Acta Sanctorum, avril, t. II, p
5. Levasseur, Annales de l'église cathédrale de Xoyon, p. 1005.
G. Sézille, Nouvelles Annales de Noyon. Bibl. nat., fr. 12030, p. 332.
neries dans le chœur de la cathédrale avec ses compagnons, vêtus d'habits bariolés. Il montait ensuite à cheval devant les marches du porche pour se promener en ville et dans les environs. Interdite en 1419et rétablie peu de temps après, cette fête fut supprimée en 1721, mais le chapitre avait diminué peu à peu les privilèges du roi au xvie siècle1.
Les richesses du trésor de la cathédrale, qui renfermait de véritables œuvres d'art du xme et du xive siècle, sont énumérées dans le plus ancien inventaire, daté du 15 juillet 1402 et rédigé pour le trésorier Jean du Mont-Saint-Eloi2. En complétant les indications sommaires qui s'y trouvent par la description des principaux reliquaires confiés aux quêteurs en 1463 3, on peut décrire et même dater quelques-unes des plus belles pièces d'orfèvrerie. On a lu plus haut la description de la grande châsse de saint Éloi fabriquée en 1306. Quelques ossements du saint avaient été déposés dans des reliquaires spéciaux. Le premier, donné au chapitre par Guillaume Bertrand, évêque de Bayeux de 1338 à 1347, qui avait occupé le siège de Noyon pendant huit ans, renfermait le menton et sept dents de saint Eloi placés dans un vase de cristal dont la monture était soutenue par deux anges en vermeil. On voyait en avant de ce groupe la statuette du pieux évêque à genoux, qui tenait une dent de saint Denis dans un tube de cristal; quatre lions dorés servaient de supports à la tablette inférieure.
Le second reliquaire était une statuette en vermeil de saint Eloi qui portait ses reliques dans un étui de cristal. Le piédestal, qui reposait sur trois lions, était orné des armes du pape Innocent VI (1352 f 1362), ancien évêque de Noyon sous le nom d'Etienne Aubert. Le troisième et le quatrième avaient la forme d'un bras, mais l'un était en vermeil, rehaussé de filigranes, de perles et de pierreries, et l'autre en cristal doré et émaillé ; on pouvait lire des paroles du saint gravées sur sa monture. Enfin le dernier, en forme de croissant, contenait un os du cou de saint Eloi suspendu à une chaînette d'argent. On conservait encore
1. Mazière, Noyon religieux, dans le Bulletin du Comité archéologique de Noyon, t. XI, 1895, p. 90.