est revêtu de linge blanc à partir de la cérémonie de consécration, et ce linge représente la chair ou l'humanité du Sauveur (Guill. Durand, Rational, L. 1, en. II, p. xiv, et ch. VII, p. xxxix). On désignait souvent les nappes en disant les touailles (Francisque Michel, ouv. cité, t. II, p. 359). H a exMé à Saint-Etienne de Lyon une nappe brodée du ix< siècle (Didron, Annales archéologiques, vol I, pp. 56-57.

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