Rohault de Fleury, La Messe, t. VI, p
tienne, puisqu'on cite une riche broderie à personnages en usage pour un autel à Ravenne, au vie siècle1. Et nous avons, en France même, l'exemple de sainte Eustadiole, abbesse d'un monastère de Bourges, qui confectionnait et brodait des parements d'autel au vne siècle2.
Seulement beaucoup plus tard, l'emploi des étoffes s'étendit jusqu'aux retables. Viollet-le-Duc doute de cette adoption avant le xive siècle3. Après tout, il est bien possible que les mêmes parements aient servi indifféremment, suivant les circonstances, devant l'autel ou en guise de retable. En outre, il ne nous parait pas douteux que les parements de l'une et l'autre sorte furent des pièces portatives comme les autels destinés au voyage et d'autres fournitures de chapelles; quand ils appartenaient à des éyêques ou à des seigneurs laïques, nous nous imaginons que ceux-ci les joignaient occasionnellement à leur fourniment religieux et en somme à leurs bagages : tel fut peut-être le sort du parement de la corn tessed'Eta m pes avant d'être déposé au Trésor de Sens. Il est certain que, au plus tard dès le temps de Charlemagne, on a transporté des nappes pour accompagner les autels*.
Et on a parlé de « tableaux portatifs en broderie rivalisant avec les autels domestiques sculptés ou peints » ; d'aucuns furent exécutés par Marguerite
i. Rohault de Fleury. La Messe, t. VI, p. 172.