Ibid., col
6. Ibid., col. 1182, 1183 et 1185. Les tombeaux en bronze d'Evrard de Fouilloy et de Geoffroy d'Eu sont encore intacts.
transept et la construction des deux dernières travées de la nef. En effet, le profil des bases voisines du transept qui se trouvent à un niveau plus élevé, le nombre des colonnettes engagées dans les dernières piles, le style des chapiteaux et des consoles, les bagues qui relient les faisceaux de colonnes, les ogives à triple tore qui recouvrent la dernière travée du bas-côté nord, éclairée par une rose à huit lobes, prouvent que la construction du vaisseau central fut l'objet de deux campagnes bien distinctes. Renaud, successeur de Baudouin III, fit reprendre les travaux de la nef vers 1180. Philippe d'Alsace, comte de Flandre, qui avait déclaré la guerre à Philippe-Auguste, donna l'ordre d'incendier les faubourgs de Nojon le 27 novembre 1181, mais la cathédrale ne fut pas atteinte par les flammes1.
Après avoir nommé un chapelain pour desservir l'autel de Saint-Nicolas dans la chapelle de l'évêché en 11832, l'évèque Renaud institua deux nouveaux sergents pour la sonnerie des cloches par un règlement daté de 11853. Ces sonneurs, qui devaient recevoir six muids de froment chaque année, allumaient les cierges de l'évèque et du trésorier, sonnaient les cloches le jour et la nuit, couchaient tour à tour dans la cathédrale pendant une semaine avec les deux gardiens, lavaient le dallage, nettoyaient les murs, les vitraux et les voûtes en montant sur des échelles, et portaient les battants de cloche à réparer. Cette curieuse fondation, transcrite dans le cartulaire du chapitre, prouve que la construction de la cathédrale était très avancée vers 1185, car l'évèque se préoccupait de l'entretenir en bon état de propreté depuis le carrelage jusqu'aux voûtes. Les cloches se trouvaient dans les deux clochers de l'abside, car en étudiant le style des deux tours qui s'élèvent au-dessus du porche, il est impossible de les attribuer à une époque antérieure au xnr6 siècle. Le roi Philippe-Auguste visita la cathédrale en 11864.
Quand Etienne de Xemours monta sur le siège de Noyon, en 1188, la nef et les bas-côtés se trouvaient presque achevés. Ce qui caractérise le style de la nef, c'est l'alternance des colonnes
1. « IS'oviomum civitalem feria sexta ante adventum Doraini usque ad muros igné succendit. s Gisleberti Chronicon Hanoniense, dans les Monumenta Germaniaj historica. Scriptores, t. XXI, p. 531.